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Publié le 15 avril 2009 | Maj le 31 octobre 2018 | 8 compléments

Faculté de Tréfilerie, les cours ne reprendront pas :


Encore une journée bien remplie pour les grévistes étudiants de St-Etienne. Les grévistes toujours aussi déterminés, les cours ne reprendrons pas, la fac restera un espace de lutte et de réflexions.

Ce mercredi 1er Avril ils et elles s’étaient donné rendez-vous à 10h devant le commissariat pour soutenir un de leur camarade convoqué pour entrave à la circulation.
Un coup bas de la STAS qui avait déposé plainte suite au sit-in étudiant devant la préfecture qui avait bloqué le tramway pendant un moment le 12 Mars dernier.

Mon interrogatoire a duré 30 minutes, dans le cadre de l’enquête, un policier m’a montré quelques photos des récentes manifs étudiantes et voulait que je lui donne des noms.

La déposition à été signée, sans qu’aucun nom n’ait été donné et c’est désormais au procureur de décider des suites à donner concernant la plainte.

Plus tôt dans la matinée, voir aussi l’action de blocage d’un dépôt de Easydis, sous traitant du groupe Casino (qui participe au conseil d’administration de l’université Jean Monnet), sur le blog des étudiants grévistes : ici

Les actions du matin ont été suivies à midi par une Assemblée Générale. Plusieurs centaines d’étudiants et d’étudiantes grévistes, non grévistes et anti-grève se sont réuniEs devant l’Amphi J01.

Mais cette AG ayant été décidée dans la précipitation par le doyen de la faculté (ALL–SHS), M. Georges Gay, les étudiants grévistes ont décidé de l’annuler et ont proposé la tenu d’une autre AG pour le Lundi 6 Avril à 14h.
Les grévistes ont pris la parole du haut des escaliers

Une certaine déception et crispation pour certainEs qui souhaitaient voter la reprise des cours, car beaucoup sont angoissés à l’idée d’une année blanche, menace avec laquelle la présidence de la faculté a très bien su jouer récemment.

Mais les grévistes ne sont pas prêtEs à lâcher le morceau :

au lieu de voter la reprise des cours ils feraient mieux de nous rejoindre dans la grève, si les réformes continuent, qu’est ce qu’ils feront avec un diplôme qui ne vaut rien ?

Les couloirs de la fac ne sont pas prêt pour un retour à la normal, voici quelques affiches que l’on peut retrouver sur les murs habituellement quasi déserts :

Le planning des activités est régulièrement mis à jour

La salle du comité de grève, réflexions, discussions, repas, etc.

Les grévistes, obligés d’occuper les lieux, ont aménagé un « Coin bouff », qui leur sert à organiser des repas collectifs.

A l’intérieur de la fac, toutes les entrées ont étés barricadées en cas de déblocage sauvage de la part des anti-grève, mais aussi en cas d’intervention policière

ici, nous pouvons apercevoir la porte d’entrée coté tramway :

Une réunion de grévistes s’est tenue en parallèle afin de faire le point sur les récents évènements survenus lors de la dernière AG et de la suite du mouvement.

En effet, les radicaux du groupe de l’U.N.I (issu de groupes fascites), dont certains venus de Lyon, ont troublé le déroulement de l’AG du 31 Mars. Leur méthode est toujours la même, provocation et agitation afin de réussir à imposer le principe de vote démocratique (à bulletin secret) dans un espace de lutte qui appartient aux grévistes.
Je vous laisse le soin d’aller visiter leur site qui reste dans l’ensemble, alliance avec l’extrême droite oblige, réactionnaire et pro-Sarko l’U.N.I Saint-Étienne.

La réunion et les discussions se sont tenues dans la cour intérieure de la faculté Jean Monnet durant au moins deux heures, une bonne centaine de personnes présentes.

Voici quelques extraits de discussions et de positions des étudiants, professeurs et des trois médiateurs de l’université présentEs. Il y avait aussi de nombreuses personnes de l’extérieur qui n’étaient pas actives dans le mouvement de grève :

Une étudiante : « Si on maintient le blocage, les non grévistes diront que l’ont n’a pas respecté leur vote ».
Autre étudiante : « Ce n’était pas une AG tout à l’heure mais une tentative de perturber la grève ».

Un enseignant : « à la reprise des cours, les étudiants auront de toutes façons un rapport de force à instaurer avec leur enseignants pour qu’ils ne les évaluent pas sur des cours ayant été donnés durant la grève et surtout faire en sorte que l’évaluation ne soit pas un moyen de sanctionner les grévistes »

Un étudiant : « Au début du mouvement, personne ne se connaissait et puis au fil du blocage nous avons tous élargi notre panel d’amitié et maintenant nous sommes tous copains, les timides et les gens qui désirent rejoindre le mouvement de grève seront accueillis avec plaisir »

Une personne qui rejoignait le mouvement de grève : « J’imagine que vous allez avoir besoin de monde pour défendre la forteresse, quand faut-il venir vous aider ? »

Un gréviste : « Le blocage aura lieu comme tous les matins à partir de 7h30 ».

Prise de parole des trois médiateurs de l’université : « Nous essayons de mettre en place une réunion entre les bloqueurs et les non-bloqueurs, pour ça, nous attendons les résultats de l’AG des non-bloqueurs. Ils ont annoncé qu’ils ne débloqueraient pas la faculté par la force. Essayons de renouer le dialogue entre les deux partis pour discuter des modalités de la prochaine AG »

Les médiateurs de l’université :

Réponse des étudiantEs grévistes :
« Mais l’AG doit être décidée par ceux qui sont actifs dans le mouvement, nous n’avons pas à négocier avec des gens qui sont contre la grève », « oui et nous avons déjà perdu du temps avec Georges Gay et ça va recommencer ».

Un médiateur : « Vous devez laisser les autres s’exprimer, sinon ce n’est pas démocratique »

Une étudiante :« Dites à BOUABDALLAH de faire comme de nombreux autres présidents d’universités qui ont pris position contre les réformes, cela apaisera les tensions ».
Un étudiant : « Ce sont les gens de la présidence les irresponsables, ce sont eux qui attisent les tensions »

Un étudiant : « on à déjà fait pas mal de concessions avec les non-grévistes, s’ils veulent venir discuter sur la forme il peuvent, mais sur le fond, si c’est pour demander le vote du déblocage, ce ne sera pas possible, ce serait insensé »

Dernière prise de parole avant que les médiateurs ne s’en aillent :
« Ce qui vient d’être dit fait l’unanimité chez les étudiants grévistes, il n’y a plus rien à dire »

Une info venue de l’extérieur nous apprenait que la fausse AG de dehors avait voté le déblocage de la fac aux proportions suivantes :

    • 509 votants
    • 12 abstentions
    • 468 contre le blocage
    • 29 pour

Mais la légitimité de ce vote ne fait pas l’unanimité, le blocage est donc maintenu jusqu’au lundi 14 Avril 2009, date de la prochaine Assemblée Générale étudiante. En attendant, les grévistes appellent toutes les personnes intéressées à venir soutenir le mouvement à l’intérieur de la fac.

Dehors, suite à la fausse AG décidée par le doyen, c’est le retour à la normale, les skateurs sont redevenus les maîtres de la rue.

Voir le site UJM en lutte : communiqué des étudiants grévistes


Proposé par Harlock
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8 compléments

  • Que vous souhaiter à part du courage !

    Ne perdez pas votre énergie à répondre aux flégmards qui n’attendent des universités qu’un accès à plus de flegme, un nouveau schéma dans lequel ils ne seront plus étudiants mais salariés et dessinant une sécurité cloisonnée, protégée à nouveau par une image patriarcale qui essaiera, rassurante, d’interdire les cagoules dans les manifs, les bandes... la sécurité par le morcellement.

    Quand on a du mal à bouger ses fesses c’est qu’on croit à la démocratie alors qu’on est dirigé par une oligarchie de criminels, auréolés par des médias surpuissants.

    La flegme se manifeste aussi parfois par un discours purement intellectuel qui se caractérise par une coïncidence que le flegmard qualifiera de « naturelle », et n’a de la consistance que parce qu’un dirigeant, l’un de ses sbires « penseur » ou prétendu journaliste l’a déjà formulé à grand coup d’une rhétorique suffisamment habile pour que par flegme on se dise « quelle coïncidence, je pensais moi aussi que les grèves ça servait à rien... il doit avoir raison sur tout le reste. »

    Il faut être complètement stupide ou/et dépolitisé ou/et flegmard ou/et confortablement installé devant un écran de connerie pour ignorer que seuls les rapports de force ont déjoué les excès de ceux dont les rapports de force n’ont que très rarement la dignité d’être affichés.

    Les mouvements sociaux n’ont pas la clarté des opinions politiques argumentées, car ils ne passent pas uniquement par un raisonnement intellectuel, mais aussi et surtout par un sentiment d’injustice et le constat d’une oppression qui soulève le coeur et l’énergie capable de changer de bases. Seule la violence peut arrêter cette énergie, c’est pour cela qu’il y aura rapport de force. Les arguments intellectuels, dénués d’une telle énergie et proférés par ceux qui n’en n’ont pas sont vains, juste nuisibles car ils donnent parfois l’impression qu’on est en train de se battre pour des larves définitivement amorphes, et c’est un peu décourageant.

    Alors courage ! Nous avons de l’énergie ailleurs que dans les facs.

  • Lorsque j’envoie paître la personne ci-dessus en lui recommandant de retourner lire le Figaro, je me réfère simplement au fait que ce torchon (et il n’est pas le seul, malheureusement) a plusieurs fois qualifié les étudiant-es grévistes de « khmers rouges », référence aussi déplacée que celle à la Corée du Nord et à Cuba.

    Et je suis d’accord avec la « camarade » non-étudiante ci-dessus, si vous voulez des grêves qui ne bloquent et ne dérangent personne, vous êtes mal barrées pour obtenir quoi que ce soit (déjà que...)

  • (Je ne suis pas étudiante) Si vous dénoncez la fermeture d’esprit des étudiants, il faut aussi en même temps arrêter de penser que tous les grévistes sont un block uniforme dans lequel tout le monde penserai de la même façon.

    Pour ce qui est des opposants au mouvement de grève, il faut reconnaitre qu’il est aussi très facile de se dire contre la grève mais pas réac, pour la grève mais à condition qu’elle ne gène personne, contre la grève mais pas de droite, etc....

  • vou savez, il y a de gens qui ne sont pas d’accord ac vous. vous passez votre temps a raconter que vos « opposants » sont tous ds fachos ou des gens de droite. c un peu facile et c une preuve de fermeture d’esprit.

  • Parce que bien sûr, les étudiant-es de Tréfilerie se réclament être les dignes héritiers de Kim-il-Sung et de Fidel Castro...Retourne lire le Figaro et ne nous casse pas les burnes...(désolé, mais bon...)

  • et bien continuez a croire qu en estimant que ceux qui ne sont pas d accord avec vous ne doivent pas s exprimer
    et vous vous dites democrates
    pauvres gamins
    l avenir vous feras voir claire
    ellez a cuba ou en coree du nord montrer votre determination

  • Oui, pour être passé sur le site, ça fait plaisir de voir la fac comme ça, lorsque j’y ai effectué mon bref passage je n’aurai jamais crû qu’une telle mobilisation soit possible. LACHEZ-RIEN !

  • il est plus que jamais nécessaire de soutenir les étudiants grévistes qui il me semble sont les seuls à réellement parler d’ouverture et de convergence des luttes.De plus,les discutions proposées en parallèle avec l’université solidaire on le mérite d’exister et de tenir sur le long terme.Donc non, actuellement la faculté de tréfilerie n’est pas un de ces innombrables espaces mortifères !

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