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ACTUALITÉS DISCRIMINATIONS - RACISME / RÉPRESSION - PRISON
SAINT-ÉTIENNE  
Publié le 30 septembre 2019 | Maj le 25 avril 2020

Agression raciste de la part de la police stéphanoise


Un habitant de la ville nous a envoyé le lien de son témoignage dans lequel il dénonce une agression raciste de la part de la police stéphanoise. Ces faits se sont produits ce week-end et il est primordial de les faire connaître. En effet, ce genre d’agressions de la part des forces de l’ordre n’est pas rare et il faut les dénoncer par tous les moyens !

Témoignage d’E. D. :

"Nuit entre le 28/09/2019 et le 29/09/2019, 5h30 du matin, au croisement de la rue robert et de la rue rouget de l’isle, Saint-Étienne.

Réveillé par des cris d’un volume et d’un timbre alarmants je me dirige vers mon balcon. Sous mes yeux une scène d’une violence rare. Deux groupes à l’antagonisme historique : trois policiers et des individus noirs. Plusieurs personnes au sol, pas du coté des policiers, vous l’aurez deviné. Les gens crient, demandent à ce qu’on appelle les pompiers, de l’eau, de l’aide.

Je descends.

Les trois policiers avançaient entre les gens paniqués, gaz lacrymogène au poing distribuant rasade après rasade sur les personnes déjà au sol qui tentaient de tirer leur collègues quasiment inconscients car touchés de plein fouet par les jets de gaz. Et quand on demande aux forces de police d’appeler les pompiers pour les deux personnes à terre dont une qui crachait du sang, celles-ci s’empressent de tenter de les relever en leur disant de dégager. Forcément, cela ne marche pas et les gens autour leur demandent d’arrêter. C’est alors que la scène déjà surréaliste s’est transformée en une odieuse répétition d’un poncif vieux comme le monde : celui du flic raciste. Voyant les gens s’agglutiner et crier à l’aide autour des individus au sol, un des policiers s’est mis à danser, agitant ses bras en l’air comme baloo et mowgli dans le livre de la jungle, danse grotesque faisant passer les cultures tribales pour des cultures animales, mais surtout ici, acte de stigmatisation, moqueur et profondément raciste. Cette personne n’est donc pas plus empathique qu’une porte de prison et ne comprend donc pas dans son infinie intelligence que quand un ami est au sol et crache du sang, l’on soit à son tour paniqué. Cerveau : 0, cœur : 0. Je me demande donc, après avoir suivi les cours de sciences de la vie plus jeune, comment il se peut qu’un homme puisse se mouvoir et donc être vivant sans cœur ni cerveau. Seule conclusion possible : la cybernétique n’est plus de la science fiction et je suis devant l’un des tout premiers robocops de l’histoire. Un des tout premiers j’en suis convaincu car comme tout nouvel outil informatique, il ne faut jamais se fier à la première version. En effet j’imagine mal les programmateurs de ce cyborg ridiculement raté lui implanter des réflexes racistes. Ceux-ci doivent être des bugs, des bugs à corriger, ou bien un cyborg à détruire si rien ne peut être fait en ce sens.

A ce stade de la nuit nous pouvons commencer à récapituler. Nous avons donc des individus noirs, agressés dans la rue par des policiers blancs, dont on repère chez eux des gestes de nature raciste. Pour l’instant pas de mots.

La suite est une escalade, le bruit alertant les usagers du VIP club. Ceux-ci lancent des bouteilles et des verres en direction de la police, je ne sais pas qui ils sont mais encore une fois pas besoin d’expliquer en quoi ce geste violent n’est qu’une réponse, sûrement même un ras le bol, provoqué par celui des policiers. En attendant, le groupe victime de gazages leur demande d’arrêter ces lancers. Les flics s’en vont. Laissant derrière eux les gens au sol, jonchant les débris de verres, résidus chimiques, et crachats de sang.

Deux autres passants ayant assisté à la scène se précipitent au secours de la personne ayant l’air la plus atteinte : un homme de 20-30 ans, inconscient, en larmes continues, incapable de se tenir debout, et dont le sang provenait assurément. Les pompiers arrivent enfin. Et les policiers font leur retour une ou deux minutes plus tard, s’arrêtent pour observer mais ne sortent pas. Pas d’interaction avec les pompiers. Une des personnes ayant filmé la scène passe devant la voiture et leur lance : « J’ai tout filmé, la police ne restera pas comme ça ! ». Bravo, une première trace si besoin est. Bravo à nouveau, car à ce moment précis, le policier alors au volant lui crie en réponse : « Rentre chez toi, rentre dans ton pays, prends l’avion ! ». Pas besoin dès maintenant de réflexion pour juger si telle ou telle action de cette altercation était d’ordre de la défense, de l’attaque, neutre ou raciste. Une seule réponse : le racisme est là. Les mots sont prononcés, et soulignent alors le gazage, les tentatives de faire dégager les personnes blessées, la danse honteusement ridicule.

Deuxième récapitulatif :

- Propos injurieux.
- Comportements discriminatoires.
- Violences physiques.

« Le racisme se traduit par des propos, des comportements ou des violences à l’égard d’une personne en raison de son origine ou de sa religion (vraie ou supposée, c’est-à-dire imaginée à partir de l’apparence physique, de la couleur de peau, du nom de famille ou de l’accent d’une personne, sans que celle-ci ne soit nécessairement de cette origine, ou pratiquante de cette religion).
La loi interdit et sanctionne le racisme lorsqu’il s’exprime sous forme :
• de propos injurieux ;
• de comportements discriminatoires (traitement défavorable de personnes, se trouvant dans une situation comparable, dans le domaine de l’emploi, de l’éducation, d’accès à la location...) ;
• de violences physiques. »

(extrait du site internet : http://egalitecontreracisme.fr/ce-que-dit-la-loi)

A ce moment je réagis face aux policiers en leur criant dessus « Vous n’avez pas honte bande de grosses merdes ? ». Certes ce n’est pas poli, je m’en excuse, je l’écris ici afin de transmettre une réalité toute entière, que tout le monde puisse se faire son idée au vu de TOUTES les circonstances. Aussitôt les trois policiers sortent, me menacent de me tirer dessus avec leur taser afin de m’emmener au commissariat. Les pompiers terminent quasiment à ce moment-là d’embarquer les personnes inconscientes pour les emmener a l’hôpital. Je rentre. Les policiers aussi. Plus difficile pour le groupe de victimes, sous le choc, encore engourdies par ce qui vient de se passer, définitivement énervées, lassées, fatiguées.

« Il suffit que nous soyons noirs, la nuit, avec deux ou trois bières et ça se termine comme ça. »

Je ne dis pas ACAB (all cops are bastards) car nous avons besoin d’une police. Aujourd’hui, une fois de plus, preuve en est : personne d’assermenté n’était présent pour surveiller ces voyous-là, ces voyous de la pire espèce, ces voyous qui, sous couverts de leur uniformes et de leur équipement de combat se laissent aller a leur plus basses réactions sans retenue et avec foi. En effet ici point de réflexion, juste « action. Réaction. ». Si l’on n’a pas su répondre à qui s’est placé le premier de l’œuf ou de la poule dans la frise du temps, aujourd’hui sans même se poser la question, il est facile de savoir chez ces poulets qui précède qui entre le cerveau et la gâchette.

Nous avons eu il y a peu la joie de voir notre cher parc de caméras de vidéosurveillance et de micros renforcé afin de prévenir toute criminalité. Je demande donc que celui-ci soit utilisé pour ce pourquoi il est là, pour agir sur cette criminalité qui hante nos rues, cette criminalité dégueulasse armée jusqu’aux dents, cette criminalité lâche qui agit sous le manteau de la nuit, cette criminalité de bande organisée, cette criminalité de policiers.

E. D.
Le 29/09/2019"

Toute l’équipe salue l’initiative d’avoir dénoncé les faits et d’avoir tenté de s’interposer !

Soutien total à tous.tes les agressé.e.s, victimes des agressions de la police !

Pour notre part, tout en comprenant le point de vue décrit, nous affirmons haut et fort ACAB, car il n’y aura jamais de paix sans justice, et justice n’est pas...

Posté sur la page du Gueuloir


Proposé par malina
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