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Publié le 15 février 2005 | Maj le 26 avril 2020

Pour une inspection indépendantes des mines d’uranium au Niger


IMPORTANT : Afin de pouvoir organiser une mission d’inspection indépendante des mines d’uranium d’AREVA au Niger avec des experts scientifiques de la Criirad, le Réseau « Sortir du nucléaire » appelle les citoyens à participer à une souscription nationale en adressant leurs chèques à l’ordre de Réseau « Sortir du nucléaire », 9 rue Dumenge, 69004 Lyon, en mentionnant au dos « Mission Niger ».

A lire ci-dessous :
1 - Communiqué de presse du Réseau « Sortir du nucléaire » du 14 février 2005.
2 - Courrier du Réseau « Sortir du nucléaire » à AREVA du 14 février 2005.
3 - Courrier d’AREVA au Réseau « Sortir du nucléaire » du 4 janvier 2005.
4 - Articles de presse venant de paraître dans le journal « 20 minutes ».
Le géant français du nucléaire Areva fait face à la fronde de salariés de deux mines d¹uranium qu¹il exploite au Niger, à Arlit.

1 - Communiqué de presse du lundi 14 février 2005

Mines d’uranium au Niger : « Sortir du nucléaire » décline le financement d’Areva mais lance une grande souscription pour mener une inspection indépendante.

Au cours d’un débat télévisé, le 16 novembre dernier, le Réseau « Sortir du nucléaire » a dénoncé les conséquences pour la santé des mineurs et pour l’environnement du fait des conditions de l’extraction de l’uranium au Niger par la société Cogéma. Mme Lauvergeon, Présidente du directoire d’Areva (maison mère de la Cogéma) avait répondu par. une invitation au Niger, qui vient d’être confirmée par courrier daté du 4 janvier 2005.

Répondant ce jour à Areva, le Réseau « Sortir du nucléaire » :
- décline le financement d’Areva,
- lance une souscription afin de monter une mission indépendante d’inspection des mines d’uranium du Niger avec des experts indépendants.

Le Réseau « Sortir du nucléaire » demande qu’Areva s’engage à ne pas entraver cette mission qui doit pouvoir :
- accéder sans restriction aux site miniers exploités par la Cogéma,
- être accompagnés de représentants de la presse.

Enfin, le Réseau « Sortir du nucléaire » demande à avoir accès aux données et statistiques concernant :
- les types, durées et renouvellement des contrats de travail, mais aussi salaires, charges sociales,
- les accidents du travail (fréquence, gravité, suivi des accidentés),
- les risques de contamination (inhalation de particules d’uranium ou autre). Suivi médical.
- les doses d’irradiation reçues par les mineurs. Radioactivité dans les mines.
- le suivi médical des anciens mineurs : quel suivi, sur combien d’années, etc

Le Réseau « Sortir du nucléaire » rappelle les importantes difficultés rencontrées lors d’une première mission menée en décembre 2003 par la Criirad, qui, en particulier, s’était vue confisquer tous ses appareils de mesure.

Le Réseau « Sortir du nucléaire » appelle les citoyens à permettre l’existence de cette mission indépendante en adressant leurs chèques à l’ordre de Réseau « Sortir du nucléaire », 9 rue Dumenge, 69004 Lyon, en mentionnant au dos « Mission Niger » (*).

(*) Les dons sont déductible à 60% des impôts.

2 - Courrier du Réseau « Sortir du nucléaire » à AREVA du 14 février 2005.

à Mme Lauvergeon, Présidente du Directoire d’Areva s/c M. Saulnier, Directeur de la communication d’Areva

Objet : Invitation à visiter les mines d’uranium opérées par Cogéma au Niger.

Madame,

Nous avons bien reçu votre invitation, en date du 4 janvier 2005, à venir visiter les mines d’uranium exploitées par votre filiale Cogéma au Niger. Le Réseau « Sortir du nucléaire » a bien l’intention de se rendre dès que possible au Niger, mais en restant fidèle à sa ligne de conduite basée sur une totale indépendance.
Aussi, nous lançons ces jours-ci une grande souscription afin de monter une mission indépendante d’inspection des mines d’uranium du Niger, à laquelle nous allons inviter des experts indépendants que nous contactons actuellement.

Nous n’acceptons donc pas votre financement mais, par contre, nous vous demandons :

1) de nous assurer que cette mission pourra se dérouler normalement contrairement à la mission qu’a tenté de mener la Criirad en décembre 2003 :
« Le 3 décembre, dès leur arrivée à l’aéroport de Niamey, les représentants de la Criirad étaient fouillés - les seuls à l’être -, et leur matériel de mesure confisqué. » (Extrait du compte-rendu publié par la Criirad le 18 décembre 2003).

2) de prendre des engagements fermes en terme de transparence. En particulier, nous souhaitons :
- pouvoir accéder sans restriction aux sites miniers que vous exploitez tout en nous conformant, bien entendu, aux mesures de sécurité en vigueur.
- être accompagnés de représentants de la presse.

Par ailleurs, nous vous demandons d’ores et déjà d’avoir accès aux informations et statistiques concernant :
- les types, durées et renouvellement des contrats de travail, mais aussi salaires et charges sociales
- les accidents du travail (fréquence, gravité, suivi des accidentés)
- les risques de contamination (inhalation de particules d’uranium ou autre). Suivi médical.
- les doses d’irradiation reçues par les mineurs. Radioactivité dans les mines.
- le suivi médical des anciens mineurs : quel suivi, sur combien d’années, etc

Nous attirons votre attention sur le fait que ces demandes vous sont faites dans le but de réunir les conditions indispensables pour réaliser une inspection sérieuse.

Nous vous prions de croire, Madame, à notre engagement pour la préservation de l’environnement et de la démocratie.

Le Conseil d¹administration du Réseau « Sortir du nucléaire »

3 - Courrier d’AREVA au Réseau « Sortir du nucléaire » du 4 janvier 2005.

Areva
Paris, le 4 janvier 2005
Sortir du nucléaire
9 rue Dumenge 69000 Lyon

Copie : Christine Ockrent

Monsieur,

Au cours de l’émission France Europe Express diffusée le 16 novembre 2004, Anne Lauvergeon, Présidente du Directoire d’AREVA, vous a invité à visiter les mines d’uranium opérées par COGEMA au Niger.
J’ai le plaisir de vous confirmer cette proposition et souhaiterais connaître vos disponibilités pour organiser ce déplacement dans le région d’Arlit, où se trouvent les deux sites miniers Cominak et Somaïr.
Mon collaborateur, Charles Hufnaghel, est à votre disposition pour vous fournir les informations complémentaires dont vous souhaiterez disposer.

Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes meilleures salutations.

Jacques-Emmanuel Saulnier
Directeur de la Communication
Porte-parole AREVA

4 - Articles de presse venant de paraître dans le journal « 20 minutes ».

20 minutes - Vendredi 11 février 2005

Le géant Areva extrait de la colère.

Terrain miné. Le géant français du nucléaire Areva fait face à la fronde de salariés de deux mines d’uranium qu’il exploite au Niger, à Arlit. En cause : le respect de la santé de 1600 employés et de l’environnement dans cette région de 30000 habitants. Ce conflit a pris une ampleur suffisante pour que l¹Autorité de sûreté du nucléaire (ASN) et l¹ONG française Sherpa soient dépêchées sur place par les camps en présence, qui pour l¹heure ne disposent d¹aucune expertise indépendante à l¹appui de leurs affirmations. Récit d’un affrontement. Une ONG locale : « A Arlit, tout le monde est malade. » Dans un entretien téléphonique à 20 Minutes, le président de l’ONG locale Bouclier vivant se dit inquiet. « A Artlit, tout le monde est malade ! assure Almoustapha Alhacen. Hypertension, diabète, typhoïde, grossesses difficiles... Une partie de la faune, comme les gazelles ou les autruches, a presque disparu. Et il y a des déchets radioactifs à ciel ouvert. »

Inquiétant. Sauf que Almonstapaha Alhacen ne dispose d’aucune étude prouvant ses allégations. « Je n’accuse pas Areva de nuire à notre santé, je dénonce l’absence d’études indépendantes, les hôpitaux locaux lui appartenant », nuance-t-il. L’ONG Sherpa, présente actuellement à Arlit, appuie cette version. Sa coordinatrice, Samira Daoud, effectue son troisième séjour au Niger : « Nous avons parlé à beaucoup de monde, il ressort qu’il existe des raisons sérieuses de s’interroger sur l’origine des problèmes de santé des populations locales », assène-t-elle. Areva : « Les mêmes normes qu¹en Europe ou au Canada. » Lassée par ces accusations, Areva met en avant plusieurs arguments : ses deux hôpitaux privés bâtis près des mines dispensent gratuitement des soins à toute la population.

« C’est la région où les populations du Niger sont les mieux soignées. » L’entreprise nie farouchement toute volonté de cacher la situation sanitaire. « Nous respectons à Arlit les meilleurs standards internationaux. Les conditions de travail sont calées sur les règles suivies dans nos mines du Canada (...) et les critères de radioprotection des travailleurs sont aussi exigeants qu¹en Europe. » Ne disposant pas plus que ses accusateurs d¹étude indépendante, Areva nous a indiqué avoir sollicité l’ASN, dont les conclusions pourraient être publiées fin mars. Problème, l’efficacité de l’ASN est souvent mise en doute par les antinucléaires. Il n’est pas certain qu’elle règle le cas d’Arlit.

Stéphane Colineau 20 minutes - Lundi 14 février 2005

Areva : Sortir du nucléaire réagit

Sortir du nucléaire s’immisce dans les affaires d’Areva et de sa filiale Cogema au Niger. Ce réseau de 698 associations a indiqué à 20 Minutes qu’il lançait à partir d¹aujourd’hui une souscription destinée à financer une expédition indépendante. Celle-ci doit expertiser les éventuels impacts sanitaires et environnementaux de l’exploitation par la Cogema de deux mines d’uranium à Arlit au Niger. Une ONG locale, Bouclier vivant, réclame depuis, des mois une étude épidémiologique (lire 20 Minutes de vendredi), affirmant avoir constaté la recrudescence de certaines pathologies chez les 1600 employés des mines et les 30000 habitants alentours. Mais elle ne peut fournir de preuve scientifique. La Cogema déclare appliquer au Niger les mêmes normes de sécurité qu¹en Europe ou en Amérique du Nord. Incapable de fournir une expertise indépendante pour faire taire les critiques, Areva a convié sur place l’Autorité de sûreté du nucléaire, qui doit rendre prochainement ses conclusions. Un voyage de presse est aussi programmé, mais est en suspens en raison des bandes armées qui sévissent dans la région. Des ONG et des antinucléaires ont aussi été invités.

Stéphane Lhomme, porte-parole du réseau Sortir du nucléaire, a ainsi reçu une invitation d’Anne Lauvergeon, présidente du directoire d’Areva. Sa réponse, adressée dans un courrier daté d¹aujourd’hui : « Le réseau Sortir du nucléaire a bien l¹intention de se rendre dès que possible au Niger, mais en restant fidèle à sa ligne de conduite basée sur une totale indépendance. » S. C.

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