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Publié le 24 octobre 2016 | Maj le 22 janvier 2017 | 2 compléments

FAMAS’tival : une parade colorée sous pression


Le « Forum pour le désarmement de la police et la démilitarisation des conflits » appelait, samedi 22 octobre 2016 à un FAMAS’tival. Une déambulation carnavalesque pour dénoncer la politique guerrière coloniale de la France et la répression des « indésirables » par les forces du maintien de l’ordre.

Interdite, la déambulation a tout de même eu lieu, malgré le bouclage du centre-ville, [la pression policière et médiatique dont ce forum était la cible] depuis quelques jours.

Les manifestant’es se sont retrouvé’es sur la Place Albert Thomas comme convenu. La plupart du matériel prévu pour le carnaval (masques en carton peint, banderoles, et char) était dans un camion dont des gardes mobiles ont interdit aux organisateurs et organisatrices d’accéder. Après que le cortège se soit amassé devant les forces de l’ordre pour réclamer la libération de ses créations carnavalesque, seul le char à l’effigie du Flash Ball a été rendu face au mouvement collectif.

La troupe costumée a donc tourné le dos au forces de l’ordre pour revenir devant la bourse du travail enfin, ou le rassemblement et les prises de paroles étaient prévues. Des porte-parole du forum ont pris le mégaphone, d’abord pour lire un communiqué en réaction à l’interdiction de la manifestation par la préfecture puis, clarifier leurs positions. Puis la secrétaire fédérale des Jeunes Communistes a lu un texte intitulé « Â Neutralisons la police, stoppons les guerres coloniales ». Des membres de collectifs de luttes contre les exactions policières ont ensuite pris la parole pour parler de leur combats actuels (Désarmons-les ! et Collectif 8 Juillet). Awa Traoré a ensuite pris le mégaphone pour réclamer justice pour son frère, Adama, mort pendant sa garde-à -vu d’une soi-disant asphyxie le 19 juillet dernier. L’hélicoptère de la gendarmerie faisant un vol stationnaire juste au dessus de l’attroupement durant une bonne partie des prises de paroles a rendu difficile l’écoute des intervenant’es. Malgré ce desagrement les prises de paroles ont fini par un appel à faire la fête et un beau lancé de cotillons, avant que la petite troupe ne prenne la route.

Char-Ball en tête, le cortège s’est lancé en direction de la place Chavanelle. Empruntant la rue des Martyrs de Vingré, il a rejoint l’avenue de la Libération. Direction la place Fourneyron sur fond de batucada et d’un chariot sonore. Armés de cotillons et de farine, des quelques affiches et bombes de peinture, sous un beau ciel bleu, la troupe a pris la rue Néron jusqu’au bout pour finalement déboucher sur la place Carnot. Arrivé là , tout ce petit monde a continué pour tous se retrouver devant la Cité du Design pour un grand feu de joie, brulant l’effigie de Flash Ball en carton. Sensibilisation des passants et séance photo derrière le char enflammé, il y a des traditions qu’il est bon d ne pas perdre. Et que vive le feu de Monsieur Carnaval !

Puis la joyeuse troupe a repris le boulevard urbain en suivant la direction du Clapier. Slalomant entre les voitures, le Famas’tival a tourné sur la rue du midi. Quelques manifestant’es ont rendu visite au siège local du parti socialiste d’autres éliminaient des publicités et neutralisaient des banque sur leur passage, pendant que d’autres continuaient leur déambulation. Cette parade, dans « Â des rues improbables » selon la Tribune, s’est finalement achevée à proximité de la place Jacquard, où les manifestant’es se sont dispersé’es.

Mis à part le face à face en début de regroupement, la police s’est plutôt faite discrète laissant la troupe se balader dans les rues stéphanoises. Tous et toutes les participant’es sont d’ailleurs ravis d’avoir ainsi pu découvrir les merveilleuses vues sur les crassiers de la Capitale du FAMAS. Cette parade, mi jeu de cache-cache mi festival s’est plutôt bien déroulée. Mais l’expérience le montre, même si les événements se passent sans encombres, des convocations au commissariat et autres réjouissances arriveront malheureusement surement plus tardivement. Elles aussi jouent à cache-cache.

P.-S.

1 . Nous laissons le soin aux journalistes de se repaître d’images de verre brisé, les publicités de mauvais gout et les banques voleuses ayant déjà compris le message
2. Pour des raisons de respect de la vie privée nous avons barbouillé les visages des personnes qui ne sont pas dans une position claire de « poser » pour notre photographe.


Proposé par gnatemi
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