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SAINT-ÉTIENNE   COVID-19
Publié le 30 avril 2020 | Maj le 17 mai 2020 | 1 complément

Les drones débarquent à Saint-Étienne


Mercredi après-midi, pour la première fois la Police a utilisé un drone dans le quartier de La Terrasse à Saint-Étienne. Perdriau en rêvait, l’état d’urgence sanitaire l’a réalisé ! « Le confinement ouvre la voie à l’innovation » se félicite Le Progrès et monsieur le commissaire, pas peu fier de son nouveau gadget, espère « pouvoir en disposer pour un usage plus fréquent ».

  • La Quadrature du Net et la Ligue des Droits de l’Homme attaquent les drones de la police parisienne

    La Quadrature du Net et la Ligue des Droits de l’Homme viennent de déposer un recours en urgence contre le déploiement de drones par la préfecture de police de Paris. Depuis le début du confinement et un peu partout en France, la police prétend se faire assister de drones pour lutter contre les infractions. Pourtant, puisqu’ils sont déployés en l’absence de tout cadre légal spécifique et adapté, ce sont eux qui violent la loi et nos libertés. Nous espérons qu’une victoire à Paris aura des effets dans tout le pays.
    À lire ici
    Voir aussi le recensement (non-exhaustif) du déploiement des drones par la police et la gendarmerie en France métropolitaine en période de confinement ici

  • Covid-19 : l’attaque des drones

    Point sur le déploiement massif des drones partout dans le pays à lire sur le site de la Quadrature du Net ici

Redoutable. Quasiment invisible, à plusieurs dizaines de mètres au-dessus de la gare de La Terrasse à Saint-Étienne, un drone a pu être entrevu ce mercredi après-midi", se réjouit le journaliste [1]. Saint-Étienne s’ajoute ainsi à la triste liste des villes ayant recours à cette ignoble appareil. Côté Police, tout le monde est bien content ! Comme Maxence, jeune élève gardien de la paix venu en renfort pendant la période de confinement, à qui la mission de pilotage a été confiée - eh oui, c’est un truc de jeûne ! - et surtout monsieur le commissaire : « au sein de la direction départementale de la sécurité publique, on se prend à espérer que cet outil puisse profiter au service au-delà de la période de confinement. Les déclinaisons pour le rendre utile au travail quotidien des policiers ne manquent pas », rapporte Le Progrès. Il faut dire que ce gadget technologique mis au service de la surveillance est impressionnant : "l’appareil peut s’éloigner jusqu’à 500 mètres de son pilote, monter jusqu’à 150 mètres de hauteur, atteindre les 50 km/h… Le tout avec une autonomie en vol de 25 minutes (il faut changer de batterie au-delà) et en offrant, en direct sur la tablette à disposition des policiers, des images d’une qualité remarquable.

Maxence est content !

« - Mais dans quel domaine un drone pourrait-il bien faciliter le labeur des forces de Police monsieur le commissaire ? »
« - On peut parfaitement imaginer l’utilisation qui pourrait être faite d’un drone pour des missions de maintien de l’ordre par exemple, notamment aux abords du stade pour repérer d’éventuels rassemblements. On pense alors aux heurts qui avaient éclaté avant la rencontre ASSE - OM en février. »

Comme souvent ces dernières années, le stade joue le rôle de laboratoire de la répression.

Le commissaire est content !

En matière de surveillance, les idées pour l’usage des drones foisonnent, complète le chef du service d’intervention d’aide et d’assistance de proximité (SIAAP) : vérification des arrivées du Tour de France (eh oui !), reconstitutions judiciaires, missions de surveillance pour les trafics en tout genre, etc.

Une grosse commande de l’État et un cadre juridique encore flou mais limpide

Jusqu’à présent, l’usage des drones pour la répression était occasionnel et limité à quelques opérations de maintien de l’ordre. Le survol de l’espace public par les drones est strictement encadré mais « L’arrêté du 17 décembre 2015 fixe dans son article 10 des règles dérogatoires à l’interdiction de l’usage de drones dans l’espace public, pour une liste limitée d’aéronefs », rappelle Thierry Vallat, avocat au barreau de Paris. « La Police nationale ou la Gendarmerie peuvent donc opérer, sous couvert d’opérations de sécurité civile, une surveillance par drones sans restriction. D’autant plus dans le contexte d’un état d’urgence ou de crise sanitaire, comme celui instauré par la loi du 23 mars 2020. » [2].

Mouettes de tous les pays, unissez-vous !

De son côté, l’État anticipe l’élargissement de son usage par la maréchaussée et exauce le rêve de la Gendarmerie de « pouvoir développer le drone du quotidien ». Le 12 avril dernier, un appel d’offres pour une commande de plusieurs centaines de drones a été lancé par Place Beauvau : 565 « micro-drones du quotidien », des appareils légers et discrets, capables de voler à 100 mètres de hauteur, de filmer à 100 mètres de distance grâce à une caméra thermique associée à un zoom 6X et d’envoyer des images à 3 kilomètres au moins ; 66 drones « de capacité nationale », des engins plus lourds, en mesure de filmer à 500 mètres de jour et de reconnaître des gestes pour des missions d’observation et de surveillance lors d’événements publics avec une portée de transmission de 5 kilomètres minimum ; une vingtaine de « nano-drones spécialisés » de moins de 50 grammes capables de transmettre des images à 2 kilomètres minimum [3].

La situation exceptionnelle liée à la pandémie de Coronavirus ne sert même plus de prétexte pour le ministère qui affirme froidement que cet appel d’offre « est sans lien avec la situation sanitaire actuelle » et qu’il répond simplement « aux besoins de la sécurité intérieure ».

Vive les mouettes !

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