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Publié le 20 octobre 2020 | Maj le 3 novembre 2020

La veille du couvre-feu, les expulsions de squats se sont multipliées


De Nantes à Roybon, de nombreux lieux autogérés ont été attaqués la veille du couvre-feu. Un article de Bastamag revient sur les différents lieux expulsés la semaine du 12 octobre. On le complète avec des infos de squat.net et avec d’autres suivis des luttes.

Une maison de quartier autogérée près de Nantes, des zones à défendre en Isère et dans l’estuaire de la Loire, des occupations de logements dans le Sud-Ouest : depuis quelques jours, les préfets multiplient les évacuations malgré la crise sanitaire.

Le Village du peuple expulsé

Le « Village du peuple » situé à Donges, en Loire-Atlantique, a été expulsé le 15 octobre par la gendarmerie. Installés dans une ancienne ferme, les jeunes occupants refusent la bétonisation de 58 hectares de zone agricole pour un projet d’extension industrielle. À deux kilomètres se situe une autre zone à défendre, le Carnet, qui pour l’instant a échappé à l’évacuation.

Ces deux lieux de lutte sont différents mais se soutiennent et mobilisent ensemble contre la bétonisation de l’estuaire de la Loire. Au total, 110 hectares d’espaces naturels, dont 51 hectares de zone humide, ainsi qu’une bonne partie des 116 espèces animales et végétales protégées qui y vivent, risquent de disparaître sous le béton. Le Grand port maritime de Nantes-Saint-Nazaire envisage d’implanter un « parc écotechnologique » dédié aux énergies renouvelables. « La Zad du Carnet demande des soutiens importants sur place dès vendredi 16 octobre matin », font savoir les occupants sur leur site internet. Des chantiers de construction collective sont prévus ces 17 et 18 octobre. [1]

Évacuation d’une maison de quartier autogérée

Trois jours plus tôt, le 12 octobre, c’est le squat d’artistes, situé dans la commune de Rezé, au Sud de Nantes, et visé par un projet immobilier, qui est expulsé. Comme le rappelle le journaliste Sylvain Ernault, ce squat comprend des logements, deux bars, une salle de spectacle, divers ateliers d’artistes, ainsi que des activités associatives comme la réparation de vélos.

Les habitants de « La Commune » - référence au nom de la rue et à l’idéal communard - travaillent aussi avec des demandeurs d’asile tchadiens, occupant un bâtiment à proximité. Les recours en justice ont été épuisés il y a un an, ce qui n’a pas empêché la transformation de cet important ensemble en maison de quartier autogérée, possédant sa propre programmation d’événements culturels et militants. Le destin de « La Commune » n’est toutefois pas scellé. La ville de Rezé se propose d’acquérir cet ensemble pour qu’il échappe au promoteur immobilier.

Expulsion de la Zad de Roybon en Isère

Le 13 octobre, les gendarmes ont procédé à l’expulsion de la zone à défendre de Roybon en Isère. Des militants occupaient la forêt de Chambaran depuis six ans, pour s’opposer à la construction d’un Center Parcs. Le projet touristique a été abandonné le 8 juillet dernier, mais des zadistes étaient restés sur le site. "Le juge a donné son accord le 5 octobre 2020, par trois ordonnances rendues en référé", souligne la préfecture de l’Isère dans un communiqué. Il a ainsi ordonné de faire cesser sans délai le "trouble manifestement illicite […] et le danger auquel ses occupants et les patients sont ainsi exposés". Cette expulsion a été saluée par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin.

“J’ai demandé au @prefet38 de procéder à l’expulsion des zadistes implantés illégalement depuis 2014 sur le site de #Roybon, dans l’Isère.
Merci aux forces de la @Gendarmerie mobilisées pour faire respecter l’Etat de droit. pic.twitter.com/N2jR1Z6IaK

— Gérald DARMANIN (@GDarmanin) October 13, 2020”

Droit au Logement demande l’arrêt immédiat des expulsions en débutant dès maintenant la trêve hivernale

Le 14 octobre, deux autres occupations de logements ont été évacuées : l’une à Nantes avec une vingtaine de personnes se retrouvant « sans aucune solution de relogement et de prise en charge » [2], l’autre à Blagnac (Haute-Gironde) où 85 personnes, dont des enfants, vivaient depuis février. La préfecture de Haute-Gironde fait valoir le risque d’incendie et la ville de Blagnac avance de son côté la construction future d’une maison de retraite.

Article complet de bastamag ici.

Ailleurs on peut lire :

À Nantes

“Ce matin à 8h, gendarmes et policiers sont venus en grand nombre expulser le squat de l’Ambassade, rue Henri Debray. Une vingtaine d’habitants se trouvent actuellement sur le trottoir sans savoir où aller, sans aucune solution de relogement et de prise en charge.

Après la Commune avant hier, le nouveau préfet a décidé d’accélérer la campagne de remise à la rue des sans domicile avant les mois les plus froids. Sans solution de relogement, bien évidemment...

Ensemble rejetons la politique actuelle de remise à la rue, soutenons les personnes expulsées pour la défense de leurs droits essentiels.

#accueilinconditionnel
#requisitionpopulaire
#UnToitPourTous”
 [3]

À Bordeaux, menace d’expulsion de la Zone Libre

Alerte, vendredi matin 16 octobre des policiers sont venus sur la Zone Libre et ont commencé un recensement des habitant-es, puis l’ont abandonné devant l’absence de beaucoup (travail, école, activités diverses). Interrogés, ils ont laissé entendre que l’expulsion pourrait intervenir lundi matin 19 octobre.
Une réunion de soutien pour proposer la mobilisation et la riposte à cette inacceptable éventualité a eu lieu à la Zone Libre.
Un concert de soutien à la Zone Libre était justement prévu ce dimanche au Rocher de Palmer (salle de spectacles et soutien fidèle à la Zone Libre), à Cenon.
Par ailleurs, un rassemblement aura lieu samedi 17 octobre, à 15 heures, place Pey Berland, en soutien à la Marche des Sans-papiers et contre les expulsions de squats.

Gravelotte le 25 septembre. Lajaunie le 2 octobre, les expulsions massives de squats ont repris à Bordeaux. Chaque fois ce sont des centaines de personnes, des familles, des enfants qui sont jetés à la rue dans une véritable « maltraitance d’Etat ».
La Zone Libre (squat « Ramadier » au Haunt Cenon) avec ses 80 familles, ses 300 personnes, ses 100 enfants (dont 80 sont scolarisés) est menacée.
Depuis presque un an maintenant, ce lieu de vie atypique vit une expérience extraordinaire, qui a permis à des familles qui ont connu l’arrachement de l’exil et chez nous, la rue, de se reconstruire. Les nouvelles résident-es ont restauré les appartements, aménagé les jardinets, fait pousser des fleurs et des légumes, iels ont organisé et assumé les tâches collectives, d’entretien, de ramassage des poubelles, de gestion (ouverture et fermeture) de l’eau : iels ont pris la parole lors des assemblées hebdomadaires, se sont mobilisé-es en juin pour rencontrer les élus de Cenon et les journalistes et montrer leur détermination à ne pas subir de nouvelles violences et un retour au chaos et à la rue ; iels ont organisé des fêtes et des repas, sont devenu-es ami-es, ont accompagné leurs enfants au cinéma, au musée, à des spectacles, ont participé à des groupes de paroles, ont fait en sorte que l’accompagnement scolaire, les ateliers art plastique, danse, yoga, clown... soient toujours très suivis même en plein été.
L’expérience enthousiasmante vaut aussi pour tous les bénévoles, les artistes, toutes les associations qui l’ont vécue à leurs côtés depuis le premier jour.

Plus que jamais, iels ont besoin de notre soutien, de notre présence, de notre détermination. Iels vous diront leur vie quotidienne, leurs réussites et leurs galères, leur espoir chevillé au corps de régularisation malgré leur hantise quotidienne de l’expulsion.
 [4]

Pour terminer, un extrait de

l’appel des squatteur⋅euse⋅s, des ex-squatteur⋅euse⋅s et des locataires solidaires [5] :

“Les lois et leur application sont toujours mises en place pour favoriser la classe possédante, celle qui est au pouvoir et qui fait tout pour y rester. Et si l’évolution des lois dépend en partie de l’état de la société, des rapports de force en cours, tant que le capitalisme et l’État auront la main-mise sur nos vies, nous serons voué⋅e⋅s à lutter, à nous opposer à ce système législatif. La vie des squats, comme les lieux d’auto-organisation en général, dépend des rapports de force que nous réussissons à mettre en place. Nous, c’est un ensemble hétérogène qui a besoin de squatter pour survivre, pour se loger, pour vivre, pour lutter, un mélange détonnant entre celles et ceux qui ne peuvent pas payer de loyer et celles et ceux qui ne veulent pas.”

Solidarité avec tous ces lieux dont nous avons toujours plus besoin et envie !

P.-S.

La répression des lieux de vie amène aussi ces jours-ci des gens à faire l’objet de procès pour « jet de feuilles d’origine végétale » (à l’Amassada).

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