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ACTUALITÉS RÉPRESSION - PRISON
SAINT-ÉTIENNE   MOUVEMENT GILETS JAUNES
Publié le 4 avril 2019 | Maj le 25 avril 2020

Huit mois ferme pour un gilet jaune suite à la manifestation du 30 mars


Mercredi 2 avril. Tribunal de Grande Instance de Saint-Étienne. Nouvelle audience, même comédie : une cour aux ordres du parquet, une justice de classe qui fait le taf. Et qui donne les mêmes leçons de morale, par-dessus le marché : « Monsieur J. a participé à un phénomène de débordement. Il est adulte et il n’a pas joué son rôle d’adulte » (M. Le Procureur).

D. était jugé ce mercredi en comparution immédiate (qu’il a accepté), accusé d’avoir jeté trois pierres sur les flics à Carnot. La vidéo ne laisse apparemment peu de places au doute, D. - Sans domicile, sans enfants, sans taf donc sans « garanties de représentation » et avec un casier fourni de quelques condamnations, bref de la chair à prison pour ses messieurs les robes noires - reconnaît les faits et avoue avoir bu « six bières fortes » pendant la manif.

Le proc’, bien dans son rôle ne lâche rien. Il faut bien que le parquet justifie a posteriori l’énorme dispositif policier déployé ce jour-là et la psychose médiatico-policière de la semaine précédent la manifestation, dont on a de bons exemples dans le progres :

Les auteurs de violences sur les forces de l’ordre doivent savoir que les portes de la prison leur sont grandes ouvertes. Il est ivre, il agresse délibérément les policiers, qui étaient statiques dans une rue perpendiculaire.

Il requiert huit mois ferme plus quatre mois de révocation d’un sursis sur une peine de 2015 assorti d’un mandat de dépôt, une obligation de soin - afin de sortir l’accusé « des dérives de l’errance » selon ses dires - ainsi qu’une indemnisation des policiers « qui auraient pu être blessés car Monsieur J. à tirer en cloche ».

L’avocate, moulachique, plaide comme elle peut... Elle demande quelques mois de mise à l’épreuve et une obligation de soin.

Finalement, le Tribunal suit à quelques détails près les réquisitions du proc’ et condamne D. à six mois ferme, plus deux mois de révocations du sursis, une amende 80 Euros pour ivresse sur la voie publique et trois fois 150 Euros de dommages et intérêts pour les policiers - Logique, trois pierres lancées, trois keufs indemnisés...
Le Président confirme le mandat de dépôt alors que théoriquement, l’aménagement était possible car la peine inférieure à deux ans. Mais le ton s’est encore durci depuis l’acte XVIII. Comme on a pu le voir dans les audiences à Paris [1], la nouvelle tendance semble être d’assortir les peines d’un mandat de dépôt.

La répression continue son petit bonhomme de chemin dans les salles sordides des palais de justice.

#toutlemondedétestelajustice(etlesprocureurs)

PS : Quelques petits conseils juridiques en cas d’interpellations par le Comité solidaire de Sainté et une enquête récente de Basta Mag sur le traitement des gilets jaunes par la justice.

[1] Voir les CR d’audience suite à l’Acte XVIII à Paris sur le site du journal l’Envolée.


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