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Publié le 9 novembre 2020 | Maj le 26 novembre 2020

Deux semaines de mobilisation en solidarité avec les anarchistes qui passent en procès en Italie


Du 9 au 24 novembre 2020 :
Deux semaines de mobilisation en solidarité avec les anarchistes qui passent en procès.
Contre la prison. Pour la libération de tou.te.s les prisonnier.e.s !
En solidarité avec les compagnons et les compagnonnes qui passent en procès.
Contre la différentiation et l’isolement carcéral.
Pour se souvenir des morts dans les prisons.
Pour répondre aux nouveaux confinements et au couvre-feu.

Pour que le flambeau de la révolte ne s’éteigne jamais et que de nouvelles mains soient toujours prêtes à le saisir. Dans une époque incertaine, pour nous, mais aussi pour les patrons, la seule certitude est que résister et contre-attaquer est quelque chose de juste.

Italie : Une seule certitude

Ces temps-ci, nous assistons à un durcissement de la répression, favorisé par l’urgence sanitaire liée au Covid-19, et par conséquence à une attaque contre toutes les formes de conflictualité, dont le mouvement anarchiste. Des centaines de compagnons et de compagnonnes passent et passeront bientôt en procès, à la suite de plusieurs opérations répressives, menées par différents Parquets : Scripta Manent, Panico, Ritrovo, Bialystok, Lince, Renata, Prometeo, procès pour les faits du Brennero, procès pour l’attaque de la Lega de Trévise.

On dirait que ce sont la Confindustria [le Medef italien ; NdAtt.], la direction de l’antiterrorisme et de l’anti-mafia qui gouvernent, lorsque l’État se focalise sur l’effacement de la pratique de l’action directe et même de la pensée subversive. Du coup, faire le lien entre les épidémies et le pillage capitaliste de la planète devient une prémisse du « terrorisme », et toute forme de mobilisation peut devenir une « association de malfaiteurs ». Quand le conflit prend la force de la révolte (comme cela est arrivé en mars, dans les prisons) la réponse de l’État rappelle l’époque de Dalla Chiesa [1] : descentes de matons et Carabinieri armés, tabassages systématiques et un vrai massacre, avec la mort de 15 prisonniers.

L’Administration Pénitentiaire disperse et isole les révolutionnaires et les rebelles dans les différents cercles du système carcéral, empêche tout contact avec l’extérieur, ainsi que la présence en personne des inculpés aux procès, par la visioconférence. Mais, en plus, elle étend à tous les prisonniers certaines méthodes carcérales qui sont caractéristiques du régime 41bis [2], surtout la réduction des parloirs, effectués avec des séparateurs en plexiglas, la censure du courrier, les cellules fermées. De leur côté, les différents Parquets reconstituent l’histoire du mouvement anarchiste en faisant la différence entre des pratiques révolutionnaires « acceptables » et d’autres « terroristes ».

C’est la faiblesse des luttes qui fait la force de la domination. Un système qui ne produit rien d’autre que des catastrophes sociales, économiques et environnementales, se fonde sur la peur et utilise, chaque jour un peu plus, un langage de guerre.

Nous proposons donc deux semaines de mobilisation, du 9 au 24 novembre.

En solidarité avec les compagnons et les compagnonnes qui passent en procès.
Contre la différentiation et l’isolement carcéral.
Pour se souvenir des morts dans les prisons.
Pour répondre aux nouveaux confinements et au couvre-feu.

Pour que le flambeau de la révolte ne s’éteigne jamais et que de nouvelles mains soient toujours prêtes à le saisir. Dans une époque incertaine, pour nous, mais aussi pour les patrons, la seule certitude est que résister et contre-attaquer est quelque chose de juste.

Des anarchistes

Appel issu de roundrobin, traduit par attaque. D’autres infos sur paris-luttes.

Notes

[1Carlo Alberto Dalla Chiesa, général des Carabinieri, a eu un rôle central dans la guerre menée par l’État contre les groupes révolutionnaires armés, dans les années 70, par exemple avec le recours à la torture, à un circuit pénitentiaire spécial et à l’utilisation des repentis.

[2Régime carcéral « spécial », caractérisé par une très haute surveillance ; il a été crée par l’État dans les années 90, dans sa guerre contre les mafias et puis élargi au « terrorisme », c.a.d. aux groupes révolutionnaires. Le/la prisonnier.e reste dans sa cellule, seul.e, pendant 22 heures, peut voir au maximum deux personnes lors de la promenade, les parloirs se font avec une vitre de séparation, la censure du courrier est systématique, comme la limitation des livres et d’autres objets qu’on peut garder en cellule.


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