Actualité et mémoire des luttes à Saint-Étienne et ailleurs
ACTUALITÉS ARMEMENT - MILITARISATION / MOBILISATIONS - LUTTES
SAINT-ÉTIENNE  
Publié le 8 mars 2019 | Maj le 25 avril 2020

Appel à bloquer Verney-Carron et toutes les usines d’armement !


Desarmons.net lance un appel à bloquer l’usine Alsetex à Précigné dans la Sarthe et toutes les usines d’armement qui participent à la represion des mouvements sociaux. Alsetex, « spécialiste des systèmes et services pyrotechnologiques dédiés au maintien de l’ordre et à la sécurité civile » [1], fabrique les grenades explosives GLI-F4, armes assourdissantes, lacrymogènes et chargées de TNT qui ont mutilé de nombreu.ses personnes durant le mouvement des gilets jaunes ainsi qu’à Pont-de-Buis, Bure, Notre-Dame-des-Landes et ailleurs [2]. L’IGPN et l’IGGN décrivent eux-mêmes ces grenades comme « susceptibles de mutiler ou de blesser mortellement un individu » [3].

À Saint-Étienne, haut-lieu de la fabrication d’armes, l’entreprise Verney-Carron est à l’origine du Famas, le fusil d’assaut de l’armée française de 1979 à 2016, et du Flash-Ball, l’outil idéal pour « gérer manifestations et foule agressive au quotidien » ! [4] Le LBD 40 de son concurrent suisse Brügger et Thomet a pris la main sur le marché public français des lanceurs multi-coups mais le marchand d’armes local prospère toujours avec ses lanceurs de projectiles, lanceurs de grenades et autre fusil à pompes – « partenaire idéal des forces de police, forces armées, anti-terrorisme et anti-emeutes » [5].

À ces talents en termes de "létalité atténuée" s’ajoutent les fusils de chasse, l’armement privé et sportif et le marché militaire sur lequel l’entreprise mise ces dernières années. « On a un savoir-faire local. Mais on ne le laisse pas s’exprimer » [6], se plaignait l’héritier Guillaume Verney-Carron en octobre 2018 après avoir raté un appel d’offre de l’État.

La répression du mouvement des gilets jaunes et des lycéen.nes ayant consommé beaucoup de stock d’armes et de munitions, de nouveaux appels d’offre sont en cours. Le ministère de l’Intérieur et de l’Aménagement du Territoire a publié en décembre un avis d’appel public à la concurrence pour « l’acquisition de lanceurs multi-coups en 4 ou 6 coups, de lanceurs mono-coup de calibre 40 mm et des matériels associés au profit des services de la police nationale et de la gendarmerie nationale » [7]. Verney-Carron est sur le coup [8]. En janvier 2019, il joue le coche du spécialiste du maintien de l’ordre à la française et vante son Flash-Ball® qui, à l’inverse du LBD 40, serait l’outil idéal pour « se défendre à courte distance d’individus agressifs et dangereux » [9]. La concurrence dans la répression et la mutilation est en cours.

VERNEY-CARRON
54 Boulevard Thiers
Saint-Étienne

Lire ou relire l’article de Couac : « Verney-Carron, artisan de notre sécurité »

Autre savoir faire local de renommée nationale : le banc d’épreuve. Le Banc National d’Épreuve des Armes de Saint-Étienne, sous tutelle du ministère de l’Industrie, certifie toutes les armes à feu portatives et munitions de petit calibre. Géré depuis 1856 par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Saint-Étienne Montbrison, le banc d’épreuve développe un travail de haute précision pour l’armement et la défense. L’histoire de cette petite institution unique en France sur Forez-info. Patrice Renaudot, son directeur, racontait au Progrès en 2010 les spécialités de sa petite entreprise, entre « laboratoire indépendant » et « service public » (sic)... À visionner ICI.

BANC D’ÉPREUVE
5 rue de Méons
Saint-Étienne

Le texte relocalisé de l’appel de Desarmons.net :

DU 29 AU 31 MARS 2019, POUR TOU-TES NOS BLESSÉ-ES ! BLOQUONS L’USINE VERNEY-CARRON ET TOUTES LES USINES D’ARMEMENT DES FORCES DE L’ORDRE !

Action à l’initiative de blessé-es, de leurs proches, de leurs soutiens et de collectifs contre les violences d’État.

Dans le cadre du maintien de l’ordre en métropole et dans les territoires d’outre-mer, l’État français a recours à un arsenal militaire sans commune mesure avec celui utilisé par ses voisins européens. Il est le seul à utiliser des grenades et un des rares à tirer sur la foule avec des balles de gomme.

Cet usage légitime de la violence était jusqu’alors réservé aux quartiers populaires et aux mouvements de révolte. L’histoire de l’après-guerre est rythmée par une violence systémique qui nous a amené à faire le constat suivant : sur les 20 dernières années, les forces de l’ordre françaises ont mutilé en moyenne 2 à 3 personnes par an et en ont tué en moyenne 15 chaque année.

Mais depuis le mois de novembre 2018, face à l’ampleur et la spontanéité du soulèvement des Gilets Jaunes, la violence de l’État à l’égard des manifestations s’est considérablement durcie, faisant naître une prise de conscience collective des violences policières. Trois mois de révolte intense ont démontré, par une hécatombe sans précédent, que le facteur principal déterminant la violence d’État est le caractère potentiellement révolutionnaire d’un mouvement de révolte.

Pourtant, sans être partie prenante du mouvement, Zineb Redouane a été tuée à Marseille, visée à sa fenêtre du quatrième étage par une grenade lacrymogène tirée en plein visage.

Également, trois personnes ont été éborgnées par des tirs de LBD à la Réunion dans les deux premières semaines de la révolte, suivies de 17 autres en métropole, dont 2 lycéens de 15 et 16 ans et 1 collégien de 14 ans.

Cinq personnes se sont fait arracher une main par des grenades GLI F4 à Paris, Tours et Bordeaux.

Plusieurs centaines d’autres ont été grièvement blessées, dont les deux tiers à la tête.

Et malgré ce carnage, aucun mot, aucun regret, aucune excuse de la part des autorités. Au contraire, la répression se fait chaque jour plus féroce et le ministre de l’Intérieur, au comble du cynisme, explique à des enfants dans une mise en scène télévisée comment tirer au LBD.

Le maintien de l’ordre protège l’État et non le peuple, il est à la fois un placement politiquement rentable pour le pouvoir, apeuré par sa chute possible, et un commerce juteux.

L’État français se vante en la matière d’un savoir faire et d’une doctrine développés dans les anciennes colonies et sur les territoires d’outre-mer, et inspirées depuis les années 1980-90 par les théories sécuritaires et logiques commerciales agressives des idéologues au service du complexe militaro-industriel étasunien (hypothèse de la vitre brisée, brigades antigang et d’intervention en civil, armes sublétales, militarisation de la police).

La France achète et utilise des armes chimiques (proscrites par les conventions internationales sur les terrains de guerre) : les grenades lacrymogènes.

La France achète, vend et utilise des armes de guerre : les grenades GLI F4, les grenades de désencerclement…

La France achète et utilise des munitions qui mutilent : les cartouches à destination des Lanceurs de balles de défense de 40 et 44 mm (Flash Ball SuperPro et SuperPro2, LBD 40, Kann 44, Riot Penn Arms).

L’État français offre des milliards d’euros à sa police et aux marchands de mort, tandis que son système de santé est en faillite, que son système social est en faillite, que son système éducatif est en faillite, que son système de transports sert à nous taxer alors qu’il devrait être gratuit (pour le peuple et pour l’environnement) et que les grandes entreprises qui servent l’État refusent de payer des impôts, d’augmenter les salaires et de baisser le temps de travail, et cela alors même que le chômage bat des records.

Les augmentations d’impôts contre lesquelles nous nous battons servent à payer les armes qui répriment nos révoltes, alors il est temps de frapper là où le bât blesse.

Bloquer le complexe militaro-industriel français, c’est bloquer l’économie de mort de ce système.

POUR ZINEB REDOUANE, POUR LES BLESSE-ES, POUR TOU-TES CELLES ET CEUX MORTES DE S’ETRE REVOLTE-ES, DU 29 AU 31 MARS 2019, BLOQUONS L’USINE VERNEY-CARRON.

NOUS APPELONS A BLOQUER TOUS LES SITES SUIVANTS :

  • VERNEY CARRON : fabrique pistolets Flash-ball, grenades de désencerclement – 54 Boulevard Thiers, 42002 Saint-Étienne
  • LACROIX - ALSETEX : grenade OF F1, grenade GLI-F4 – Rue Malpaire - 72300 Précigné
  • NOBEL : fabrique grenades lacrymogènes – 5 Rue du Squiriou, 29590 Pont-de-Buis-lès-Quimerch
  • SAPL : fabrique grenades de désencerclement, gazeuses, matériels de maintien de l’ordre – La Ferté Fresnet, Le Biot, 61550 La Ferté-en-Ouche
  • REDCORE : fabrique lanceurs de balles de défense, grenades de désencerclement – Technellys Bât C – 165 rue de la Montagne du Salut, 56600 Lanester
  • BGM : distributeur des lanceurs de 40 mm (LBD40 et lanceurs multicoups Penn Arms) – 15, Route de Meaux, Le Bois-Fleuri, 77410 Claye-Souilly
  • MSA : fabrique matériels de maintien de l’ordre (casques, boucliers…) – ZI Sud, 01400 Chatillon sur Chalaronne
  • PROTECOP : fabrique matériels de maintien de l’ordre – 2194 Route de Thiberville, 27300 Bernay
  • RIVOLIER : commercialise et importe les armements étrangers en France – Z.I. Les Collonges, 42173 Saint-Just-Saint-Rambert
  • SECURITE TIR EQUIPEMENT : commercialise et importe les armements étrangers et français destinés au maintien de l’ordre – 477, Chemin de l’Avenir, 13300 Salon de Provence
  • CENTRE D’EXPERTISE ET D’APPUI LOGISTIQUE : test et homologation des armes destinées au maintien de l’ordre – 168 rue de Versailles, 78150 Le Chesnay
  • BANC NATIONAL D’EPREUVE ET D’HOMOLOGATION : test et homologation des armes destinées au maintien de l’ordre – ZI Molina Nord, 5 rue de Méons, 42002 Saint Etienne
  • ETABLISSEMENT LOGISTIQUE DE LA POLICE : ZI Buxerolles, 1 rue Faraday, 87000 Limoges
  • NOBEL : siège social – 57 rue Pierre Charron, 75008 Paris : fabrique les système de mise à feu des grenades lacrymogène
  • BRÜGER & THOMET : fabrique les lanceurs de balles de défense de 40 mm – Tempelstrasse 6, CH-3608 Thun

PRÉCISION : même si les événements venaient à être supprimés des réseaux sociaux (pressions des autorités), les rassemblements seront maintenus dans tous les cas. À chacun-e de s’organiser localement pour parvenir jusqu’aux sites, pour s’y rassembler selon les modalités qui lui conviendront et pour prendre ses précautions pour que tout se passe au mieux pour eux/elles.

Prévoyez de partir de chez vous 40 minutes à l’avance et de vous garer à 30 minutes à pieds du lieu de rassemblement s’il devait être difficile de se rendre en voiture sur place ou de s’y garer. Organisez vous pour ne pas garer votre véhicule sur le bas-côté de la chaussée, mais sur des chemins vicinaux où le stationnement ne gêne pas. Si les sites devaient être inaccessibles, nous invitons à bloquer les axes qui y mènent ou à se rassembler sur la place principale du village ou de la ville la plus proche.

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