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ANALYSES ET RÉFLEXIONS ANTIFASCISME / EXPRESSION - CONTRE-CULTURE
DRÔME (26)  
Publié le 6 juin 2007 | Maj le 24 octobre 2020 | 5 compléments

L’Opus Dei attaque une auteure drômoise et la maison d’édition « Après la lune »


Catherine Fradier a beau être une auteure de thriller, l’assignation en justice par l’Opus Dei pour son dernier roman l’a fait entrer dans un cauchemar. Elle va devoir comparaître devant un tribunal pour avoir écrit un polar qui a comme toile de fond un fait divers des années 70.

Les protagonistes :

Créée en 1928 en Espagne à l’initiative de José Maria Escriva de Balaguer, prêtre catholique canonisé en 2002 par Jean-Paul II, l’Opus Dei, prélature de l’Eglise catholique, est une organisation puissante présente dans le monde entier.

« Après la Lune » est une modeste maison d’édition fondée en janvier 2006 dont le gérant/directeur est l’écrivain Jean-Jacques Reboux. Catherine Fradier, auteure de polars, habite Chabeuil dans la Drôme.

Les faits :

Le 18 mars 2007 parait en librairie « Camino 999 », roman de Catherine Fradier, publié dans la collection de polars « Lunes Blafardes ». C’est une fiction.

Le 31 mai 2007, L’Opus Dei, représentée par son avocat Alexandre Varaut, intente un procès à l’éditeur du livre, Jean-Jacques Reboux, en qualité d’auteur principal et son auteure, Catherine Fradier, en qualité de complice, pour diffamation à l’encontre de l’Opus Dei et réclame 30.000 euros de dommages et intérêts, 5.000 euros de frais de justice, ainsi que la publication à ses frais d’un communiqué, dans un journal choisi par le plaignant, dans la limite de 15.000 euros.

Qu’est-ce qui est reproché ?

L’Opus Dei reproche de faire référence dans le titre « Camino 999 », à l’oeuvre de José-Maria Escriva El Camino, composée de 999 maximes spirituelles et de porter ainsi atteinte à l’honneur et à la considération de la Prélature de l’Opus Dei.

L’Opus Dei reproche de mêler étroitement la fiction et la réalité, le vrai et le faux, sans avertir le lecteur sur la distance qu’il conviendrait de prendre quant aux faits énoncés et sans jamais l’inviter à faire la différence entre fiction et réalité.

Dans son assignation, l’avocat de l’Opus Dei cite un arrêt de la Cour de Cassation du 27 novembre 2001 considérant comme diffamatoire un roman de Mathieu Lindon présentant Jean-Marie Le Pen comme le chef d’une bande de tueurs, alors qu’il est clairement énoncé dans Camino 999 (ainsi que le relève d’ailleurs l’assignation) que le personnage principal du roman, instigateur de meurtres, est un personnage de fiction.

Les conséquences :

Avec ce type d’assignation, c’est la liberté d’expression et de création littéraire qui est mise en danger. Cette menace pourrait concerner demain, si elle faisait jurisprudence, tous les écrivains.

Dans un second lieu, c’est l’existence même d’une maison d’édition qui est menacée, car si « Après la Lune » a de bonnes chances de gagner ce procès, elle doit engager des frais d’avocat pour assurer convenablement sa défense.

Face à une organisation puissante et argentée, une petite maison d’édition victime d’une censure économique lutte pour sa survie. C’est pourquoi cette maison d’édition a décidé de faire appel à la générosité de toutes et tous en lançant une souscription de soutien :

"Toute personne désireuse de nous aider, indépendamment de ses convictions politiques et confessionnelles, peut envoyer un chèque à l’ordre de APRÈS LA LUNE (CAMINO) à l’adresse suivante :
Éditions Après la Lune
Souscription CAMINO
26, rue Pétrelle
75009 Paris".


Proposé par mario
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5 compléments

  • Certainement, comparer Ségolène et François (dont je suis loin d’être un partisan, très très loin) qui se défendent d’être attaqué sur des choses qu’ils estiment être une diffamation de leur vie de couple, donc quelque chose qui tient très strictement de la vie privée des individus, et l’Opus Dei, organisation internationale occulte et ultra puissante, qui oeuvre pour tenter d’imposer aux Etats des législations conformes à leur morale ultra-réactionnaire, anti-communiste (non non, je ne suis pas un communiste non plus), morale vaticane dont on sait la complicité avec les crimes du nazisme, du fascisme, de l’internationale noire (rien à voir avec le drapeau noir des anars) mise en place par Franco, du rôle controversé par exemple - évidemment attribué à des rumeurs - entre la mort de Jean Paul 1er et sa succession par Jean Paul 2, en relation avec la loge P2 (loge pseudo-maçonnique mafieuse), la CIA ... bref comparer le couple Hollande-Royale et l’Opus Dei, est certainement utile à ...
    banaliser l’Opus Dei, comme si c’était une simple personne morale, une entreprise, une association loi de 1901, une coopérative ou une collectivité ...
    Selon l’Opus Dei, attaquer l’Opus Dei, la critiquer, la démystifier, écrire des fictions qui la prennent pour référence, c’est évidemment la diffamer. Elle en est aujourd’hui à tenter de vouloir se faire passer comme une simple association religieuse, toute gentille, toute honorable, toute simple, toute modeste, alors qu’autrefois elles évitait strictement d’apparaître au grand jour, à cause des « diffamateurs » : ces républicains espagnols survivant de la boucherie franquiste, ces syndicalistes, ces militants des droits civiques, des droits humains, de la fin des ordre moraux, ces curés de la théologie de la libération, j’en passe plein car il est impossible dans faire une liste exhaustive ....
    Quant à l’Etat de droit, n’est-il pas justement un Etat du droit pour les riches d’exploiter la masse des plus pauvres ? Un état de droits pour qui, et pour quoi faire ?

    Pour en savoir plus sur l’Opus Dei, voici un lien qui pointe sur le dossier composé par le Réseau Voltaire (dont je n’ai non plus aucune appointance, si ce n’est le même soucis que de lutter contre le fascisme) :

    http://www.voltairenet.org/spip.php?lang=fr&page=recherche&recherche=opus+dei

  • Pour grossir les caractères, utilisez CTRL+ avec firefox.

  • Le problème devrait etre réglé les mois à venir.

    En attendant, il suffit de « copier » les messages du numerozero que vous désirez lire et de les « coller » sur un document word et de grossir les caractères.

  • D’accord.

    Les responsables du site pourraient-ils faire quelque chose pour qu’on puisse lire les messages postés. ou bien fournir une très grosse loupe ?!!! merci.

  • Bonjour,

    Je n’ai aucune proximité ni avec l’Opus Dei ni avec Catherine Fradier.
    Mais une chose est sûre : dans un état de droit, quiconque s’estime diffamé a le droit de saisir la justice pour réclamer réparation.
    Après, que la justice tranche dans un sens ou dans un autre est une autre histoire.
    Il y a toujours une partie gagnante et une partie perdante.
    Mais le principe de s’adresser à la justice pour trancher un contentieux est la marque d’un état de droit.

    Ségolène Royal a saisi la justice car elle s’estime diffamée par le livre « la femme fatale ».
    C’est son droit. La liberté littéraire n’est pas en question. Mais cette liberté est bornée par les limites du respect des personnes. Et c’est bien le travail de la justice que de dire où sont ces limites.
    Cela se fait au cas par cas. Cela ne fera pas jurisprudence et n’empêchera pas un autre auteur de critiquer Ségolène Royal pour d’autres raisons. Si Ségolène Royal s’estime à nouveau diffamée, elle portera à nouveau plainte et ainsi de suite, nous avons la chance d’avoir une justice, il faut s’en servir !

    Il en est de même dans le cas présent. L’opus Dei en tant que personne morale s’estime diffamée et demande à la justice de trancher le débat, je ne vois pas où est le problème.
    C’est le risque que prennent auteurs et éditeurs en écrivant sur d’autres personnes, physiques ou morales, et c’est d’ailleurs une part intéressante de leur métier que de se situer souvent à la frontière entre critique et diffamation. Les uns y verront une critique nécessaire, les autres une diffamation excessive, la justice doit permettre justementun débat serein sur le fond du problème.
    C’est d’ailleurs souvent une source de ventes et de profit pour les éditeurs que d’être convoqués par la justice, bien souvent, ils n’en sont pas vraiment malheureux... Qu’ils gagnent ou qu’ils perdent, ils y trouvent d’autant plus de lecteurs...

    Je pense que c’est en réalité un faux problème, inhérent au métier de l’écriture et de l’édition.
    Souhaitons un débat intéressant portant sur le fond et que le meilleu gagne, la justice en sortira grandie.

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