Mémoire des luttes à Saint-Étienne et ailleurs
Né à Saint-Étienne en 1886, Jean-Jaques Liabeuf en sera interdit de séjour et s’installera à Paris en tant qu’ouvrier cordonnier dans le quartier des Halles. Injustement condamné pour proxénétisme, il entreprend de laver son honneur par ses propres moyens : des brassards cloutés, une lame affûtée et un revolver. Il devient un légendaire « tueur de flics ». Sa condamnation à mort déclenche une forte émotion, si bien qu’on le surnommera le « Dreyfus des anars ». Le jour de son exécution, une insurrection éclate.
Benoît Malon naît à Précieux, à côté de Montbrison. Après une enfance rurale et misérable, il s’exile à Paris et est embauché en tant qu’ouvrier dans une teinturerie à Puteaux. Il participera à la grande grève des teinturiers de 1866. Militant de l’Internationale, Malon fit partie de la délégation de onze membres envoyée par le bureau de Paris pour assister au 1er congrès de l’AIT tenu à Genève du 3 au 8 septembre 1866. Arrêté et emprisonné plusieurs fois, il participera activement à la Commune de Paris de 1871.
En juin 2019 a été célébré le 150e anniversaire de la “Fusillade du Brûlé“ à La Ricamarie dans le sud de la Loire. Emile Zola s’inspira en partie de cet événement sanglant pour écrire son livre “Germinal“. Sa description des modes de vie, d’organisation et d’action de ce monde de mineurs et de sidérurgistes dans les trois dernières décennies du 19e siècle, apparaît pour beaucoup de lecteurs comme un authentique témoignage d’une réalité vécue. Toutefois, au regard de l’histoire, le comportement et les actions du mouvement ouvrier qu’il décrit sont bien loin de refléter la réalité des luttes de cette époque et la complexité de leurs enjeux.
Ce n’est pas d’aujourd’hui que le pouvoir blesse, mutile et tue. Il y a cent cinquante quatre ans jour pour jour, le 16 juin 1869 à La Ricamarie, la troupe tire froidement et sans sommation sur des mineurs en lutte et leurs soutiens. Bilan : quatorze morts. Retour sur cet événement marquant de l’histoire du mouvement ouvrier avec un extrait de l’ouvrage de Michelle Zancarini-Fournel, Les luttes et les rêves. Une histoire populaire de la France de 1865 à nos jours.
Natif du Puy-en-Velay, Jules Vallès passera une bonne partie de sa jeunesse à Saint-Étienne. Révolutionnaire, membre actif de la Commune de Paris, il sera élu du XVe arrondissement. Il sera pour cela condamné à mort mais parviendra à s’exiler. Durant sa vie, il fonde de nombreux journaux, parmi lesquels Le cri du peuple.
Pour ce nouvel épisode de « Minuit dans le siècle », Ugo Palheta invite l’historienne Ludivine Bantigny. Iels abordent l’histoire longue de l’extrême droite française, en revenant sur plusieurs épisodes incontournables de sa trajectoire.
Depuis plusieurs semaines, l’agitation enfle dans les différents ateliers des usines Creusot-Loire de Saint-Chamond. Les restructurations quasi permanentes dans les usines Creusot-Loire du bassin, et notamment à Saint-Chamond depuis la constitution du groupe alimentent un sentiment d’inquiétude. Le 5 juin, les ouvrier.es débrayent et manifestent en ville.
Maurice Bedoin interroge Jean-Paul Gaschignard sur l’histoire d’une coopérative de mineurs en autogestion. La Mine aux Mineurs à Monthieu de 1891 à 1909. Dernière émission du Gremmos, diffusée sur Radio Dio.
Retour sur les événements de 1967 en Guadeloupe par Cases rebelles. Le texte revient notamment sur le contexte social en Guadeloupe les semaines précédentes.
L’hiver 2024, marqué par l’entrée de Missak et Mélinée Manouchian au Panthéon, est l’occasion de pour le GREMMOS de se plonger à nouveau dans l’histoire locale de la Résistance. En ce début d’été 1944 dans la région stéphanoise, les résistant.es, sédentaires, et maquisards, sont dans l’attente d’un débarquement allié dans le sud de la France. Afin de l’accompagner et de freiner la retraite prévisible des troupes d’occupation, ils s’activent à saboter routes, ponts et moyens de communication, ils détruisent les réserves d’essence de la 19e armée allemande à Vaugris. La police allemande, aidée par la Milice et la police française, les poursuivent avec acharnement.