Actualité et mémoire des luttes à Saint-Étienne et ailleurs
ANALYSES ET RÉFLEXIONS ARMEMENT - MILITARISATION
FRANCE  
Publié le 14 mai 2024 | Maj le 16 mai 2024

Revue de presse antimilitariste #3 (partie 1)


"Nous avons encore parmi nous des gens aux idées arriérées et bons à rien. Ils se mettent en travers de notre route comme des chiens ou des chats errants. Mais celà ne nous dérange pas.
Nous prendrons leurs enfants."

A force (de lire et) de relayer la propagande militariste, on se demande ce que cette revue de presse apporte à la critique. (Et aussi si nos nuits seraient moins angoissantes si on lisait moins)
Heureusement ici ou là on trouve des traces et des envies de résistances à leurs discours de plus en plus décomplexés.
Orgueil (ou mauvaise foi) des antimilitaristes : Si les actions se rapprochent du folklore, si nous sommes si peu nombreux.ses, c’est bien la preuve que la propagande belliciste fonctionne bien.

Par là, et pour se laisser une chance de ne pas échanger le risque de faire des cauchemars contre la certitude d’en vivre plus, cette revue de presse trouve son sens. L’institution militaire construit son image, détruisons la !

Générosité de l’époque, nos sociétés racistes, patriarcales et industrielles nous offraient déjà les moyens de mourir sous les coups d’un macho, par les balles d’un flic ou les poisons du progrès ; voilà que se rapproche celui de mourir pour des « valeurs » qui sont celles des marchands de canons.

Viva la muerte ! criaient les phalangistes.

Pour celles et ceux qui n’auraient pas reconnu la citation d’Hitler en exergue, la voici plus complète :

Nous avons encore parmi nous des gens aux idées arriérées et bons à rien. Ils se mettent en travers de notre route comme des chiens ou des chats errants. Mais celà ne nous dérange pas.
Nous prendrons leurs enfants.
Nous n’admettrons pas qu’ils soient corrompus par les vieilles idées du passé. Nous les écarterons de leurs familles dès l’âge de dix ans et nous les élèverons dans un esprit nationaliste jusqu’à leur majorité. Ils ne nous échapperont pas. Ils rejoindront le Parti, les SA, ou les SS ou d’autres organisations. Ils feront ensuite deux ans de service militaire. Qui osera dire qu’avec une formation pareille, on ne fonde pas une nation ?

Même servie sur un plateau, nous ne vous ferons pas l’affront de rapprocher cette citation de 1937, de l’actuel SNU. Puisque tous les délégués à la jeunesse nous assènent que le SNU n’est pas militaire, nous avons un exemple non militaire et « bien français » (c’est le cas de le dire) : les chantiers de jeunesse de Vichy.
Pétain, Hitler et Franco, les points Godwin sont faciles et nous n’en avons pas besoin vu comment les démocraties s’accomodent très bien à la destruction.

Il nous est insupportable d’entendre les dirigeants « préférer la paix » en même temps qu’ils « entrent en économie de guerre » (voir la citation hallucinante de Macron), nous refusons de nous habituer à la double pensée qui consiste à accepter le concept de « bombe défensive ». Les propensions à donner aux machines le choix des cibles à abattre nous glacent le sang.

Voilà, s’il en fallait d’autres, quelques motivations supplémentaires de continuer le difficile travail, au musée des horreurs, de recension d’articles glorifiant (la soumission à) l’ordre et l’économie.
Que ce travail alimente, même cyniquement, une compréhension de la toile qui nous enserre, mais aussi la colère et la révolte contre ce monde mortifère !

- Industrie de l’armement -

Deux jolies punchlines pour introduire cette revue de presse d’avril-début mai. Lecornu ou Macron ? Il va falloir suivre le tempo ! L’un appelle au « patriotisme du capitalisme français », l’autre « même s’il préfère la paix, se rejouit que l’économie de guerre génère des profits ».

- Un article du Monde du 17 avril titre « Reserve militaire : Lecornu appelle les entreprises au patriotisme ».
Cet article nous explique comment, pour honorer les promesses macroniennes de doublement du nombre de reservistes ( la Loi de Programmation Militaire prévoit de passer de 40 000 à 80 000 réservistes) l’armée vient négocier des contrats avec des entreprises.

Face à la montée des périls, les entreprises doivent permettre à leurs salariés de servir la France. C’est le message délivré par Sébastien Lecornu lors d’un déplacement, mercredi 17 avril, à Guyancourt (Yvelines), à l’occasion de la signature par Renault d’une convention de mise à disposition de réservistes. « La plupart des crises que nous avons à gérer ne sont plus des crises courtes, mais des menaces qui vont nécessiter une capacité à durer dans le temps et donc à relayer les forces », a expliqué le ministre des armées, appelant à « une forme de patriotisme du capitalisme français ».

Les reservistes devant être disponibles une trentaine de jours par an pour servir l’armée, ça peut coincer avec leurs employeurs qui sont parfois obligés d’accepter les absences. L’Etat-Major fait donc la tournée des patrons et tient, grâce à des conventions avec les entreprises, à négocier les conditions de « mises à disposition de leurs salariés ». Selon le « patriotisme » de la boite, une partie du salaire journalier pourrait même être maintenu en plus de la solde de reserviste (de 50 à 130 € selon le grade).

Sympa les efforts conjoints du gouvernement et du patronat pour servir l’armée !
Profs, soignant.es, etc. vous continuerez de passer votre tour !

- Le Monde du 13 avril titrait : A Bergerac, Macron défend une économie de guerre qui « produit de la richesse »

A Bergerac (Gironde), Macron (en photo plus haut) est venu poser la première pierre d’une nouvelle ligne de production de l’usine de poudre pour munitions d’Eurenco.
Eurenco-corico, cette entreprise détenue à 100% par l’Etat se re-localise en France pour suivre le rythme toujours plus effrené de la production de mort. Pour le maire de Bergerac, c’est une aubaine :

« C’est l’ensemble de l’économie locale qui va bénéficier du réarmement de la France car on sait qu’il y aura des emplois indirects », a confié M. Prioleaud

Et Macron d’enchainer :

le chef de l’Etat a terminé sa visite en se réjouissant de cette économie de guerre « qui produit de la richesse ». « La réindustrialisation, c’est bon pour l’emploi et, dans l’industrie, il y a l’industrie de défense », a-t-il ajouté, tout en prenant soin de préciser qu’il « préf[érait] la paix »

C’est vrai, on en oublierait presque que les obus ça sert au final à pulveriser (réduire en poudre) des êtres humains.


- Afin épauler ce regain d’interet pour l’armement, rien de tel que de nommer des chefs qui superviseront tout ça !
L’Usine Nouvelle, le 25 avril, nous explique Pourquoi la DGA crée une nouvelle direction de l’industrie de défense.
Le 1er mars, un arrêté au Journal Officiel créait la nouvelle Direction de l’Industrie de défense (DID), une entité de plus de 600 personnes avec à sa tête Alexandre Lahousse, un ancien de la DGA et aussi représentant de l’Etat au CA de Safran.
Ce nouveau bureau proposera/imposera des audits de performances industrielles pour booster la productivité des boites afin qu’elles arretent de perdre des contrats au profit d’entreprises étrangères qui travaillent plus vite.
Question recrutement, il a recemment convaincu France Travail d’ouvrir de manière privilégiée ses agences aux acteurs de la BITD pendant 15 jours.
On note aussi la mention, en toute fin d’article de cet énigmatique « réseau d’attachés de défense » censé travailler en « étroite collaboration avec les préfectures » et faciliter l’accés aux financements en région
.
On connaissait les attachés de défense déployés dans le monde entier et chargés de décrocher des contrats de ventes d’armes et d’alliances géopolitiques. Serait-ce un nouveau maillage à l’echelle des départements français pour « motiver » de plus près les entreprises françaises ?
A suivre ...

- En tout cas, des fois ce sont les entreprises qui viennent se vanter de leur réussite, comme par exemple le 11 avril dernier à Saint-Étienne. On n’a pas pu gouter le champagne, la prochaine fois on s’invite ?

Pour rappel Naval Group, c’est l’entreprise française qui fabrique les SNLE : sous-marins nucléaires lanceurs d’engins. Des sous-marins à propulsion nucléaire qui lancent des « engins », engin étant le joli euphémisme pour dire « missile balistique », le terme qui lui-même désigne le missile sur lequel on peut ajouter une ou plusieurs « charges » (=bombes) nucléaires. Pas simple de détricoter la novlangue hein ?

- Si vous voulez voir les meilleurs résultats de toutes ces initiatives, sachez qu’elles ne se cantonnent pas qu’à la France. Comme chaque année, Paris accueille le salon EuroSatory, un des plus gros salon de l’armement au monde. Cette année il aura lieu du 17 juin au 21 juin. Evidemment, Israel ne manquera d’y exposer ses joujous. Une campagne est en cours pour dénoncer leur participation.


- On le voit, il y a d’un côté le profit, l’activité économique en elle-même, de l’autre le volontarisme de l’Etat-Major et aussi... la loi. On n’a pas très bien compris le décret du 28 mars 2024 portant sur la réquisition, le site vie-publique.fr nous en dit un peu plus avec toute la froideur bureaucratique quon lui connait :

Les réquisitions de personnes ou d’entreprises doivent faire l’objet d’un décret en Conseil des ministres. Le décret du 28 mars 2024 sur la sécurité des approvisionnements des forces armées et des formations rattachées, publié le 29 mars 2024 au Journal officiel fixe les conditions des réquisitions et de priorisation. Le ministre des armées peut ordonner :

la constitution d’un stock minimal de matières, de composants, de pièces de rechange ou de produits semi-finis stratégiques par des entreprises titulaires d’une autorisation de fabrication et de commerce de matériels de guerre, d’armes, de munitions et de leurs éléments des catégories A et B ;
la réalisation en priorité sur d’autre contrat ou marché de défense, de certaines prestations ou obligations par des entreprises ayant conclu avec elle un marché de défense et de sécurité, par celles ayant passé un contrat avec une organisation internationale ou avec un État tiers ou par leurs sous-contractants de tous niveaux.

- Innovation, la morale la plus armée du monde -

Produire, produire, certes, mais pour être compétitif et frimer à EuroSatory, c’est important d’innover. Heureusement pour les industriels, les massacres en cours leur donnent des pistes pour développer de nouvelles idées, toujours plus horribles, destructrices et meurtrières.

- Un article de Courrier International du 13 avril intitulé : Robots-chiens et essaims de drones : quand l’IA dope la course à l’armement, nous donne quelques illustrations.

Il y a encore quelque temps, il existait une ligne rouge que les chercheurs travaillant dans la recherche et le développement de l’intelligence artificielle (IA) refusaient de franchir : l’emploi de l’IA à des fins militaires. Chercheurs et entrepreneurs étaient unanimes dans leur refus d’utiliser cette technologie, que ce soit pour l’optimisation d’armes conventionnelles - type bombes et artillerie - ou le développement de systèmes d’armement permettant de mener à bien des missions sans intervention humaine. « Mission » étant, dans le jargon militaire, généralement synonyme d’« assassinat ».

Dans la catégorie des « systèmes d’armes létales autonomes », on trouve déjà depuis des décennies les mines antipersonnel et ce, même des années après les guerres (Bosnie, Cambodge, Angola).
La convention d’Ottawa (toujours pas signée par les USA, la Russie, la Chine, l’Inde et le Pakistan) était une tentative, en 1997, d’interdire l’utilisation de ce type d’engins.
Concernant l’IA, il y a eu plusieurs essais timides de régulation mais :

“La ligne rouge a été franchie, et pas seulement par des pays en guerre ou des entreprises de la tech”, déplore ainsi Andrian Kreye dans la Süddeutsche Zeitung. [...] Le poids des grandes puissances dans la course aux armements est trop fort, et les négociations pour interdire les armes autonomes ont désormais peu de chances d’aboutir.

En effet, il n’a pas fallu longtemps pour que la DARPA (l’Agence étasunienne pour les projets avancés de défense), l’Union Européenne, l’Allemagne, la Chine, Israel ou la France développent des projets militaires à base d’Intelligence artificielle.

Les essaims de drones font notamment figure d’armes autonomes invincibles. Pouvant être constitués de plusieurs centaines de petits drones, ils peuvent être déployés depuis le sol ou largués dans les airs. Ils contiennent généralement des charges explosives leur permettant de se transformer en projectiles dévastateurs, capables d’éliminer toutes les cibles possibles, du simple individu à l’avion de combat. Trop petits et trop nombreux pour les systèmes de défense antiaérienne classique, ils représentent une menace difficile à parer.

A ce titre, l’Ukraine est devenue, d’après la magazine Time, « le premier conflit de l’IA ». L’enquête du Time remonte le fil des rencontres entre l’Etat-major ukrainien et Alex Karp, « marchand d’armes IA du XXIe siècle », patron de Palantir, qui lui a vendu le logiciel « Metaconstellation ».

Ce système permet d’analyser des images satellite et de concevoir des frappes pouvant être menées sans contacter la chaîne de commandement. Baptisée AIP (Artificial Intelligence Platform), la dernière version développée par Palantir utilise déjà des IA génératives.

Ainsi, l’Ukraine devient le véritable labo de la guerre du futur et

Suivant l’inévitable logique les poussant à vouloir maintenir un équilibre des forces, les autres pays n’ont pas d’autre choix que de développer leurs propres essaims de drones. La Chine est déjà en mesure de les déployer et la Corée du Sud sera bientôt prête à les utiliser sur un champ de bataille.

Côté européen, les essaims de drones feront partie du système de combat aérien du futur (Scaf) auquel collaborent la France, l’Allemagne et l’Espagne. Ces systèmes devraient remplacer les avions de combat Eurofighter Typhoon de l’armée allemande d’ici à 2040

- On avait déjà parlé, à partir d’articles de Mediapart, de l’utilisation de l’IA par l’armée israelienne. L’article Bombardements israéliens à Gaza : comment l’intelligence artificielle annihile les préventions éthiques daté du 7 mai enfonce le clou et dévoile de nouveaux détails glaçants sur la séparation toujours plus grande entre le soldat et les conséquences de ses actes.

Tsahal utilisait déjà l’IA pour le calcul des trajectoires de missiles dans le cadre de son système anti-aérien.
Mais au travers des 3 logiciels suivants, l’armée israelienne parfait son oeuvre de destruction.
Habsora : propose des cibles géographiques, il identifie les sites potentiellement utilisés par le Hamas en les classant en 4 catégories (sites tactiques, sites souterrains,sites de puissance,résidence familiale)
Lavender : propose des cibles humaines pour conduire des assassinats ciblés sur de présumés membres du Hamas ou de groupes armés palestiniens.
Where’s Daddy : Une fois identifiées, ce logiciel se charge de les localiser.

Une fois localisées, Tsahal a choisi de frapper ces cibles (des êtres humains) la nuit alors qu’elles se trouvent avec leurs familles (d’autres êtres humains).

Le programme Lavender fonctionne grâce à un système de recommandation par IA. Il a collecté des informations sur les 2,3 millions de Gazaoui.es grâce à des techniques de surveillance de masse (ce qui est facile quand on sait que l’opérateur téléphonique palestinien PalTel utilise les infrastructures israeliennes).
Une fois les données collectées, elles sont comparées au comportement de membres avérés du Hamas, ainsi à chaque Gazaoui.e est attribué une note selon que ses pratiques sont plus ou moins proches d’un « ennemi », par exemple s’il change fréquemment d’adresse ou de téléphone.
Ca peut pâraitre évident, mais lorsqu’un territoire est bombardé, les immeubles, comme les téléphones, sont détruits. Donc... on change souvent d’adresse, et de téléphone.
Dès lors, on comprend aisément que le taux d’erreur de Lavender soit de 1 sur 10.
Mais ce n’est pas tout.
Non contente de fliquer la population, de determiner informatiquement les ennemis à abattre, de les frapper de nuit quand elles sont avec leurs familles, l’armée israelienne utilise des « dumb bombs » ; c’est à dire des bombes qui suivent une simple trajectoire balistique et qui peuvent donc avoir une marge d’erreur de 100m. C’est dire le peu de cas que l’armée fait de la vie des milliers de civils qui subissent leurs bombardements.

La France, qui développe elle aussi l’IA pour l’armée a un « comité d’éthique » qui recommande de toujours garder une décision humaine dans la « boucle de décision ».
C’est le cas aussi en Israel, pour chaque cible donnée par le logiciel, le soldat a 20 secondes (sic) pour valider ou non le tir.

Le vernis de la rationalité calculatrice où les cibles sont choisies par une machine puissante rend la mort de ces milliers de personnes beaucoup moins concrète pour les officiers de Tsahal ce qui entraine, selon les mots de Grégoire Chamayou « une virtualisation de la conscience de l’homicide » chez l’opérateur dès lors plus enclin à avoir un recours excessif à la force.

« Ces systèmes transforment les Palestiniens en chiffres, estime Mona Shtaya, chercheuse à l’Institut Tahrir pour la politique au Moyen-Orient, interrogée par +972. Ils permettent aux autorités de nous évaluer, de nous déshumaniser, de ne pas penser au fait que nous sommes des gens, mais de justifier notre mort sur la base d’une statistique. C’est pourquoi nous avons vu la violence augmenter depuis qu’Israël a commencé à compter sur ces systèmes. »
Cette situation est vue par les militant·es de la campagne Stop Killer Robots comme une menace pour la dignité humaine qui impose, dans le cas d’une décision létale, que l’opérateur reconnaisse un être humain en tant que tel, non seulement en le distinguant d’autres types d’objets et de choses, mais aussi en tant qu’être doté de droits et méritant le respect.

N’en déplaise au « code d’honneur de Tsahal », quand il s’agit de technologie, en Israel comme ailleurs, on assiste bel et bien à « la morale la plus armée du monde ».

- Toujours à l’affut des nouvelles tendances économiques, le journal Les Echos, bien informé, plaide pour une « dronisation de l’armée ». Se faisant le porte-parole du GICAT* et de son communiqué de presse du 19 avril.

*GICAT : Groupement des industries françaises de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres.

Quelques morceaux choisis :

Les professionnels demandent au ministère des Armées de se réveiller et de ne pas faire « l’impasse sur un segment de la technologie de défense, les drones et munitions télé opérées de moins de 150 kg, dont l’importance ne va faire que croître à l’avenir ». « L’industrie a assez de technologies pour développer sur fonds propres des produits valables sur étagères et faire émerger une filière française du drone », constate Bastien Mancini. « Mais nous aimerions voir naître un pacte drones défense entre le ministère et la filière pour qu’un vrai pilotage s’instaure entre les acteurs étatiques et les industriels ». Et de souligner ce qui devrait être une évidence : « Le plus important est de faire des systèmes qui servent aux forces armées ».

L’armée de terre tente de rattraper son retard. Depuis 2020, elle a multiplié par quatre le volume de ses drones et a étoffé sa gamme sur tous les segments. Mais elle n’est pas encore équipée de munitions télé-opérées (drones suicides), ne dispose que d’une quantité limitée d’appareils, dont une grande partie a des performances insuffisantes. [...] « Entre l’expression des besoins et la livraison, il faut dix ans, ce qui est complètement inadapté », note Charles Beaudoin, président du Coges, qui organise le Salon d’armement Eurosatory. Comme le souligne le rapport, les forces françaises aujourd’hui ne seraient pas capables d’affronter sur le terrain un adversaire aguerri à l’utilisation des drones tactiques et des munitions téléopérées comme l’armée ukrainienne. [...] Nombre d’officiers admettent qu’une révolution culturelle doit avoir lieu.

Sans parler du chinois DJI, dont les drones civils sont désormais détournés pour des usages militaires dans le monde entier, le marché du petit drone militaire et des munitions téléopérées est dominé par les Israéliens (Elbit, Aeronautics) et les Américains (AeroVironment, Skydio, Teledyne Flir).

« La France ne peut pas, si elle veut rester une puissance militaire technologique de premier rang, faire une impasse sur la BITD drone », conclut le rapport qui émet une série de recommandations pour rattraper le retard pris. Alors que le gouvernement a promis de revisiter la loi de programmation militaire, le rapport estime qu’il faudrait cibler un investissement annuel de 250 millions d’euros pour ce secteur.

FIN de la première partie dans laquelle on voit encore une fois les connivences morbides entre l’armée, la recherche, l’industrie et les journaux qui relatent tout ça avec la plus cynique des complaisances.
Pour aller plus loin on pourra consulter l’article :

On se laisse un peu respirer et dans une deuxième partie on relatera quelques nouvelles du côté de l’embrigadement, de la propagande militariste et des tentatives d’y resister, on parlera aussi des deserteurs russes et ukrainiens.

Que maudites soient les guerres et tous leurs prédicateurs. A bas l’industrie, à bas l’armement, à bas l’industrie de l’armement !


Proposé par esKdrille
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