Actualité et mémoire des luttes à Saint-Étienne et ailleurs
ACTUALITÉS EXPRESSION - CONTRE-CULTURE
SAINT-ÉTIENNE   PRINTEMPS 2018
Publié le 3 juin 2018 | Maj le 25 avril 2020

Censure à la FAC !


Hier pendant le Fest’U (Festival Universitaire de St-Étienne) nous avons tenté d’interpeller les étudiants sur ce qu’il se passe dans les facs et les lycées partout en France. Des membres du Gueuloir (Journal stéphanois) avaient rédigé un texte qu’une étudiante devait lire sur scène après un concert, mais celle-ci en a été violemment empêchée.

TÉMOIGNAGE DE NINA ÉTUDIANTE EN SOCIOLOGIE

La rupture épistémologique : le principe est de casser une définition, puis d’en reproposer une autre afin que celle ci colle plus à la réalité.

Je ne vais pas re définir le mot censure, mais manifestement, hier soir quelqu’un à réussi à trouver une autre définition (je ferais l’impasse sur la récupération politique...) : je prend le micro d’une scène du Fest’U (3 mois de paperasse pour obtenir une scène LÉGALEMENT). Je prend également une feuille que l’on m’a imprimé avec un discours. Ce dernier vient faire un point sur la conjoncture violente que subissent étudiants & lycéens.

J’attend que le concert se finisse, de façon à ne pas empiéter sur le travail des artistes qui avaient pu bénéficier de la scène. Micro devant la bouche, j’ai à peine le temps de parler 15 secondes, le son est coupé. Des vigiles commencent à venir me chercher sur scène. Je ne me rend pas compte que le son est coupé, j’ai toujours les retours... Mais d’un coup la foule se met à crier « Censure ». Je comprend alors que le son est coupé. J’arrête là la lecture. On me fait descendre de scène, et c’est l’inquisition. Qui suis je ? Que fais-je là  ? Etc. Pour répondre brièvement, je suis en master de sociologie et j’ai surtout réservé la scène, c’est d’ailleurs le seul nom étudiant qui est présent sur la scène.

Inquisition terminée, un « compromis » est trouvé. Je remonte sur scène, accompagnée du Vice-président de l’UJM ; celui là même qui vient de me questionner, lire le discours et tente une simili-récuperation politique en disant « Ici, on laisse parler nos étudiants ».

J’accepte, on ne lâche rien, je commence à lire ce discours (qui a été relu en amont par Môsieur Le VP). J’ai le droit à 2 minutes, puis une finalement. Il y a de plus en plus de vigiles qui se rapprochent de la scène. Bref. De 2 minutes, s’en est une qui m’est accordée. Môsieur le VP me tourne autour et je le sens s’approcher de moi. Je lâche le discours et fini sans guide de façon à ne pas être coupée une seconde fois. Et bien si. Je suis à nouveau coupée.

Donc, non on ne laisse pas parler les étudiants même au sein de leur propre université, mais ce n’est pas de la censure. Alors de quoi s’agit il ?

DISCOURS CENSURÉ SUR SCÈNE
par le vice président de l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne

Cela fait trois mois que des étudiants luttent partout en France contre la politique néolibérale du gouvernement. Trois mois qu’ils se battent contre la privatisation de l’enseignement supérieur et des services publics en général, pour éviter qu’ils ne deviennent des institutions privées hors de prix, uniquement accessibles à une minorité.

La privatisation n’est pas juste un mot, c’est une réalité qui arrive à grand pas. Macron veut faire une société à l’américaine. Ce qui veut dire : des diplômes payants aux prix exorbitants, des prêts étudiants impossibles à rembourser sans se ruiner la santé et un système de santé sans sécu où seuls les plus riches peuvent se faire soigner !
Le rêve américain est un cauchemar ! Il serait temps de s’en rendre compte. Et ce cauchemar est en train d’arriver chez nous, déjà à l’université de Nice on trouve des diplômes payants à 4000 € ! On commence aussi à mettre en place une sélection arbitraire et injuste qui favorisera les plus privilégiés !

C’est pour protester contre tout cela que des étudiants se battent depuis trois mois et que des lycéens commencent maintenant à les rejoindre, victimes du tri social dégueulasse de Parcoursup. Mais c’est une lutte très dure car depuis trois mois les étudiants subissent la répression des forces de l’ordre et des groupuscules d’extrême droite.
On ne compte plus le nombre d’étudiants agressés dans les rues et à l’intérieur même des facs !Toulouse, Nantes, Strasbourg, Paris, Bordeaux, Lille, Lyon, Montpellier… Autant de villes mobilisées pour la défense de nos biens communs, autant de manifestants qui se font réprimés dans le sang à coup de matraques ou à coup de grenades.

Car oui les forces de l’ordre utilisent des grenades ! C’est ce qui a fait perdre une main à Maxime étudiant marseillais en Science Po qui était monté soutenir la Zad, c’est aussi ce qui a tué Rémi Fraisse il y a quelques années. Il s’agit là d’une réaction disproportionnée visant à faire taire toute protestation.
À présent, c’est au tour des lycéens de subir la répression : pour avoir tenté d’occuper leur lycée, des mineurs se sont retrouvés 48h en garde à vue, mis à poil, détenus dans des conditions indécentes et déférés devant le parquet ! Certains risquent la mise en examen et d’autres la correctionnelle.

Nous dénonçons aujourd’hui ces injustices et manifestons notre soutien à tous ceux qui subissent cette répression ! Cette terreur ne nous fera pas taire !

Plus ils continueront, plus nous nous battrons et nous gueulerons notre indignation !

Pas de justice pas de paix !
La vie continue, le combat pour elle aussi !


Proposé par Gilbert Gosseyn
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