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SAINT-ÉTIENNE  
Publié le 8 septembre 2018 | Maj le 25 avril 2020

Pub Belle la Ville ?


Mercredi 5 septembre, place de l’hôtel de ville à Saint-Étienne, un panneau publicitaire a retrouvé sa fonction d’affichage public. Le message commercial d’une agence d’assurances est en partie recouvert d’une affiche appelant à donner de la place à la culture plutôt qu’à la publicité. L’occasion de revenir avec un article du Couac sur les ressorts financiers de l’affichage de publicités et des actions menées au printemps pour attirer l’attention sur cette confiscation du paysage par le commerce.

Les panneaux publicitaires envahissent les espaces publics. À Saint-Étienne, la municipalité a souhaité élaborer un nouveau Règlement local publicitaire, dans l’objectif de « renforcer l’attractivité résidentielle et économique » tout en « participant à la protection du cadre de vie ». Traduction : une multiplication des supports publicitaires est censée booster le commerce, permettre à la mairie d’afficher plus d’annonces et de propagande (comme ces images sidérantes sur lesquelles on voit deux policier.e.s « de proximité » aider une passante à se repérer sur un plan de la ville : on évitera tout commentaire) et donc forcément, attirer de nouveaux habitant.e.s (au pouvoir d’achat en adéquation avec cette méga renaissance consommatrice dont la publicité serait le symptôme, ou le moteur). La « protection du cadre de vie » passe bien évidemment au second plan face à ces objectifs.

Alors voilà : le contrat avec la société JCDecaux qui gérait jusqu’à l’an passé les supports publicitaires sur la voie publique a pris fin, et c’est la boîte Védiaud qui a repris le marché. La modification du Règlement local publicitaire permettant la passation du marché a fait l’objet d’une enquête publique d’un petit mois, entre le 13 juin et le 13 juillet 2016, et de 3 permanences du commissaire enquêteur... encore une consultation de façade ! Aucune remarque sur les registres de l’enquête publique, et personne ne s’est présenté aux permanences du commissaire enquêteur. Le seul avis reçu a été celui de l’Union pour la publicité extérieure, lobby des boîtes de com’. En plus des nombreux panneaux supplémentaires et des nouveaux abribus prévus pour exposer encore plus d’affiches publicitaires, des écrans ont été installés un peu partout en ville. Diffusion de spots de pub en continu, pixels plein les yeux : c’est aussi ça le harcèlement de rue ! En plus de véhiculer des messages violents (sexistes, racistes, homophobes, âgistes, etc) ces publicités de plus en plus envahissantes ne cessent de renvoyer chacun.e à son rôle de consommatrice ou de consommateur.

Entre caméras de vidéo-surveillance et images géantes de produits de consommations, mannequins stéréotypé.e.s et slogans débiles, la rue n’appartient plus, ou de moins en moins, à celleux qui s’y promènent, s’y rencontrent, s’y rassemblent. Parmi les groupes qui dénoncent cette dépossession de l’espace public on trouve l’organisation RAP (Résistance aux agressions publicitaires), qui organise de nombreuses actions depuis des années pour dénoncer le business publicitaire et les nuisances multiples et variées qu’il entraîne https://antipub.org/. Depuis peu, une antenne du groupe RAP a été lancée sur Sainté, l’occasion de participer localement à des journées d’action nationales ou internationales. Le 3 février, journée nationale anti-pubs écrans, de nombreux panneaux ont pu être recouverts sur la grande rue et à Châteaucreux, avant l’intervention de la si bien nommée « brigade de l’environnement ». Le 16 février, une action nocturne d’extinction des enseignes lumineuses, « Rallumons les étoiles ! », a permis d’éteindre l’éclairage de quelques vitrines le long des voies de trams en centre-ville. Le 25 mars, journée internationale contre la publicité, quelques tracts distribués et des panneaux recouverts ont donné l’occasion de continuer à sortir ce mobilier urbain de sa prétendue banalité, de rappeler que cette omniprésence est trop néfaste pour qu’il soit vraiment possible de s’y habituer.


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