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SAINT-ÉTIENNE  
Publié le 6 janvier 2005 | Maj le 26 avril 2020 | 2 compléments

La France Pue (re)présente : Richard Durn, Unlogistic, Stanley Kubi et Rosa Park Liiiiive ! le Jeu 27 Janvier au Kany Kaly


Oula, chargé le programme... Bien, commençons par RICHARD DURN (cf explication sur le nom plus bas). Groupe nancéen, oscillant entre crust et grind, avec quelques touches de clavier et de punk rock à 250bpm. Ils ont sorti un CD doucement nommé « Tant que la Violence d’État se nommera Justice, la Justice des Peuples se nommera Violence », avec 14 titres bien furieux.

Ensuite, UNLOGISTIC (hardcore pessimiste combatif), le plus stéphanois des groupes parisiens, nous reviennent en pleine forme après une grosse tournée en France en Novembre, pour quelques dates isolées dans la région. Pour ceux qui étaient à l’étranger ces dernières années, ils ont à leur actif 2 albums (« Hanger » LP Angrrr ! Rds 2002 et « 328 Days before the end of the world »), 3 splits EP et un EP. C’est devenu au fil des années, un des groupes incontournable de la scène hardcore qui va vite de France. Oldschool, disent ceux qui sont allés à l’école et qui ont aimé.
Ils viendront pas tous seuls, puisque (quant on parle d’« oldschool ») les STANLEY KUBI seront de la partie. Groupe complètement barré, formé d’ex-plein de trucs, avec une mandoline, une guitare, une basse et une batterie. Pour les amateur-trices de free-punk.

Enfin, ROSAPARK est le projet solo d’un nancéen apparemment nourri aux sons digitaux, mais dans leur côté le plus punk (cf D.H.R.). Préparez les boules quiès !

Tout ça (+ distros, tables de presse) au Kany Kaly (rue de la Richelandière/St Etienne) le Jeudi 27 Janvier 2005 dès 20H00

RICHARD DURN (rappel des faits : En Mars 2002 il a tiré dans le tas lors du Conseil Municipal de Nanterre -8 morts-, puis s’est suicidé le lendemain lors de sa garde à vue en se jetant par une fenêtre) :

Une petite mise au clair sur le pourquoi du choix d’un nom comme RICHARD DURN me semble nécessaire. Derrière la volonté de 4 individus de partager le plaisir de jouer, de créer une musique qui nous est propre, s’est également développée l’envie de partager plus que de la musique. Mais aussi des colères, des révoltes et des joies...

Ne cherchez surtout pas dans ce choix une quelconque idolatrie, un fan-atisme pour les Serial Killers et autres justiciers autoproclamés...

Richard Durn n’était apparemment qu’un gars paumé (parmi tant d’autres). Quelqu’un qui s’était engagé dans des luttes politiques, dans des partis pour et avec lesquels il rêvait d’un grand progrès social (et personnel). Qu’on comprenne ou non, qu’on cautionne ou non son geste, il reste surtout l’exemple de quelqu’un de frustré par sa vie, par cette société injuste, liberticide, destructrice qui l’entourait. Et cet homme a traduit ce profond malaise, ce ras-le-bol par un acte de révolte incontrôlé (et là , non pas uniquement contre le système kkkapitaliste, mais contre les manipulateurs des grands partis qui lui ont fait espérer autre chose), par un acte ultime.

Richard Durn était un désespéré, un dégouté d’une vie médiocre qui ne s’est aucunement améliorée malgré la sincérité de son engagement. D’autres auraient fini en prison, auraient été assassinés (est-il tombé tout seul ?), ce qui reste récurent dans ce genre d’affaires est qu’elle aurait mérité une meilleure analyse, compréhension (sur le pourquoi et comment d’un tel acte). Pour tout ceux/celles qui ont connu le militantisme (associatif, culturel, politique et social), n’avez-vous jamais ressenti ce mélange de sentiments contradictoires : la joie de l’implication, de créer de ses propres mains, et ensuite la frustration, la déception des faibles et maigres résultats de nos actes face à l’inertie du monde. Que tout cela n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan du conformisme, que nous sommes si peu face à un consentement généralisé et préfabriqué. Et pire, que sont nos bô discours, nos flyers, nos cailloux, nos colères, face aux armées de l’État, ses prisons et face aux crapules capitalistes de tout poil !

Le sujet « Richard Durn » aurait du susciter les questions suivantes : Pourquoi quelqu’un de pacifiste peut en venir à la violence ? 1000 fois pire, comment peut-on légitimer les violences d’état ? Pourquoi fermer les yeux et dans ce contexte l’état a-t’il encore raison d’être ? Qui sont les « terroristes » ? Le rôle des médias dans la fabrication consensuelle d’un personnage, de ses motivations... donc dans la manipulation.

NI HÉROS NI MARTYRS
ON A TOUJOURS LE DROIT DE SE RÉVOLTER

QUELQUES MOTS D’UNLOGISTIC :

« Sang gênes »

Don’t put your laundry at your balcony
It might be soiled by broken teeth
Protesting against G-8 fuck,
G-8 ! G-hate ! we’ll burn you down !
Carabinieri-fascisti !
Berlusconi-Mussolini !
Capitalism is just a new kind of fascism
G-8 ! G-hate ! we’ll burn you down !
Burn you down maybe next time.

« Wars for sale »
Fight capitalism,fight your god.
Who’s hiding behind all the crap
Who did really trapp the planet
Terrorist in white or terrorist in black
Bombing religions, fuck up yourself
I don’t wanna die
They say only lies
They want to control
They’re all motherfuckers
So let’s have a war a whole lot of war
Always disagree about it
Let’s have a war a whole lot of war
Is it your own way of knowledge ?
Fight for god,make it good
Straight on towers,make carnage
The so expected event comes
Prepare your coins,the show must go on
I don’t wanna die
They say only lies
They want to control
Fuck the governments they only want
Fucking power.Fight the power.


Proposé par silvain
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2 compléments

  • bonjour,
    je voudrais savoir quelle boite a rythme utilise « unlogistic ». je ne sais pas comment contacter le groupe car je ne comprends rien a myspace bien que j’ai reussi a ouvrir ma page. repondez moi svp

    b4thewar -at- free.fr

    et mon site
    b4thewar.free.fr

    merci

  • NANTERRE, Mardi 26 mars 2002

    Ecrire, c’est tenter d’exorciser. Quelques jours après cette épreuve, j’écris pour témoigner. Il n’y aura pas de procès. Nous, les victimes, avons pourtant besoin de nous retrouver, de parler, d’écouter, de chercher à comprendre pourquoi notre vie a basculé, et comment.

    Les lignes qui suivent sont une contribution à un travail collectif qui reste à faire pour objectiver, dire l’indicible, partager et ainsi sortir plus forts de la barbarie.

    Un Conseil Municipal somme toute banal ; des débats, plutôt sereins ; un public qui, à plus d’une heure du matin, s’est clairsemé.

    Soudain, le bruit, plusieurs fois répété. Un revolver tenu par un anonyme, sagement assis pendant plus de six heures.

    Autour de moi, des réactions en désordre : certains élus se cachent dans leur pupitre, d’autres cherchent encore un sens au non-sens, une explication rationnelle, un de mes voisins s’exclame : « Qu’est ce que c’est que ce guignol ! ».

    Et puis, le sang qui coule sur la manche de Michel ; tout bascule dans ma tête en une fraction de seconde. Réfléchir, être prêt à agir. Le type continue d’avancer, franchement, mécaniquement, son visage est vide d’expression. Le bras tendu vers mes collègues, mes copains, il tire, méthodiquement, systématiquement, lourdement. Ce bras, la boule de feu qu’il génère, m’obsèdent, je ne vois plus qu’eux, au point d’être incapable encore aujourd’hui de me souvenir précisément de ce visage.

    Est-ce que quelque chose, quelqu’un peut enrayer ce mécanisme fou ?

    Quelques cris m’arrivent dans un brouillard. Rassembler mes pensées, mobiliser ce que j’ai déjà lu, vu, entendu. Réagir, il faut réagir, il va nous tuer, tous.

    Ne pas mourir sans essayer au moins de réagir, d’être utile aux autres, ne pas accepter la fatalité. Se révolter contre le pouvoir odieux, injuste, insoutenable de ce revolver qui ne s’arrête jamais. Combat inégal mais combat parce que tout est préférable à cette fin programmée. Il continue d’avancer, inexorable, contourne le pupitre, cachette, devenue dérisoire, des adjoints, recroquevillés sur eux mêmes. L’exécution continue.

    Depuis le début, je suis accroupi entre le pupitre et ma chaise. Il tue encore. André, mon voisin, bouge. Puis silence. Le tueur porte la main sur la crosse de son arme, est-ce qu’il la recharge ?

    Je saisis ma chaise des deux mains, la jette de toutes mes forces dans sa direction et plonge sur lui. Je gueule : il faut que d’autres m’entendent, que nous soyons plusieurs, il faut faire peur à ce type, montrer que nous sommes déterminés, forts de notre solidarité.

    Patrick m’a dit depuis « j’ai reconnu la voix de Gérard qui criait : on ne va pas se laisser faire. Et je me suis relevé pour aider » et René « quand j’ai vu la chaise voler, je n’ai pas réfléchi, j’ai foncé »

    Eux, moi, ensemble, beaucoup d’autres, dans la mêlée.

    Sa main entre nos deux corps ; une deuxième arme. Il tire, il tire mais il est à terre, à genoux, gêné dans ses mouvements. Il tire encore. Des blessés, encore, mais nous serons blessés... seulement !

    Une espèce de silence, fait des plaintes de ceux qui souffrent. Une chaleur au ventre.

    La mécanique est enfin enrayée. Les secours vont arriver. Je récupère deux revolvers, les emmène dans les étages, les enferme. Etre sûr qu’ils ne tuent plus.

    Notre histoire, vous la connaissez, notre détresse, vous l’imaginez ou la soupçonnez. Aujourd’hui, aucun d’entre nous, blessé plus ou moins gravement dans son corps, n’est plus celui qu’il était, avant : une autre blessure sera certainement plus longue à cicatriser que celle de la chair.

    Cet événement va certainement bouleverser mon rapport au monde, mon interprétation de celui ci, ma vision de la vie. Pourtant, au sortir du noir de cette nuit, des valeurs auxquelles je croyais se trouvent confortées, validées par les faits.

    Ces relations, indissociables, entre individu et collectif : des individus ont été sauvés par le collectif, le collectif n’existe que par la diversité des individus, les êtres humains, qui le composent.

    Devant toute injustice, tout totalitarisme, fut-il celui de la folie, chacun d’entre nous, peut, lorsqu’il en a l’opportunité, à la mesure de ses moyens, réagir, s’élever, résister, seul et avec les autres.

    La révolte n’a pas, ne peut avoir, de limite puisque l’injustice n’en a aucune.

    Gérard PERREAU-BEZOUILLE

    Le 5 avril 2002

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