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Publié le 9 novembre 2020 | Maj le 17 novembre 2020

Mardi 10 novembre, toutes et tous en grève dans l’Education !


La colère est profonde. Elle s’est exprimée dès le jour de la rentrée lundi 2 novembre par les lycéen.nes d’Honoré et de Fauriel. D’autre part, la crise sanitaire a révélé les insuffisances structurelles de l’école publique : locaux inadaptés, moyens humains insuffisants. L’école publique A besoin d’un plan d’urgence de la maternelle aux universités ! Mardi 10 novembre, toutes et tous en grève dans l’Éducation !

APPEL DE L’INTERSYNDICALE DE LA LOIRE

Les organisations syndicales CGT Educ’action, SNES-FSU, SNUIPP-FSU, FNEC-FP FO et SUD éducation de la Loire, ont constaté et alerté sur l’improvisation totale dans laquelle s’est déroulée cette rentrée d’automne, tant sur le plan sanitaire avec les carences de protection des personnels et des élèves que sur la décision indigne
de réorganiser au rabais, à la dernière minute, l’hommage à notre collègue Samuel Paty.
● Nous dénonçons la suppression, lundi 2 novembre, du temps d’échange pourtant nécessaire dont avait besoin l’ensemble de la communauté éducative dans le cadre de l’hommage à notre collègue Samuel Paty.
● Nous dénonçons les communications trop tardives du Ministère et les revirements de situation de dernière minute laissant les collègues dans l’incompréhension et les contraignant à renoncer à des organisations collectivement décidées et travaillées.
● Nous dénonçons les carences de protection des agent-es liées à la propagation de la pandémie de la COVID-19. Ceci est pourtant une obligation réglementaire
et est de la responsabilité des employeurs publics qui doivent prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer cette protection. Nous demandons donc des conditions sanitaires suffisantes. En particulier, les allègements d’effectifs demandés par les équipes éducatives doivent être mis en place.
La situation actuelle nécessite la présence massive et urgente de personnels dans les écoles, collèges, lycées.
C’est pourquoi nous demandons de procéder dès à présent au recrutement de personnels, en particulier en ayant recours aux listes complémentaires des concours, et en réabondant les listes complémentaires lorsque cela s’avère nécessaire ainsi qu’à la titularisation des contractuel-le-s.
Nous exigeons également que les collègues vulnérables ou vivant avec des personnes vulnérables soit placé-e-s en ASA afin de les protéger.
● Plus largement, nous dénonçons l’absence de dialogue social au sein de l’Education Nationale et le mépris de l’institution.
Nous constatons que les revendications pourtant légitimes des personnels sont systématiquement niées par le Ministre. Au contraire, nous assistons à l’imposition de mesures éducatives rétrogrades et néfastes pour les élèves et les collègues, et ce, contre l’avis unanime des personnels.

C’est pourquoi la CGT Educ’action, le SNES-FSU, le SNUIPP-FSU, la FNEC-FP-FO et SUD Éducation de la Loire appellent l’ensemble des personnels, titulaires et contractuel-le-s, à faire grève le mardi 10 novembre. Nous appelons les équipes à se réunir dans leur établissement afin de rédiger des revendications propres au contexte actuel ou, plus largement, pour imaginer et améliorer l’École d’après. Une action est organisée de 10h à 12h devant la DSDEN de la Loire, 11 rue des Docteurs Charcot, Saint-Étienne. Cette action a fait l’objet d’une déclaration officielle en Préfecture. Les organisations syndicales présentes recueilleront les revendications des équipes afin de les porter au DASEN.

Compte tenu de la situation sanitaire, nous appelons tous les participant-e-s à
respecter les gestes barrières et le port du masque. Concernant l’autorisation de déplacement, munissez-vous de l’attestation de déplacement dérogatoire et cochez la case « déplacement entre le domicile et le lieu d’exercice de l’activité professionnelle ». De plus, nos justificatifs de déplacements professionnels mentionnent explicitement la DSDEN. La préfecture nous informe qu’aucun déplacement en cortège des établissements jusqu’au rassemblement ne sera possible.

APPEL DE LA CNT ÉDUCATION

L’école publique a besoin d’un plan d’urgence de la maternelle aux universités

La colère est profonde. Elle s’est exprimée dès le jour de la rentrée lundi 2 novembre, sans tenir compte des injonctions contradictoires du ministre. C’est exceptionnel. Plusieurs collectifs de personnels, profs et vie scolaire dans les collèges et lycées, ont pris le temps nécessaire pour rendre un hommage digne à notre collègue assassiné, refusé de reprendre les cours ou organisé au mieux l’accueil des élèves dans un contexte sanitaire devenu anxiogène. Mardi 3 novembre, ce sont les lycén·ne·s qui ont pris le relais pour dénoncer un protocole sanitaire inapplicable. A Paris, en banlieues, en régions, ils et elles ont bloqué leur établissement. Droit de retrait, grèves se sont ensuite multipliées. Jeudi 5 novembre, plusieurs rassemblements étaient organisés devant les directions académiques…

La novlangue du ministre est devenue insupportable. Ses larmes de crocodile quand nous sommes sous le choc de l’assassinat de Samuel Paty ; son silence quand Christine Renon nous a quitté·e·s ; son mépris quand il charge ses recteurs de sanctionner les collègues qui se mobilisent contre la casse organisée de l’école publique (loi Blanquer, réformes des lycées pro et généraux, du bac, Parcousup, loi sur la recherche) ; sa violence quand il accepte la matraque ou l’humiliation des lycéen·ne·s qui s’opposent à ces mesures ; ses discours empruntés à l’extrême-droite quand il ose défendre la République…
Cela suffit.

La crise sanitaire a révélé les insuffisances structurelles de l’école publique : locaux inadaptés, moyens humains insuffisants.

L’école publique a besoin d’un plan d’urgence : de la maternelle aux universités.

Jeudi 5 novembre, dans un courrier électronique envoyé aux chefs d’établissement, si Blanquer donne son accord pour l’organisation de demi-groupes dans les lycées, s’il annule également les épreuves communes du nouveau bac, les E3C, pour cette année scolaire, il ne renonce pas au développement de « l’école numérique » en maintenant l’obligation de « 50% d’enseignement » en « distanciel », comme il aime à qualifier cette école qui n’en est plus une et qui accroît les inégalités. Pour les collèges, les demi-groupes sont encore refusés. Rien n’est annoncé pour les écoles.

Depuis mars, rien n’a été vraiment préparé ou organisé. Rien n’a été vraiment engagé pour anticiper la reprise de l’épidémie :

  • pas de recrutement de personnels afin d’alléger les effectifs des groupes classes. C’est la seule logique comptable quant à la rentrée des fermetures de classes ont été imposées dans le primaire ;
  • pas d’embauche de personnels de toutes catégories à la hauteur des besoins : agents d’entretien, AED, AESH, médecins et infirmiers scolaires, assistantes sociales.
  • aucun travail d’aménagement des locaux…

Pour Blanquer, pour Macron, l’école reste une garderie nationale, la garderie du Medef !

Exigeons un plan d’urgence avec :

★ le recrutement d’enseignants et enseignantes, à commencer par les candidat·e·s admis·e·s sur les listes complémentaires des concours ;
★ des embauches de personnels de toutes catégories à la hauteur des besoins : agents d’entretien, AED, AESH, médecins et infirmier·e·s scolaires, assistantes sociales, services de médecine de prévention ;
★ la mise en place immédiate d’une réduction des effectifs dans les établissements pour limiter les brassages ;
★ un aménagement en conséquence des programmes et du calendrier des examens, comme cela a commencé à être fait pour les 3 sessions d’épreuves d’E3C ;
★ La suppression du jour de carence ainsi que la reconnaissance de la COVID-19 en tant que maladie professionnelle.
Toutes et tous en grève mardi 10 novembre !

APPEL DE LA CNT-SO

Rentrée catastrophique : trop c’est trop ! Pour notre santé et celle du service public d’Éducation : dégageons Blanquer !

Les mobilisations s’enchaînent dans les établissements depuis la rentrée. Blanquer est aujourd’hui sur la défensive, miné par une gestion de plus en plus chaotique du ministère qui choque bien au-delà des personnels. Le silence médiatique commence à se briser.

Le rapport de force doit encore monter avec la grève nationale du 10 novembre : soyons nom­breux·euses !
Contre un ministre autoritaire, en roue libre !

Non content de jouer au chef de pacotille, multipliant les coups de menton inefficaces et hors de propos, Blanquer montre surtout son incompétence et l’impréparation totale de la deuxième vague. L’imbroglio des consignes ministérielles du week-end de la rentrée a littéralement sidéré les personnels. L’hommage à Samuel Paty au rabais, la mise en insécurité et le mé­pris pour les personnels, un protocole à mettre en place dans l’urgence, tous ces éléments provoquent un véritable choc dans le monde de l’éducation…
Aux lycéens et lycéennes se mobilisant pour interpeller les pouvoirs publics sur leurs conditions de scolarité (classes bondées, cantines clusters, bahuts transformés en Fort Knox...) la seule réponse du ministre est : coups de matraque, lacrymo et garde à vue. La répression frappe aussi les personnels. Mercredi 4 novembre, nous apprenions les lourdes sanctions infligées aux 4 collègues de Melle, suite aux mobilisations du printemps, en dépit des décisions des CAPA disciplinaires.
Face à cette violence et à l’insécurité organisée par l’État et l’administration, la démission du ministre s’impose !
Pour un protocole sanitaire renforcé !

Pour les personnels, il est évidement impératif de maintenir le lien éducatif avec les élèves mais si Blanquer lâche du lest sur les lycées c’est que les conditions ne sont absolument pas réunies pour travailler sans exposer les personnels et les élèves au COVID 19, mettant en danger la santé publique. Le système scolaire n’est pas hermétique au virus et le protocole dit renforcé n’est pas à la hauteur, à l’image du ministre. Le mettre en place « si possible » signifie ne pas l’appliquer dans bien des cas ! Comme il était prévu dans le plan de "continuité pédago­gique", il faut une adaptation immédiate du système scolaire à la circulation intense du virus avec une organisation en jauge réduite et des demi-groupes qui ne se brassent pas entre eux. Pour sortir de la cacophonie ambiante, ce protocole doit être applicable à tout le système scolaire !
Pour l’investissement dans l’éducation !

Nous dénonçons toujours l’impréparation matérielle et l’absence d’anticipation pour la continuité pédagogique dans des conditions restreintes d’accueil : pas d’embauche massive pour permettre l’accueil en petits groupes (au contraire, des postes en moins dans le secondaire), pas de mesures particulières, en lien avec les collectivités pour améliorer les condi­tions matérielles (sanitaires, tables individuelles…), un investissement informatique limité à 2000 ordinateurs pour la « continuité pédagogique ».
Les difficultés actuelles sont le résultat des attaques passées contre le service public d’éducation. Nous nous heurtons depuis des années à l’austérité budgétaire, les attaques contre l’École nous ont considérablement fragilisé·e·s : face à l’imprévu l’édifice est au bord de l’écroulement ! Un plan d’urgence pour l’éducation est urgent !

Le 10 novembre notre réponse doit être collective ! La fédération CNT-SO Éducation et Recherche demande :

  • Dédoublement de toutes les classes avec emploi du temps adapté soit l’application immédiate de la phase 1 du plan de continuité pédagogique sur tout le territoire et de la phase 2 (fermetures des établissements), dans les zones les plus affectées par l’épidémie
  • Renforcement du protocole sanitaire national
  • Distribution gratuite et port du masque pour tous les élèves dès le primaire
  • Fourniture de masques FFP2 pour les personnels de santé et AESH
  • Plan de recrutement massif de personnels
  • Plan d’investissement matériel pour les établissements, en lien avec les collectivités
  • Plan d’équipement informatique pour les élèves et personnels
  • Campagne systématique de dépistage préventif des personnels
  • Télétravail ou ASA de droit pour les personnels vulnérables, sur avis médical
  • Suppression du jour de carence
  • Indemnisation à 100% du congé garde d’enfant, de droit, pour les parents

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