Actualité et mémoire des luttes à Saint-Étienne et ailleurs
ANALYSES ET RÉFLEXIONS ÉCOLOGIE - NUCLÉAIRE / MOBILISATIONS - LUTTES
SAINT-ÉTIENNE  
Publié le 2 février 2024 | Maj le 14 février 2024

Laisse béton !


Dans le cadre de l’appel international à des journées d’actions contre Lafarge et le monde du béton, des militants se revendiquant des Soulèvements de la terre du Furan ont mené une action de désarmement (et non pas de réarmement) le dimanche 21 janvier sur le site Lafarge rue Jean Huss à Saint-Étienne.

  • Communiqué du comité de soutien aux 17 interpellé-es du 8 avril 2024, suite à l’intrusion sur le site Lafarge de Val-de-Reuil (Eure)

    Ce lundi 8 avril, au petit matin, 17 personnes ont été perquisitionnées puis interpellées, parfois de manière très violente, à Rouen, en Normandie, et en région Parisienne. Après plus de 60h de garde à vue, elles ont finalement été libérées entre le mercredi 10 et le jeudi 11 avril. La procédure policière visait le surgissement, le 10 décembre 2023, d’une centaine de militant-es écologistes sur une centrale à béton Lafarge, à Val de Reuil dans l’Eure, a l’occasion des Journées d’action face au béton appelées par plus de 200 organisations partout en France et en Europe.

    Suite à cette opération de répression massive, 9 personnes comparaîtront en juin devant un tribunal dont 5 soumises à un contrôle judiciaire, avec les chefs d’accusation suivants : association de malfaiteurs, dégradations, et séquestration. 8 personnes ont également été libérées avec un classement sans suite, soit près de la moitié des arrestations, preuve s’il en fallait de la faiblesse des accusations portées en comparaison avec la brutalité de la procédure. Brutalité aveugle, comme en témoignent les erreurs d’adresse de la BRI qui a traumatisé au moins deux familles dans la matinée du 8 avril.

    « Le nombre significatif de classements sans suite dès la fin de la garde à vue atteste de la faiblesse de l’enquête et des preuves recueillies. Il est très inquiétant que des personnes aient pu être soumises à des interpellations spectaculaires menées par la BRI, des perquisitions de leur domicile et des gardes à vue de 3 jours à la SDAT sur cette seule base », considère Maitre Chloé Chalot, l’une des avocates des interpellé-es. Toute cette affaire illustre encore la tendance à confier à des services d’enquête sur-qualifiés ce qui relève de l’action politique, dans une fuite en avant de plus en plus injustifiable. Les moyens de l’anti-terrorisme ont une nouvelle fois été déployés pour criminaliser des activistes écologistes, alors même que toute la procédure se situe sous le régime du droit commun depuis le début. Ce régime d’exception semble devenir la norme pour un gouvernement prêt à toutes les dépenses répressives pour masquer sa participation active dans la catastrophe écologique.

    « Pendant que nous attendions jeudi la libération des personnes retenues au tribunal de Évreux, encadrés par une présence policière démesurée, le gouvernement annonçait une dérogation à la loi Zéro Artificialisation Nette pour 424 projets industriels et logistiques, livrant ainsi 12 000 hectares au béton », témoignent des membres du comité de soutien aux 17 interpellé-es du 8 avril. « La stratégie de la terreur que voudrait imposer une police au service des intérêts des bétonneurs ne nous fera pas oublier que la France a été condamnée pour inaction climatique, et que la multinationale Lafarge est mise en examen pour crimes contre l’humanité. On voudrait nous terroriser par ces procédures, mais ce qui est terrifiant c’est l’incurie et le cynisme d’une classe politique complètement aveugle à l’urgence et soumise aux intérêts privés. » Une classe politique prête à instrumentaliser la répression policière.

    « La lecture de l’audition du vigile prétendument séquestré permet d’apprendre qu’il est resté 15mn de plus dans le réfectoire suite à sa pause déjeuner, en raison de la présence des militants sur site. Il a ensuite pu sortir de la pièce librement. Cette description est assez éloignée de l’image de la séquestration qui a été répandue dans les medias pour construire une image de dangereux et violents activistes », détaille Maître Chloé Chalot. Le Ministre de l’intérieur, qui il y a un an envoyait ses quads et ses grenades sur les manifestant-es à Sainte Soline avec la volonté de mutiler et blesser, voudrait faire passer les opposant-es politiques pour des criminel-les. Mais la violence se trouve du côté des attaques incessantes de l’État qui détruit et déroge à toutes les mesures de protection de la santé et de la biodiversité, saccage les terres agricoles et naturelles en imposant partout des projets d’infrastructures logistiques et industrielles, casse méthodiquement les acquis sociaux et persiste à soutenir des dizaines de projets routiers du siècle dernier pour alimenter la machine productiviste.

    « Malgré la violence et l’ampleur des moyens de surveillance et de répression employés pour faire plier les contestations, l’évidence semble de plus en plus partagée et les actions visant un modèle de production dont la sortie doit être accélérée se multiplient et se propagent partout avec vitalité », poursuivent les membres du comité de soutien aux 17 interpellé-es.

    Le comité de soutien aux 17 interpellé-es du 8 avril, convie à un rassemblement le 27 juin devant le tribunal d’Évreux pour soutenir les personnes en procès, et invite à participer et à partager la cagnotte de solidarité mise en place : https://www.helloasso.com/associations/alternatiba-rouen/formulaires/3

    Contacter le comité de soutien : comitesoutien8avril chez riseup.net

Faut-il encore prouver la légitimité de nos actions ? En ce début de XXIe siècle, la crise climatique et les perspectives d’avenir tragiques qui l’accompagnent ne relèvent plus de la croyance, mais de l’évidence. La science mesure la dégradation des écosystèmes, la perte de biodiversité, elle prévoit aussi les conséquences désastreuses du réchauffement climatique que nos activités ne cessent d’empirer. Nous ne pouvons plus ignorer notre responsabilité face à la destruction du vivant. En tant qu’humanité, les systèmes que nous encourageons ne sont plus seulement criminels, ils deviennent suicidaires. Nous appartenons au vivant que nous sommes en train de détruire. Ainsi c’est à une perte totale de sens que nous assistons. À l’heure de la catastrophe, à quoi bon continuer ?

On entend beaucoup que les militant‧es écologistes incarneraient « la nature qui se défend ». Peut-être y a-t-il en cet endroit une nuance à apporter. Il ne s’agit pas de nous proclamer les portes-parole d’une nature qui serait sans voix. Lorsqu’une forêt brûle, qu’une espèce s’éteint, qu’un glacier disparait, c’est déjà un langage, c’est déjà un avertissement que nous sommes toutes et tous en mesure de comprendre.

Nous ne savons pas mieux, nous ne sommes pas plus clairvoyant‧es, nous avons simplement fait un choix : celui de ne plus accepter que cette voix ne soit pas entendue. Dans une posture d’humilité, nous avons choisi de mettre nos discours et nos actes au service du vivant dans son ensemble, en connaissance des risques encourus.

Le discours qui voudrait montrer les militant‧es écologistes comme des marginales‧aux se dressant contre le reste du monde est faux. Une telle dichotomie n’existe pas. Nous sommes toutes et tous concerné‧es, et si nous en appelons à la responsabilité collective pour essayer de limiter les dégâts, nous en appelons surtout à la responsabilité de quelques-uns, ceux qui décident, qui possèdent le pouvoir, et qui ont par-là la possibilité de permettre un changement radical.

Nous ne sommes que des lanceur‧euses d’alertes. Mais que faire lorsque nos revendications ne sont pas écoutées ? Quelles armes reste-il une fois les discours épuisés ? Face aux choix délibérément climaticides de nos dirigeants, il ne nous reste que l’action directe.

Ce sont des tentatives de résistance, qui fleurissent à travers le monde et s’emploient à mettre à mal un système qui nous mène au désastre. Ainsi, alors qu’ils essayent de nous soumettre par la peur et la répression, nous en appelons à une justice qui dépasse le cadre de la loi, car il est aujourd’hui légal pour les grandes entreprises de compromettre les conditions de vie sur Terre.


Proposé par lsdt42
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