Actualité et mémoire des luttes à Saint-Étienne et ailleurs
ANALYSES ET RÉFLEXIONS ARMEMENT - MILITARISATION
INFOS GLOBALES  
Publié le 27 mai 2024 | Maj le 10 juin 2024

Revue de presse antimilitariste #3 (partie 2)


Dans la première partie de cette revue de presse, nous avons souligné la dynamique mortifère d’une économie plus explicitement tournée vers la guerre. Dronisation, industrie lourde, intelligence artificielle ; comme quelques illustrations actuelles d’une alliance pourtant bien ancienne entre l’armée, la recherche et l’industrie.
On aura certainement un rappel historique pendant la présentation du livre-brochure :

Des treillis dans les labos (2024, le monde à l’envers) à la librairie Lune et l’autre, le mardi 4 juin à 19h.

La deuxième partie de cette revue de presse se tourne vers les humain.es.
Pour « motiver les troupes », les dirigeants n’ont de cesse d’infuser leur propagande par tous les moyens. Nous passons sur les sordides campagnes de recrutement qui incitent à « faire de sa vie une aventure » mais relaterons d’autres evenements de propagande ou tentatives d’embrigadement, accompagnées, ça et là, de resistances à l’ère guerrière que nous vivons.

  • Le 10 avril 2024, place Jean Jaures à Saint-Étienne s’est tenue la « cérémonie des képis blancs ». Une cérémonie d’incorporation de la Légion Etrangère pendant laquelle les bidasses ont paradé, lu des discours et déployé leurs drapeaux, sans oublier l’incontournable stand d’« information/recrutement ».
    Quelques personnes ont tenté de gacher leur fête militariste avant de se faire repousser par les flics. Un article nous en parle plus en détails ici.
  • Le 8 mai 1945, jour de la victoire sur les nazis célébrée par toutes les municipalités est aussi le jour de massacres en Algérie. Victimes d’une repression féroce, des milliers d’algérien.nes seront tué.es à Setif, Guelma et Kherrata par l’armée française. Evidemment les cérémonies officielles ne rappellent jamais les horreurs de l’armée française ! En contrepied de la cérémonie officielle, ce 8 mai 2024, s’est tenu un rassemblement place du peuple en hommage aux victimes de ces massacres.
  • Si vous aviez cru que "Serenicity c’est fini". Eh bien non ! Certes, grâce à la lutte de Stéphanois.es contre cette entreprise-fille de Verney Carron, elle n’a pas pu installer de micros dans les rues de Sainté.
    Cependant, l’entreprise mouchardeuse n’a pas dit son dernier mot puisqu’elle s’est exposée à Grenoble Ecole de Management, mercredi 15 mai avec d’autres compères de la sphère militaro-policière lors du colloque intitulé : “Souveraineté technologique de la France : réalités locales et conséquences”.

Y participeront notamment les militaires du Bataillon d’Infanterie de Montagne et du Groupe militaire de Haute montagne, ainsi que des stratèges de l’Institut des hautes études de la défense nationale. L’IHEDN ayant, rappelons-le, pour mission « de promouvoir la culture de défense, de participer au renforcement de la cohésion nationale, et de contribuer au développement d’une réflexion stratégique portant sur les enjeux de défense et de sécurité ».

Y sera également présent le directeur de la start-up grenobloise Squaredrone, partenaire de la Direction Générale de l’Armement à deux titres : dans le cadre du projet PST Furious qui a pour but de fabriquer des robots à usage militaire, et dans le cadre d’un financement dit « Rapid » sur les applications duales des drones Swarn (des drones qui peuvent servir à la surveillance ou à des missions d’attaque).

extraits d’un tract contre ce colloque, appellant à un rassemblement.

Afin de ne pas les laisser faire leurs affaires tranquillement, des antimilitaristes et des militant.es contre la « vie connectée » se sont rassemblé.es contre ce raout de technocrates.

- SNU -
  • Si le SNU n’est toujours pas obligatoire, le stage en entreprise lui, est devenu obligatoire dès cette année pour les élèves de seconde. Les jeunes qui n’auraient pas trouvé de stage peuvent toutefois « compenser » en ... faisant le SNU !

On imagine donc très bien que les jeunes des zones rurales et/ou dont les parents ne peuvent pas faire jouer leur réseau professionnel vont se retrouver en grande majorité sans stage et seront donc poussé.es vers le SNU « non obligatoire ». (Le Journal de Saône et Loire, 28 avril 2024, « Stage de seconde : les familles ont du mal à trouver »)

Qu’on se rassure, le SNU ça n’est « ni l’armée, ni l’école, ni la colonie, mais le meilleur des trois ». C’est ce que nous dit Thouraya Abdellatif, chargée du SNU pour l’académie du Nord. (Le gouvernement en campagne pour le service national universel obligatoire, la voix du Nord, 2 mai 2024.

On se demande si c’est du meilleur de l’armée, de l’école ou de la colo que viennent les réguliers scandales qui secouent chaque session. (harcelements, mauvais traitements, agressions sexuelles, punitions collectives, ...)

Qu’à cela ne tienne, l’académie de Lyon fait dans le champêtre et nous raconte une visite au lycée Bel Air :

Installé au cœur d’un domaine viticole, le lycée Bel Air est idéal pour accueillir les 89 jeunes volontaires du séjour d’avril 2024. Le recteur Olivier Dugrip et le DASEN Jérôme Bourne Branchu ont pu le constater lors d’une visite organisée le vendredi 19 avril. Doté de nombreuses infrastructures sportives, ce centre permet la pratique d’activités en plein air sans avoir à quitter le centre, le tout dans un cadre dépaysant et calme.

Tout au long du séjour, les volontaires SNU vont par exemple :
- découvrir la cérémonie de levée de drapeau
- participer à des activités sportives
- découvrir les métiers de policier et de pompier
- Participer à des ateliers autour des valeurs de la République.

« L’édition 2024 du service national universel rencontre un vif succès dans la région académique Auvergne-Rhône-Alpes. Les sessions programmées jusqu’aux vacances d’été se sont remplies en un temps record. Je me réjouis de constater l’engagement de nos jeunes autour des valeurs de fraternité et de citoyenneté »

Olivier Dugrip, recteur de la région académique Auvergne-Rhône-Alpes, recteur de l’académie de Lyon, chancelier des universités.

Ou bien le Progrès nous explique que les jeunes sont sensibilisé.es au handisport...

Bizarre, il n’est pas fait mention de la carotte supplémentaire consistant à faire figurer la participation au SNU dans l’algorithme de ParcourSup. Ce logiciel qui met les élèves en concurrence et rend leur orientation complètement opaque. Ne sachant même pas si le SNU « rapporte des points », de nombreux élèves cèdent au chantage pour avoir hypothétiquement plus de chances d’obtenir leurs premiers voeux...

Vous vous rappelez certainement de Prisca Thévenot qui avait bien performé à ce sujet lorsqu’elle était Secrétaire d’Etat chargée du SNU en annoncant que le SNU ne serait pas généralisé juste après que Macron a dit l’inverse, pour finir par se contredire elle-même un mois après. Ses pirouettes en vidéo ici.

Ca ne l’a pas empêchée de devenir porte-parole du gouvernement et ministre déléguée au « renouveau démocratique ». Pour une fois qu’un article du Monde fait sourire, on pourra lire les aventures d’un cabinet ministériel qui prend l’eau (démissions groupées, insultes, incompétence, proximités soraliennes, etc.).

- Ukraine / Russie -
  • Depuis mi-avril, un panel de lois s’est abbatu sur les Ukrainien.nes. L’âge de la mobilisation est passé de 27 à 25 ans, les punitions pour les récalcitrants ont été durcies, les demandes de passeport pour tous les hommes de 18 à 60 ans ont été supprimées.

Ce durcissement va alimenter le business déjà florissant des passeurs, par exemple au niveau de la glaciale rivière Tisza entre l’Ukraine et la Roumanie dans laquelle 22 personnes sont déjà mortes noyées.

La Pologne et la Lituanie commencent déjà des déclarations en vue de compliquer la vie des exilés ukrainiens mobilisables.

Le ministre polonais de la Défense, Wladyslaw Kosiniak-Kamysz, a déclaré dans la soirée du mercredi 24 avril que son pays était prêt à aider Kyiv à rapatrier en Ukraine les hommes en âge de combattre. [...] « Cela ne m’étonne nullement que les autorités ukrainiennes fassent tout pour envoyer des soldats sur le front », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter : « Nous suggérons depuis longtemps d’apporter une aide à la partie ukrainienne, afin de s’assurer que les personnes soumises au service militaire obligatoire aillent en Ukraine. »

Le ministre lituanien de la défense, quant à lui, envisage la restriction des prestations sociales et des permis de travail pour les réfractaires ukrainiens.

Le 15 mai 2024, le groupe Olga Taratuta, initiative de solidarité avec les deserteurs de tous les pays relaie un texte dans le cadre de la journée mondiale de solidarité avec les objecteurs de conscience, décrivant le mouvement ukrainien des « esquiveurs » : de nombreuses personnes fuient le pays pour ne pas participer à la guerre.

  • Du côté des déserteurs russes

On peut lire sur le site obsarm.info qu’’en mars 2024, les tribunaux militaires russes ont prononcé 684 condamnations dans des cas d’abandon non autorisé d’une unité, soit 34 par jour ouvrable. C’est un record. Le précédent datait de février. En moins de deux semaines d’avril, près de 300 verdicts ont été rendus.

Au total, depuis le début de 2024, les tribunaux militaires ont été saisis d’environ 2 300 cas et, depuis le début de la mobilisation, de près de 7 400 cas. La plupart d’entre eux se trouvent dans les régions de Moscou (496 cas), de Sverdlovsk (258) et d’Orenbourg (255).

Les peines sont généralement prononcées avec sursis afin de renvoyer le soldat sur le front.

L’Express et Sud Ouest nous parlent d’une chaine Télégram « Iditié Lessom » (« barrez-vous ») pour aider les soldats à déserter, mais aussi des risques que courent les déserteurs une fois qu’ils ont réussi à quitter l’armée et le pays (enlevements, prison, assassinat) et enfin des conditions de vie d’exilés qui galèrent à obtenir l’asile.

On note, avec l’initiative Olga Taratuta, que quand les Etats européens ne lésinent pas sur les armes destinées à tuer des soldats russes, ces mêmes Etats ne sont pas pressés de venir en aide aux Russes qui ont décidé, au péril de leurs vies, de ne pas devenir soldats. Pourtant, on a bien là deux façons, différentes, de réduire le nombre de soldats.

Parce que « les guerres sont des massacres de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui toujours se connaissent », connaissons-nous, reconnaissons-nous, pour mettre à bas toutes les armées, toutes les frontières, et refuser leurs propagandes sanguinaires !


Proposé par esKdrille
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