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ACTUALITÉS CAPITALISME - GLOBALISATION / RÉSISTANCES ET SOLIDARITÉS INTERNATIONALES
Publié le 29 mai 2005 | Maj le 25 mai 2020

[Communiqué de RISE] Fight Old Europe, Abolish Capitalism - Journées d’actions au Luxembourg 16-18 Juin


Depuis le 1er Janvier le Luxembourg a la présidence du Conseil de l’Union Européenne. Cela signifie que c’est le gouvernement luxembourgeois qui coordonne le travail et qui fixe les priorités de l’UE pendant un semestre. Ici, nous voulons expliquer pourquoi cela est une occasion pour porter notre contestation dans la rue et quelle forme nous comptons donner à cette contestation. D’un côté nous voulons vous introduire à notre critique de l’UE, de l’autre côté nous voulons surtout diffuser l’info et mobiliser pour les journées d’action qui se dérouleront en juin au Luxembourg.

Nous avons élaboré trois principes politiques de base comme consensus minimal pour cette mobilisation : l’anticapitalisme, l’antinationalisme et l’auto-organisation. Dans ce texte nous vous donnons un premier petit aperçu de ce que cela signifie à l’égard de l’UE. Les textes qui suivent approfondiront l’introduction aux différents aspects et vous éclaireront sur les journées d’action prévues pour juin.

Dans le quotidien la présidence luxembourgeoise se fait surtout remarquer par plein de petits drapeaux et de panneaux qui s’imposent à nous et nous rappellent la lourde responsabilité qui pèse sur notre petit pays. Mais quelle sorte de responsabilité est-ce donc ? Après Bruxelles et Strasbourg, le Luxembourg est le troisième siège important d’institutions européennes. Traditionnellement le pays a la réputation d’être un pays européen d’exemple avec un peuple d’européens exemplairement intégrés et un gouvernement qui serait plus engagé pour l’équilibre au sein de l’Union que pour ses intérêts nationaux. Conformément à cela le programme de la présidence est ambitieux : le Luxembourg veut préparer à plusieurs niveaux l’UE aux exigences du futur et accessoirement clarifier la politique extérieure et les rapports avec les Etats-Unis. Pourtant, les points centraux sont l’économie et le financement. Ainsi le processus de Lisbonne, qui a comme but déclaré de faire de l’UE l’espace économique le plus compétitif à niveau mondial, est un des thèmes principaux de la présidence.

Un aspect particulier de cette présidence luxembourgeoise est le fait que, à la différence de ce dont on est habitué, le sommet de clôture de la présidence est déplacé à l’extérieur, précisément à Bruxelles. Il est probable que ce soit pour des raisons logistiques et de sécurité, mais cela s’intègre à la politique officielle de l’UE qui, après l’élargissement, veut centraliser toutes les réunions des chefs de gouvernement à Bruxelles à partir de 2006. Quoi qu’il en soit, dans un premier temps le loisir contestataire de poursuivre les chefs des gouvernements dans un tas de villes différentes tombe à l’eau. Nous voulons partir précisément de cet état des choses pour discuter les perspectives de résistance.

Car pour nous aussi il est certes attractif d’aller embêter les chefs d’états en marge des sommets, mais rares sont les cas où cela gène sérieusement la machinerie et avec les moyens de répression policière de plus en plus impressionnants, cela devient encore plus difficile. Nous pensons que nous devrons, en tant que gauche, utiliser cette occasion pour arrêter de réagir tout le temps et pour concevoir notre contestation en tant qu’action offensive.

Pour cela nous avons décidé de soigner à ce qu’il y ait un peu d’agitation dans le paisible Luxembourg au lieu de suivre les chefs gouvernementaux à Bruxelles, ville hautement sécurisée et pacifiée. Cela veut dire que nous pouvons et nous devons déterminer notre propre agenda en ce qui concerne les contenus. Nous acceptons ce pari avec plaisir, car en dernière instance les chefs gouvernementaux qui parlementent sur le pacte de stabilité ne sont pas notre centre d’intérêt. Ce qui nous importe, ce sont les contenus que nous voulons mettre en avant, c’est d’attaquer cette réalité et de lutter pour une alternative sans états, sans chefs.

C’est le Luxembourg qui en tant que nation européenne exemplaire a pris le gouvernail du projet européen. Ce sont plus qu’assez de raisons pour rendre visite au Grand-duché et de mettre hors contrôle les rues et les têtes propres et rangées de la troisième capitale européenne, et cela de façon durable.

Car si l’UE représente le projet capitaliste pour l’Europe en général, le Luxembourg représente la modernisation et la communauté des intérêts au sein de l’UE. L’Europe en tant qu’espace économique compétitif et adapté à la concurrence mondiale et aux exigences de l’époque- c’est le thème de la présidence luxembourgeoise et le point de départ pour notre critique.

Une critique de gauche, comme celle que nous voulons mettre en place contre la modernisation du projet capitaliste, ne peut pas se limiter à attaquer les différentes thématiques de la politique européenne de façon isolée. La politique répressive contre les réfugiés, la précarisation et la destruction des droits sociaux, la militarisation, la répression étatique et la surveillance, le discours sur la formation d’une « nation européenne ». Ces développements ne se déroulent pas de façon indépendante, l’un à côté de l’autre, mais se rejoignent finalement dans un même développement : mettre en forme l’espace Europe, intérieurement, extérieurement, économiquement- et le doter de la légitimation correspondante. Notre exigence est donc aussi ambitieuse que celle du gouvernement : thématiser et attaquer le développement de l’Europe dans son ensemble- sûrement pas dans le sens du processus de Lisbonne, mais en partant d’une critique émancipatrice du capitalisme, exigeant l’autodétermination et le bonheur pour tous.

Au lieu de succomber à la chimère du capitalisme « humain », qui appartient aux mythes fondateurs de l’Europe, nous préférons de concentrer nos efforts pour attaquer le capitalisme dans ses fondements et pour lui opposer une alternative émancipatrice et auto-organisée. Assurément, la critique de ce faux ensemble est vite prononcée, mais il est d’autant plus dur de l’appliquer concrètement dans le quotidien de cette fausse vie. Nous voulons vous inviter au camp et aux journées d’actions pour chercher avec nous des pistes sur ce que l’émancipation veut dire dans la pratique et pour le comment nous réapproprier la vraie vie !

Nous voulons une résistance offensive qui ne s’arrête pas à des luttes défensives isolées. Et nous ne voulons sûrement pas que la contestation contre l’UE retombe dans des revendications régressives comme celle qui exige plus d’état national.

Car l’Europe capitaliste ne souffre sûrement pas d’un manque de nation ou d’état. Car le vêtement national, devenu trop étroit pour les intérêts capitalistes, est uniquement échangé contre le manteau européen, sans pour autant renoncer aux sous-vêtements nationalistes. Nation et région doivent former le noyau et la « patrie », sans renoncer à une identification avec l’Europe- les conceptions des partis dominants quant à cela ne diffèrent que de façon marginale. Une identité européenne positive, en opposition aux autres blocs de pouvoir globaux, doit être créée. Plus « humaine et collective » que le capitalisme individuel états-unien, plus « civilisée » que l’Orient fondamentaliste et plus « démocratique » que les héritiers ravagés et corrompus de l’Union soviétique- pas sans s’assurer la zone tampon occidentale plus ou moins docile. Une communauté solidaire, démocratique et éclairée : cette image européenne tirée par les cheveux et pourtant criée sur tous les toits, doit assurer une identification individuelle des citoyens avec les intérêts du superpouvoir européen et ainsi établir la légitimité politique de ces derniers. Mais aussi la soi-disant société civile européenne, qui travaille pour une « meilleure Europe » par du lobbying critique, participe à ce projet sans le vouloir. Son image d’une « bonne » Europe « solidaire » sert souvent aux mêmes clichés, à la même identité, et ne diffère de celui des élites européennes que par une belle exigence morale. Ainsi il est peu surprenant que le discours sur la « nation européenne » est devenu à la mode à l’occasion de la journée d’action contre la guerre en Irak en février 2003, à laquelle le Forum Social Européen avait appelé. Face à cela nous voulons relever l’importance d’une politique antinationale qui ne sert ni à l’identité nationale ni à l’identité européenne.

Le Luxembourg avec sa réputation de « nation européenne » joue un rôle d’avant-garde dans ce processus ; en tant que nation pour laquelle l’intérêt national et l’intérêt européen se correspondent et qui essaye toujours de promouvoir le compromis au sein del’Europe.

Pendant que l’espace Europe doit être mis en forme nous espérons que la gauche de son côté sera assez en forme pour opposer à cela une résistance décidée et pour foutre de l’ambiance au Luxembourg ! Pour quelque chose de meilleur que la nation ! Auto-détermination, luxe et bonheur au lieu de l’UE ! Abolir le capitalisme ! Nous espérons que vous serez dans le coup !

plus d’infos sur http://www.eurotop.lu


Proposé par silvain
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