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RIVE DE GIER  
Publié le 26 avril 2020 | Maj le 13 mai 2020

Pas de nazis dans nos campagnes


Samedi 29 janvier, 10h du matin.
Nous sommes à Larajasse, petit village de 1800 habitants à une demi-heure de Rive-de-Gier, à la frontière du Rhône et de la Loire, et le vent souffle fort.
700 personnes sont pourtant réunies en plein cœur du village pour dire non à l’installation d’un local néonazi à 50 mètres de la mairie. C’est un vrai rassemblement coup-de-poing organisé en moins de dix jours, le temps qu’il a fallu pour identifier l’adresse du local et organiser le rassemblement. Certaines sont venues pour rappeler la mémoire du fascisme, d’autres pour dire non à l’extrême-droite sous toutes ces formes, toustes pour refuser l’installation de l’extrême-droite la plus odieuse dans leur village.

Ce local, sous couvert d’une association factice de vente de produits locaux (Les Délices de Lug), devait être le QG d’une « communauté militante » : Terra Nostra, association née des décombres du Bastion Social, viré de Lyon en 2019, et lui-même déjà issu des cendres du GUD et inspiré des fascistes italiens de Casapound. Mis en difficulté, le Bastion Social change de stratégie à l’été 2019 et décide de créer une multitude d’associations locales (Audace et Lyon Populaire à Lyon, Vent d’Est en Alsace ou Tenesoun à Aix-en Provence) plus difficiles à dissoudre qu’un mouvement national uni, et surtout évitant les accusations de reconstitution de ligue dissoute. Ils se font également rejoindre par plusieurs groupuscules pré-existants, comme les Zouaves parisiens ou les savoyards d’Edelweiss. Ces derniers partageront sur les réseaux sociaux leur présence à Larajasse ce même samedi 29 janvier pour l’inauguration du local, tout comme les nazis suisses de Kalvingrad Patriotes : c’est dire s’il faut aller loin pour donner l’impression du nombre.

Pour autant, malgré le rassemblement du samedi 29, le local est toujours sous le bail locatif de l’association factice. La mairie essaie de monter au créneau, mais la proximité du maire avec les franges moins radicales de l’extrême-droite (notamment son affiliation au parti de Nicolas Dupont-Aignan, allié de Marine le Pen au second tour de la dernière éléction présientielle) pose question. Le village est aussi connu depuis de nombreuses années pour avoir accueilli certains bars où les patrons ne cachaient pas leur sympathies. Enfin, la désinformation orchestrée par le groupuscule, qui se cache derrière une association factice de promotion de produits locaux (comme le Bastion Social l’avait déjà fait à Chambéry en 2018) leur donne à minima un laps de temps pour « faire leurs preuves » pour certain.e.s habitant.e.s du village, pas tout a fait convaincus du discours des élu.e.s.

Au milieu de ce climat compliqué, et suite au succès du rassemblement du 29 février, un collectif de vigilance s’est monté. Il prépare des actions juridiques pour leur faire quitter le local et lance un travail d’information pour afficher au grand jour les intentions cachées de ce groupuscule, avec un mot d’ordre : pas de nazis dans nos campagnes, ni ici, ni ailleurs !

Sources :


Proposé par Couac
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