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ANALYSES ET RÉFLEXIONS ANTIFASCISME / MÉDIAS
INFOS GLOBALES  
Publié le 24 décembre 2020 | Maj le 20 janvier 2021

Qui soutient la presse d’extrême droite ? Un voyage dans les droites radicales depuis 60 ans


Dans cet article, qui fait suite à un précédent sur les controverses idéologiques parmi les courants d’extrême droite, René Monzat met au jour la situation et les soutiens financiers de la presse d’extrême droite, et s’arrête en particulier sur le groupe Causeur.
Chercheur et militant antifasciste, ancien co-animateur du réseau Ras l’Front, René Monzat a écrit de nombreux livres sur les extrêmes droites, en particulier Enquête sur la droite extrême (Le Monde Éditions, 1992), Les Droites nationales et radicales en France (avec Jean-Yves Camus, PUL, 1992) ou encore Les voleurs d’avenir (Textuel, 2004).

Les temps sont durs pour la presse d’opinion, mais prétendre qu’elle serait par définition déficitaire est une idée reçue. Les publications de la droite radicale illustrent des situations très divergentes. Malgré une transparence très inégale, il n’est pas nécessaire d’invoquer les généreux subsides de la Russie, de la République Islamique d’Iran, de caisses noires de syndicats patronaux (autant d’acteurs qui ont dans le passé fourni des aides à des groupes ou des publications d’extrême-droite) ou de Steve Bannon, l’ex conseiller de Trump [1], pour rendre compte aujourd’hui de la situation comptable de ces titres.

Paradoxalement, le soutien le plus organisé de cadres de l’extrême droite historique, s’est porté sur le groupe de presse qui édite la revue initialement la moins « marquée », Causeur.

Situation financière des médias d’extrême droite

Valeurs actuelles, un newsmagazine réac, « danseuse » de riches patrons

Peu de temps après la mort de son fondateur, le sénateur Raymond Bourgine, en 1990, le titre a été successivement acheté puis revendu par une ribambelle de riches patrons, à commencer par Marc Ladreit de Lacharrière (via sa holding Fimalac), le propriétaire de La Revue des deux Mondes  [2], Serge Dassault (avionneur), puis Pierre Fabre (laboratoire éponyme) propriétaire de Sud Radio, enfin Iskander Safa (chantiers navals civils et militaires) via Privinvest mediaş elle-même contrôlée par Privinvest holding, domiciliée à Beyrouth. Iskander Safa, 92éme fortune de France en 2020 selon Challenges  [3], est issu d’une famille maronite proche du pouvoir libanais, engagé dans les rangs des milices de droite durant la guerre civile.

La diffusion oscille entre 120 000 et 100 000 exemplaires entre 2015 et 2019. Elle semble augmenter avec la radicalité des couvertures. Cette diffusion et le nombre de pages de publicité, font de Valeurs actuelles le plus petit des newsmagazines derrière Marianne , dont la diffusion s’érode mais dépasse toujours les 120 000 ventes. C’est dix ou vingt fois plus que la diffusion des revues Éléments , Causeur ou L’Incorrect .

Valeurs actuelles est le principal titre du Groupe Valmonde, (avec Spectacle du Monde et Mieux vivre votre Argent). Le groupe est né en 1955 sous le titre significatif de « A l’écoute de la finance ». Le chiffre d’affaires du Groupe Valmonde se monte à 24 millions d’euros en 2018. Il a dégagé un bénéfice de plus d’un million d’euros, et distribué un million d’euros de dividendes : le groupe a donc vocation à rapporter de l’argent et n’obéit pas à une logique militante. « Valeurs actuelles, [..] se développe avec une ligne antisystème » affirmait en 2017 le directeur général, Yves de Kerdrel. « Mais le groupe se développe là où nous jugeons bon qu’il se développe, afin de créer de la valeur pour l’actionnaire. » Le poste salaires et charges sociales en témoigne, il se monte à 6,5 millions d’euros pour 80 salariés : les journalistes sont rémunérés.

Le maigre quotidien de Présent

Bien qu’il ait paru quotidiennement depuis 45 ans, la survie de Présent est menacée par la diminution du nombre d’abonnés.

En effet, celui-ci a décru une première fois après 1999 lors de la scission du FN entre Jean-Marie Le Pen et Bruno Mégret, où Présent a refusé de choisir un camp, s’attirant l’ire de Jean-Marie le Pen et de ses fidèles. Présent a perdu nombre d’abonnés une nouvelle fois après 2014 quand il a soutenu Marine le Pen dans son ascension à la tête du Front National. Cette orientation entraîna le départ d’une partie des journalistes pour « clause de conscience ». Cette crise découragea nombre d’abonnés, réduisant les recettes en proportion et, via les demandes d’indemnités des journalistes partants, gonflant les dépenses et amputant la trésorerie. Si bien qu’en 2017, selon l’une des plus anciennes journalistes, la diffusion payée était tombée à 2 500, la direction évoquant un chiffre de 8 000 ou 10 000.

En 2018 Présent a dégagé un chiffre d’affaires de 868 000€ dont 488 000 € d’abonnements. Le quotidien a perçu 142 000 € de subvention au titre de l’aide à la presse. Le poste salaires (330 000€) et charges salariales (131 000€) correspond aux salaires des journalistes (parfois payés en dessous de la grille de la convention collective). Un déficit de 62 000€ vient porter le « report à nouveau » à un déficit cumulé de 575 000 €.

Rivarol, un hebdomadaire frugal au service d’obsessions antisémites

Rivarol a des comptes équilibrés : avec un chiffre d’affaires de l’ordre de 500 000 €, il règle 47 000€ de salaires et traitements, il a dégagé un bénéfice de 5000 € en 2018 et de 33 000 € en 2017. Le report à nouveau (bénéfice non distribué) se monte à plus de 180 000 €. Le chiffre d’affaires de 2018 (560 000 €) représente 4500 fois le tarif de l’abonnement annuel (125 €). Un train de vie frugal (ainsi le journal ne semble pas avoir de locaux indépendants) lui permet une situation économique saine.

Réfléchir & Agir, l’artisanat dans la durée, pour les « alboeuropéens »

La revue, née en 1993, paraît trois fois par an. R&A est édité par le CREA (Conception et Réalisation d’Etudes et Argumentaires) qui vit dans la même opacité.

Son modèle, tout artisanal, repose sur l’engagement de militants, comme Pierre Gillieth (le toulousain Bertrand le Digabel) et Eugène Krampon (Éric Fornal, issu de Terre & Peuple de Pierre Vial), qui rédigent une bonne part des articles, sollicitent les collaborations, et maquettent eux-mêmes la revue éditée en quadrichromie.

La diffusion revendiquée de plusieurs milliers d’exemplaires (7000 en 2017), considérant les tarifs des abonnements à 26€ ou 35€, peut fournir des recettes qui couvrent les dépenses : nulles pour la rédaction et la maquette, limitées par un système de diffusion bien rodé permettant de savoir, pour chaque point de vente, s’il reste des exemplaires disponibles ou si le stock est épuisé.

Les publicités, issues de structures de la même mouvance, sont facturées à des tarifs presque symboliques, et ne contribuent pas significativement à l’équilibre des comptes.

Front Populaire dispose déjà d’assez d’abonnements pour durer

La revue, qui compte surtout sur ses abonnements, dispose a priori de quoi tenir au moins sa première année. Front Populaire revendiquait dès avant sa première parution, en juin 2020, 30 000 abonnés à 49 €. Or 1,5 millions d’euros pour sortir 4 numéros constituent un « matelas » confortable. D’autant que les ventes annoncées (75 000) feraient plus que doubler ce chiffre. Elle n’a donc pas besoin de recruter financiers et mécènes. Le déficit chronique n’est pas une caractéristique obligée de tout organe de presse, la dépendance vis-à-vis de la publicité non plus. Front Populaire élargit apparemment le petit cercle des journaux autosuffisants.

Éléments participe du système d’actionnariat politique qui soutient les entreprises de la Nouvelle Droite

La Nouvelle Droite est-elle le « Groupe Mulliez » [4] de l’extrême droite ? Dans le cas de la droite identitaire, les membres d’un même clan (Grece [5]) sont actionnaires, via des participations croisées, d’une nébuleuse d’entreprises qui, juridiquement, n’apparaissent pas liées.

Éléments est édité par la société Seprecom : Société Européenne d’Edition de Presse de Communication. Cette société au capital de 6800€ avait à sa création en 2015 pour actionnaires des cadres du Grece : Gérard Landry ancien rédacteur en chef du « Courrier des Pays Bas Français », Pierre Bérard (Grece Strasbourg), Jean-François Husson (Toulon)· Plusieurs étaient déjà, 30 ans auparavant actionnaires de la Société des Editions du Labyrinthe, qui éditait Éléments.

En 2019, tous cèdent tous leurs actions à la Sepredif qui a un capital de 500 euros, répartis pour moitié entre Jean-François Husson et Alain Lefebvre. Alain Lefebvre est un des fondateurs du Grece, qui a créé l’hebdomadaire Stratégies, puis avec sa femme Elisabeth, elle aussi ancienne militante d’extrême droite, les magazines Biba, 20 ans,etc. Il participe au lancement de Magazine Hebdo.

La librairie d’Éléments, la Nouvelle Librairie de la rue de Médicis à Paris, est gérée par la société éponyme, dont les deux actionnaires sont François Bousquet (qui tient la librairie pour un salaire de 2000€) et la Sepredif de Toulon, au capital de 500€, déjà actionnaire de Seprecom qui édite la revue. En d’autres termes, Éléments est complètement contrôlé par la génération qui a commencé à militer dans les années 60 et a fondé le Grece. Alain Lefebvre est une valeur sûre dans le système d’actionnariat de la Nouvelle Droite : il a été associé depuis des décennies avec d’autres cadres de son courant dans diverses sociétés.

Une rumeur, propagée par des anciens de la mouvance [6], suggère que les militants qui ont été cadres de haut niveau de l’industrie pharmaceutique ont alimenté les ressources de la Nouvelle Droite. L’hypothèse de « valets du grand capital » est rassurante pour la gauche, mais presque rien ne vient la conforter. En revanche on peut remarquer dans diverses structures proches du Grece la présence de familles entières, propriétaires d’entreprises familiales dans d’autres secteurs.

Nous avons affaire à un courant autonome, à analyser en termes politiques, idéologiques et intellectuels et non comme la simple « projection » du patronat.

L’Incorrect, vers le grand écart entre les convictions et les finances ? Avant-garde, parrain discret de l’Incorrect

Charles Millon et Charles Beigbeder animent un mouvement sans grande activité qui constitue le pôle libéral du courant de Marion Maréchal et symbolise un milieu, la bourgeoisie catholique, dont les financements seraient fort utiles à un projet politique « libéral conservateur » et identitaire.

Libéralisme ne signifie pas pour eux une foi libérale comparable à celle de Macron, mais un libéralisme limité, tempéré. Les écrits de Chantal Delsol peuvent être lus comme le socle philosophique de cette sensibilité. Le manifeste du mouvement Avant-garde les met en mots :

« Pour y parvenir, nous croyons à l’économie de marché, mais pas à la société de marché. Alors que l’économie de marché a pour seul objectif d’organiser la loi de l’offre et de la demande en distinguant ce qui relève du commerce et de l’échange et ce qui touche à l’intégrité de la personne ; la société de marché, elle, n’a de cesse de tout transformer en économie consommable. »

« En ce sens, le système financier devenu fou à se prendre pour sa propre finalité mérite d’être entièrement repensé et révisé sur des bases saines. Nous ne croyons pas à la bonté permanente de l’homme, surtout quand il manipule de l’argent. Une vraie politique ne se peut concevoir que dégagée des intérêts financiers ou techniques. Cela suppose que la société politique s’accorde les moyens de nommer tout ce qui n’est pas un marché et tout ce qui ne pourra jamais en être un. À mesure que les marchés se sont désencastrés, selon le mot de Polanyi, de la vie sociale, politique, humaine, s’autonomisant, ils ont conquis la puissance, en attendant le droit, de faire un marché de la vie elle-même. »

« À l’extrême, l’on pourrait comprendre ces jeunes gens nés ici qui deviennent djihadistes parce que rien d’autre ne leur a été offert. Quand il n’y a plus ni sainteté ni spiritualité ni idéal de grandeur, on prend ce qui passe et qui fait frémir. Cette culture matérialiste, du déchet, donne évidemment envie de partir. Finalement, ces jeunes djihadistes ont peut-être le droit de choisir. Soit partir mais ne jamais revenir, soit rester mais s’intégrer. »

« Nous sommes inspirés par l’anthropologie chrétienne, certainement. Nous croyons, mais c’est surtout l’histoire qui le croit à travers nous, que la destinée de la France s’est construite dans sa foi et sa religion, qu’il ne peut en être autrement. »

L’articulation avec les sensibilités catholiques identitaires est assez évidente. La Fondation du Pont-Neuf créée en 2019 par les mêmes : Chantal Delsol, Charles Beigbeder, Frédéric Rouvillois, décrit exhaustivement les présupposés et références intellectuelles de cette sensibilité libérale conservatrice [7]. Avec de pareils parrains, l’antilibéralisme de L’Incorrect risque de rencontrer sa limite !

Le groupe Causeur : une reconstitution de ligue dissoute

Causeur, un nouveau Minute ?

Gil Mihaely est le directeur de publication des trois périodiques : Causeur, Conflits et Transitions & Energies qui échangent des pleines pages de publicité à chaque numéro. Ce groupe de trois revues a été épaulé jusqu’en 2019 par un collectif d’anciens cadres activistes d’extrême droite : anciens d’Ordre Nouveau, du GUD, du PFN et parfois toujours proches du Grece.

La société qui édite Causeur était jusqu’en 2019 soutenue à bout de bras (plusieurs centaines de milliers d’euros) par son actionnaire principal Gérald Penciolelli. En effet Causeur perd de l’argent année après année : 183 858 € de perte en 2019, 132 106 € de perte au titre de l’exercice 2018, après 500 000 € de pertes en 2017, à rapporter à un chiffre d’affaires de l’ordre de 1 million d’euros.

Gérald Penciolelli a un profil politique très particulier : il fut membre de la direction d’Ordre Nouveau, de celle du Parti des Forces Nouvelles (PFN), actionnaire des publications d’extrême droite le Choc du Mois et Minute. On retrouvait chez d’autres actionnaires des personnes qui ont la même origine politique : Anne Meaux, venue du PFN, fonde un cabinet de communication qui travaille pour la droite classique et de grandes entreprises.

Parmi les autres actionnaires de Causeur, on remarquait Xavier Niel via NJJ presse, NJJ médias et NJJ strategy dont -très curieusement- les commissaires aux comptes étaient Christian Baeckeroot (ancien dirigeant du Front National puis du Parti de la France) et son frère Guy [8].

Pourquoi une partie des cadres de l’extrême droite parieraient-ils sur Causeur  ? Sans doute ont-ils vu dans ce titre un potentiel nouveau Minute. Hélas pour eux, Causeur ne tient pas la comparaison, des articles éditorialisants et bavards, une ligne consistant à prendre le contre-pied de ce qu’ils croient être dans l’air du temps. Minute sortait des scoops, certains de ses journalistes étaient (politiquement) d’authentiques « fachos », mais ils sortaient de l’info. Causeur se contente de news « people » dévalorisantes sur des militant·es antiracistes.

Conflits : une revue portée par la plus vieille extrême droite

La deuxième revue de ce mini groupe de presse, Conflits, est éditée par la Société d’édition et de presse Antéios (SEPA). Fondée puis dirigée jusqu’en 2019 par Pascal Gauchon, elle dispose d’un conseil scientifique de géopoliticiens souvent peu progressistes. Elle propose une vulgarisation de droite par des auteurs qui mènent souvent une carrière académique.

Son numéro de juin 2020 publie une chronique d’Ingrid Riocreux (qui chronique aussi à Causeur et publie dans Front Populaire), ainsi qu’un article de Aude de Kerros, multi-collaboratrice de journaux réactionnaires et de droite radicale, qui tient la rubrique « Art et géopolitique » : Conflits est inclus à la marge dans le champ de circulation des journalistes de la droite radicale.

La lecture du numéro du printemps 2019 donne l’impression d’un voyage dans le temps et au sein de l’extrême droite radicale. Les articles de Bernard Lugan, ex-royaliste mais proche du Grece, ajoutent à la touche extrême droite du titre. Comme ceux du criminologue Xavier Raufer, issu lui aussi de l’extrême droite radicale (Ordre Nouveau). Moins connu, Thierry Buron, un ancien dirigeant du PFN, signe deux articles.

L’ours de Conflits ne mentionne, en 2019, que trois noms : Pascal Gauchon, Adam Gwiazda, dirigeant du GUD au début des années 2000, Louise Soulas, Louise Allaux de son nom de jeune fille, ex trésorière du MNR de Mégret.

Pour dire les choses autrement : sur la dizaine de membres du premier comité central du PFN de 1974 encore en vie en 2019, deux sont actionnaires de Causeur (Gérald Penciolelli et Anne Meaux), deux écrivent dans Conflits (Pascal Gauchon, Thierry Buron), et Louise Soulas, maquettiste de Conflits, a été élue au comité central du PFN lors du renouvellement de 1976 !

Il n’y a rien d’étonnant ni de critiquable au fait qu’un militant qui a mieux réussi, sollicite des collaborations d’anciens amis ou les embauche en raison de leurs compétences : secrétariat de rédaction et publicité pour Louise Soulas qui succède à ce poste à Véronique Villain ex GUD, et maquette cartographie pour Adam Gwiazda qui était responsable de Jusqu’à Nouvel Ordre, journal du GUD. Les auteurs, eux, sont surtout rétribués par le plaisir d’être publiés, la masse salariale de l’exercice terminé en mars 2018 se monte à 11 109€ après 11 260 € l’année précédente.

P.-S.

La fin de cet article à lire sur le site de Contre-temps.

Notes

[1Steve Bannon a accordé un entretien copieux et intéressant à L’Incorrect en juin 2019

[2La Revue des deux mondes, en payant 100 000€ deux notes de lecture, se distingue de ce fait des publications de la droite radicale dont la plupart des contributeurs et contributrices sont bénévoles et les journalistes du siège travaillent beaucoup mais sont payés avec un lance-pierres. Cette revue conservatrice, créée en 1829, offrit un temps un travail plus rémunérateur que prenant à Pénélope Fillon.

[4Le « groupe Mulliez qui comprend Auchan, Decathlon, Leroy Merlin, Saint Maclou etc. est une entité qui n’a pas d’existence juridique, juste un ensemble de membres de la même famille (Mulliez) qui détiennent des participations multiples.

[5Groupe de recherche et d’études pour la civilisation européenne.

[6Cf notamment Philippe Baillet, Pour l’honneur d’un camarade· Guillaume Faye (1949-2019) par-delà censure et récupération. Editions le Tocsin Blanc, Budapest, 2020. (70 pages) « L’histoire du Grece et de la Nouvelle Droite est décidément marquée par de nombreux liens avec l’industrie pharmaceutique. Parmi les fondateurs, cadres importants à tel ou tel moment ou auteurs relevant de la mouvance du Grece, il faut rappeler les noms de Jean Marcel Zagamé, ancien adjoint de Jean-Jacques Susini à Ager dans le cadre de L’OAS, puis collaborateur de la revue de la Fédération des étudiants nationalistes (FEN), les Cahiers Universitaires, devenu ensuite un responsable de très haut rang dans l’industrie pharmaceutique, chez Merck, puis chez Servier resté très lié à Alain de Benoist et dont on peut penser qu’il a peut-être généreusement financé le lancement de la nouvelle et coûteuse nouvelle formule d’éléments [JMZ est actionnaire de la SCI d’Europe Jeunesse en 2010] ; d’Yves Christen qui, avant sa brillante carrière de journaliste scientifique [YC a écrit dans le Figaro Magazine et tient une chronique dans éléments en 2020] puis de concert avec celle-ci, travailla longtemps pour un laboratoire pharmaceutique basé à Dreux [il a été président de la Fondation Ipsen (1983-2016)] ; de feu le nancéen Jean-Claude Bardet [ex dirigeant du FN, rédacteur en chef de Identité sa revue doctrinale] très lié à la fois à Alain de Benoist et à Bruno Mégret et qui travailla dans le même laboratoire que Yves Christen [il a été Directeur des Ressources Humaines au sein des Laboratoires Beaufour], de Claude Chollet qui fut pour un certain temps un cadre important du Grece [CC en a été président] et qui a exercé dans l’industrie pharmaceutique [CC a travaillé trente ans chez Beaufour IPSEN, il est actionnaire de Conflits en 2019] » (page10) Les notes entre crochets sont de RM.

Blandine Hennion mentionne dans Le Front national, l’argent et l’establishment La découverte 1993, le Parrainage qu’Albert Beaufour, dirigeant des Laboratoires Beaufour, a accordé au Cercle Renaissance (cercle ami du FN). Elle mentionne aussi Pierre Fabre actuel patron de Sud Radio.

Quoi qu’il en ait été, on imagine mal des firmes pharmaceutiques inonder d’argent éléments qui annonçait en couverture de son numéro de juin 2020 « Big pharma, les labos, nouveaux barons de l’opium ».

[7Voir le site qui ressemble à un mini dossier scolaire : https://www.fondation-du-pont-neuf.fr/

[8C’est via la même société NJJ que Xavier Niel, propriétaire du Monde, est actionnaire (très minoritaire) de Médiapart.


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