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SAINT-ÉTIENNE   RÉFORME DES RETRAITES (2019 - 2020, 2023)
Publié le 30 mars 2023 | Maj le 6 avril 2023

Retour sur la manifestation du 28 mars


Ce mardi 28 mars à Saint-Étienne, plusieurs dizaines de milliers de personnes sont descendues battre le pavé contre la réforme des retraites.

Sur le parcours, de nombreux tags, dont plusieurs en solidarité avec les blessé-es de Sainte Solline, notamment avec le camarade S. actuellement dans le coma suite à une grenade explosive reçue au niveau de la tête.

Sur la place de l’Hôtel de Ville, après plusieurs prises de paroles, se forme très rapidement un cortège autonome d’environ 1000 personnes pour une manifestation spontanée.

« Grève, Blocage, Manif Sauvage » résonnent sur la place de l’Hôtel de ville, quelques minutes plus tard, un cortège se dirige vers la préfecture.

La préfecture est protégée par un escadron de gendarmes mobiles. Assez naturellement, pour éviter la confrontation, les manifestant-es font donc le tour de l’Hôtel de ville et décident de continuer la manif sauvage à distance de la police. Sur le retour, bris de vitres et tags sur le commissariat et les fibres optiques d’une banque incendiées.

Les manifestant-es décident ensuite d’aller au devant de la permanence du député Renaissance Quentin Bataillon, qui a soutenu et voté la réforme des retraites. Bris de vitre et tags, et après quelques coups de pieds, les aimants de la porte cèdent, les murs du hall d’entrée sont repeints. Très rapidement, une dizaine de policiers en armure viennent au galop pour défendre la permanence.

Heureusement, une belle solidarité entre manifestant-es, certain-es se positionnent face à la charge pour ralentir l’attaque policière et les peintres sauvages sont alertés pour sortir du hall à temps.

Dès l’arrivée des flics, une centaine de projectiles sont lancées en direction de ceux-ci, ils répliquent en lançant de nombreuses grenades lacrymogènes sur toute la place ainsi qu’une ou deux grenades de désencerclement, mais pour une fois, une belle victoire côté manifestant-es qui relancent les palets lacrymogènes sur les flics. Ceux-ci suffoqueront dans les gaz et seront mis en difficulté pendant plusieurs minutes avant de replier dans une rue pleine de lacrymogènes !
Manifestation : 1 / Police : 0

Face à la répression, les Stéphanois-ses ne se laissent pas faire !

« TOUT LE MONDE DÉTESTE LA POLICE »

Dès que la police essaye de se rapprocher pour attaquer les manifestant-es, de nombreux projectiles sont lancés, et beaucoup de palets lacrymogène sont renvoyés à l’expéditeur. Malheureusement au bout d’un moment, les lacrymogènes remplissent toute la place et de nombreuses personnes sont mises en difficulté. Seront-elle comptées par la préfecture comme blessé-es ? Évidemment que non, seuls les flics sont considérés comme blessés quand ils se prennent des retours de leurs PROPRES gaz lacrymogènes, qu’ils ont eux-mêmes lancés pour attaquer !

Pendant ce temps, les banques de la place de l’hôtel de ville sont éclatées à coups de pieds, de pierres et d’objets en tout genre. L’escadron de gendarmerie mobile se déplace et avance sur la place de l’Hôtel de ville pour mettre fin à la manifestation sauvage. Les projectiles, seuls moyen de défense face à des robocops surarmées, volent toujours massivement dans le ciel en opposition aux grenades. Malgré cela, les gendarmes mobiles arrivent vite à reprendre du terrain et à éloigner le cortège et en disperser une partie, en parallèle de nombreux tirs de grenades lacrymogènes, plusieurs coups de bouclier et de matraques seront donnés sur des personnes assises devant la gendarmerie et avec les mains en l’air. Ceux-ci ne représentaient aucun danger, mais peu importe, le rôle des FDO est aussi de réprimer n’importe quels signes de contestation de leur autorité.

La manifestation sauvage continue et se déplace vite pour échapper aux gaz lacrymogènes et à une intervention des forces de l’ordre. De nombreux-ses manifestant-es avec des flacons eau+maalox, essayent de soulager les personnes atteintes par les lacrymogènes.

Des barricades sont dressées sur les routes et les projectiles maintiennent à distance les forces de l’ordre.

Petit à petit, le nombre de manifestant-es se réduit et une grande partie s’est déjà dispersée, mais cela n’empêchera pas que plusieurs cortèges se forment et continuent à se mobiliser dans la ville et à résister aux assauts de la police même en petit nombre. À de très nombreuses reprises la police est mise en difficulté avec les retours de gaz lacrymogène et les projectiles qui maintiennent une bonne distance, tandis que quelques bons lancers réussissent à percuter les armures.

Après le passage des manifestant-es sur la place Chavanelle, les groupes se font de plus en plus petits et facilement en proie à une attaque policière suivie d’interpellations, mais malgré les petits cortèges, la police est encore mise en difficulté.

Après une attaque à coup de grenades lacrymogènes sur une trentaine de manifestant-es à proximité de la place Albert Thomas, la police se retrouve dans un nuage de gaz, et on peut entendre des phrases de leur côté du type : « on veut rentrer chez nous » ou « on est fatigués ».

Clairement, les effectifs locaux de la police nationale commencent à être débordés entre les blocages et piquets de grève, les manifestations intersyndicales, les manifestations spontanées, les sabotages et toutes les actions directes menées dans la ville !

Le pouvoir en place est fort, soyons honnêtes, bien plus que nous, la police attaque violemment le peuple dans les affronts symétriques, mais il n’est pas possible pour elle d’être présente sur tout le territoire national à n’importe quel moment. Alors les initiatives furtives et spontanées mettent très rapidement la police en échec, surtout quand celles-ci deviennent régulières et diversifiées !

Vers 14h00, il ne reste plus beaucoup de monde dans les rues, et à ce moment, la police fonce à toute allure en voitures et motos (manquant de peu de faucher des gens), pour essayer d’interpeller les manifestant-es isolées, particulièrement ceux qui avaient été vus en train de lancer des projectiles ou de taguer. La préfecture annonce cinq interpellations.

Un-e photographe s’est aussi pris plusieurs grenades lancées délibérément dans ses pieds pendant la manif, a dû éviter un coup de bouclier, se fera insulter d’enculé par un policier, et dégagé d’une rue car voulant couvrir la mobilisation dans son entièreté, même pendant la dispersion. L’État se maintient en place par la domination policière, mais nous sommes pourtant censés vivre dans une belle démocratie, alors la documentation de la répression n’est naturellement pas appréciée.

Solidarité avec les interpellé-es et les personnes touchées par les gaz lacrymogènes (sauf pour ceux qui les lancent) ! La prochaine manifestation sera ce jeudi à 19h devant la préfecture, en solidarité avec les blessé-es de Sainte Solline et contre la réforme des retraites !

P.-S.

Toutes les photos sont sur le telegram du Gueuloir : https://t.me/legueuloir


Proposé par Le Gueuloir
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