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ACTUALITÉS MOBILISATIONS - LUTTES
Publié le 13 mai 2019 | Maj le 15 janvier 2020 | 1 complément

Récit de stéphanois à Lyon : Acte 26, nationale à Lyon


Énorme mobilisation ce samedi 11 mai lors de l’Acte 26 des GJ dans la capitale des Gaules : Lyon. Alors que la préfecture annonce quelque 2000 manifestants, l’équipe du Gueuloir en a compté entre 7 000 et 10 000 et Alternatiba en annonce 10 000...

Départ de Bellecour

Le RDV est donné à 14h place Bellecour. La manifestation est déclarée et autorisée, 4 périmètres sont toutefois interdits par la Préfecture. Les manifestants arrivent au compte-goutte place Bellecour car devant traverser de nombreux contrôles (jusqu’à 4 pour certains de nos reporters) ! Sur place est notamment présent Jérôme Rodriguez portant les revendications des Gilets Jaunes. Revendications qui aujourd’hui, en plus des habituelles (RIC, hausse du SMIC...), portent essentiellement sur la privatisation du groupe Aéroports de Paris, la casse du service public et la lutte pour le climat. Suite à l’arrivée d’un gros groupe de motards se plaçant en tête du cortège, la manifestation prend son départ.

Un démarrage festif dans la bonne humeur, il ne faut cependant que quelques centaines de mètres pour qu’une ligne de gendarmes mobiles (GM) se déploie devant le cortège afin d’encadrer ce dernier au plus près. L’apparition d’un hélicoptère ne se fait également pas attendre, il survolera la ville jusqu’à tard dans la soirée. Toutes les rues annexes sont bloquées et débordent de gendarmes, CRS et autres policiers. Ce dispositif très oppressif a tout naturellement pour effet d’accroître les tensions alors même que la manifestation se déroulait dans le calme : présence de forces du « désordre » d’avantage que de « l’ordre » ! Toute modification du parcours est ainsi empêchée et la situation se tend crescendo…

Le cortège, qui n’a pas cessé de s’accroître, continue son chemin, passant devant l’Hôtel-Dieu, le pont Wilson puis près d’une Préfecture extrêmement protégée. Un groupement anticapitaliste prend forme en tête de cortège.

Peu de temps, après en réponse aux jets de quelques bouteilles, les GM usent pour une première fois de gaz non loin de Guillotière. Mais le vent est en défaveur des forces de l’ordre qui s’offrent un non attendu retour de gaz qui pique les yeux ! La tension retombe un court instant mais c’est sans compter sur la police qui vient renforcer la ligne de GM. La police étant accueillie par quelques pavés, le cordon de forces de l’ordre répond violemment avec gaz, tirs de LBD et même grenades de désencerclement. Le cortège avance par étapes avec des arrêts et des tirs environ toutes les 5/10 minutes. Plus tard, alors que la situation se calme les forces de l’ordre tirent à nouveau dans l’incompréhension la plus totale (à croire qu’ils avaient pris le rythme). Les street-médics (très présents en cette journée) ont du travail !

Vers 16h30 la ligne des forces de l’ordre demande la dispersion du cortège puis procède à une première charge au niveau des Universités Lyon 3 et Lyon 2 ; un début de barricade est érigé en vain. La charge est violente, minimum un blessé grave pris en charge par les street-médics et les banderoles à l’avant du cortège sont volées par les forces de l’ordre.

Malgré la charge, le cortège continue sur le Quai Claude Bernard. De nouveaux gazages accompagnés de plusieurs séries de matraquages ont lieu aux alentours du Centre Hospitalier St-Joseph. Le cortège reste cependant soudé avec encore des milliers de personnes présentes. C’est au niveau du Gallieni que ça se gâte : le cordon de forces de l’ordre procède encore à une charge alors que le cortège est cerné à droite comme à gauche par les CRS équipés de lanceurs à eau ! La foule est alors progressivement nassée et se disperse entre le pont Gallieni et le pont SNCF, les manifestants tentent d’éviter les barrages/contrôles notamment de la BAC particulièrement excitée cet après-midi. Le restant du cortège sera repoussé par les FO jusqu’à Gerland où aura lieu un barbecue fraternel des GJ sous l’œil de l’hélicoptère.

Conclusion : Une répression toujours trop présente (sans parler des agressions de médics et de journalistes dont nous avons fait les frais) mais des manifestants toujours déterminés et nombreux même après 6 mois de mouvement des GJ. De nombreux blessés, dont certains graves sont à déplorer du côté des manifestants, alors que la préfecture annonce 22 blessés chez les forces de l’ordre.

Le RDV est déjà donné pour samedi prochain.

P.-S.

Merci aux nombreuses personnes venues nous apporter du soutien avant, pendant et après la manifestation. L’équipe du Gueuloir vous remercie.


Proposé par Le Gueuloir
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