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Publié le 28 octobre 2005 | Maj le 14 juin 2020

A propos de Ceuta et Melilla...


Cet article a été écrit en majorité à partir de traductions. De nombreux mots ont été rajoutés pour agrémenter le texte.

Comme ses camarades européens, l’Espagne est un pays démocratique et civilisé, et il lui est nécessaire de se dédouaner du sale boulot des déportations en appelant les sous-fifres marocains.

L’Espagne se doit de faire des déportations « proprettes », enfermer des sans papiers dans les salles blanches sous vidéo-surveillance des aéroports espagnols, avec pratiquement pas d’eau et de nourriture et des raclées qui ne laissent « aucune trace visible ». Pour l’opinion publique c’est plus humain. Il y aurait donc la bonne école de la déportation (CEE, USA, Canada, Australie) ceux qui utilisent des moyens légaux pour assassiner et blesser... et les autres, les mauvais élèves pas très humanistes comme le Maroc... et Zapatero clame à qui veut l’entendre son « alliance des civilisations » et il s’indigne sur les victimes des frontières et des états.

Curieusement et tout simplement le/a citoyenNNE lambda est un peu moins stupide que l’on tend à le penser. On les voit sur les écrans préoccupéEs par la situation. Et les solutions qu’ils proposent sont démocratiques « qu’ils les renvoient tous dans leurs pays, au Maroc ou ailleurs », « il faut renforcer la loi sur l’immigration », certainEs intellectuelLEs de salon affirment que l’on doit aider les pays d’origine des migrantEs, etc....en vérité ces gens se réjouissent de la mort de ces personnes victimes du capitalisme et de l’état.

Lamentable population celle qui oublie son passée, cependant, il semble que beaucoup ont oublié qu’à d’autres époques c’était nous qui marchions vers d’autres états, car ici, le futur était très sombre... Allemagne, Suisse, France, Argentine... Aujourd’hui les rôles sont inversés, mais dans les états riches, ils ne sont pas les bienvenuEs et la mort quotidienne d’immigrantEs le démontre avec une constance redoutable.

Nous oublions que ces situations lamentables trouvent leurs sources dans le colonialisme et le post colonialisme pour lesquels des continents entiers ont souffert d’un implacable pillage au profit de la civilisation occidentale.
Le grand pillage a commencé avec la découverte de l’Amérique, il y a plus de 500 ans. Célébrer cette date et Christophe Colomb, c’est célébrer l’anniversaire d’un génocide de millions d’individuEs au profit du capitalisme : l’esprit d’entreprise était né [1]. Au 19° et au 20°ème siècle, l’Afrique a été le butin qu’il fallait se répartir. On a spolié tout ce que l’on pouvait et lorsque l’on a quitté les colonies, on s’est assuré que ces gens puissent vivre dans des conflits permanents (ethniques, religieux...) avec pour seul objectif le contrôle absolu sur les ressources et la main d’oeuvre bon marché. Il n’est donc pas étrange que ces gens désirent venir en Europe. Ils/elles vivent avec le rêve d’une Europe faite de richesses et d’opportunités.
A peine arrivéEs, ils/elles prennent conscience qu’ils/elles occuperont les couches les plus basses de la société : laveur de voitures, prostituées, tout le sale boulot que les gens d’ici ne font pas. Et bien évidement, c’est dans ces emplois que ces personnes sont ultras compétitives sur le marché du travail. Cruelle ironie que les lois du marché : plus il y a de travailleurs/euses dans un secteur, plus les salaires sont bas et pires sont les conditions sociales où tout est soigneusement étudié pour le bénéfice des exploiteurs. Ils/elles continuent à vivre dans le besoin, dans la course au contrat de travail. A défaut d’être déportéEs, ils/elles seront asserviEs et victime d’un racisme certain.
Dans une autre galaxie, on aurait pu espérer que « les gens d’ici » se solidarisent avec les gens « étrangers » pour se battre contre l’ennemi commun : l’exploitation. Mais la réalité est toute autre : le peuple les considèrent comme les brebis galeuses à l’origine de tous leurs maux, mais les entrailles du système on ne préfère pas y penser, c’est trop risqué. Avant de devoir se prostituer et s’humilier sur le marché du travail, beaucoup de migrants se tournent vers la petite délinquance. Vu que voler des banques c’est quand même difficile et dangereux, il vaut mieux choisir les petits braquages de la vie de tous les jours, au grand dam des petits vieux et des petites vieilles et des secteurs bien garnis.
On déteste l’immigrantE parce qu’on le considère comme une menace. Des palissades et des murs sont construits pour séparer les populations et les mondes différents du tiers monde de là-bas, du monde des « opportunités » d’ici.

Mais oui, monsieur Zapatero a beau parler de l’alliance des civilisations, il n’est rien d’autre qu’une marionnette de plus dans le grand cirque politique, défenseur des intérêts capitalistes et autoritaires. Des pays pauvres qui deviendraient riches, faisant des matières premières et des produits finis plus chers, avec une main d’œuvre toujours mieux payée auraient pour conséquence l’effondrement du niveau de vie du premier monde dans ce système pervers de bénéfices.

Les gens de ces pays veulent venir vivre au Nord car on leur a dit qu’ici on vit bien - rien de plus qu’une espérance gratuite pour éviter les tensions sociales. Quand ils tentent ce voyage nourris de rêves beaucoup meurent, s’ils atteignent l’objectif, c’est en perdant le peu qu’ils ont dans la mafia des trafics humains.
Les personnes ne sont que des marchandises, à la merci d’honorables citoyens qui profitent des bénéfices de ce trafic.
La vie d’immigrantE est triste et bien meilleure est la vie d’une grande partie de la population qui s’accommodent de cette situation pour suivre le jeu politique mortel de la démocratie.

Alors parlons des ONG, ces héroïnes de la société civile, ou comment l’aide à la misère n’a pas pour but de supprimer la misère, mais plutôt faire du marketing misérabiliste depuis un écran de télévision ou une boîte aux lettres, jusqu’à un fauteuil installé en toute sécurité.
Est-ce bien utile de s’attarder sur les décomptes macabres de déportéEs et de mortEs comme le font ONG, médias et autres statisticiens de la souffrance ?
Faut-il considérer Ceuta et Melilla comme des faits isolés, distincts de toutes les autres tentatives de passages des migrants, des assassinats et des déportations aux portes de l’Occident ? Rappelons les milliers de mortEs naufragéEs sur les plages européennes que le citoyen semble redécouvrir à chaque fois aux infos, rappelons les déportations de sans papiers dans les aéroports de bourgeoisieland. Et rappelons encore les personnes mortes, pardon, assassinées en tentant de traverser le désert de l’Arizona s’étendant sur 3200Km de la frontière Mexique/Etats-Unis (ou états unis dans la barbarie). Là -bas aussi, l’Etat va renforcer une fois de plus ses frontières par un mur parce que "les citrons comme les noirs, c’est bien connus, ça ne fait qu’augmenter les impôts" (et le budget alloué aux travaux d’une frontière les fait baissés). Et pour être encore plus citoyen que con, des bandes de civils américains, les Minutemen Civil Defense Corps font des expéditions punitives dans le désert afin de « presser du citron » avant de les réexpédier chez eux. Quelle différence ?

Mais à qui profite encore le juteux marché de la misère... ?

Et ces chauffeurs de bus qui se sont rendus complices du système international des déportations ?
Peut-être est-ce déplacé qu’une européenne avec un toit pour vivre et un mi-temps pour manger, condamne un marocain sans une thune, d’exécuter son travail de chauffeur de bus. Mais plutôt crever que d’intégrer l’armée, la flicaille, les matons, les vigiles, le gouvernement, le patronat, ou les équipes de chauffeurs/pilotes pour déportations. Oui plutôt crever ! Certains/aines diront qu’ils n’ont fait que leur travail de pauvre chauffeur de bus avec pour tout solde un salaire de misère, qu’ils ont besoin de manger et de nourrir leur famille. Mais les nazis aussi avaient besoin de manger et de nourrir leur famille. Au fait, ne serait-ce pas les nazis, qui se sont illustréEs dans les déportations d’humains en employant leurs sous-fifres français, flicaille, conducteurs de trains...

Et ces entreprises si discrètes qui protègent les citoyens et le patronnat de la petite délinquance, elles investissent dans le désert australien... dans des centres de rétention/ camps de concentration nouvelle époque.
Pour ne citer que Group 4 Falck [2], petite entreprise luxembourgeoise et leader global de la surveillance, née de la fusion entre Sécuritas (made in Luxembourg) et Falck (made in Danemark). Group 4 Falck est enregistré dans les trente premiers employeurs du Luxembourg avec un total de 900 employéEs et comme premier propriétaire de centres de rétention en Australie. Quand à sa présence en France, Group 4 Falck, c’est le regroupement de Euroguard, Eurovaleur, Vardel, Iffis et SGO soit 7000 employéEs citoyens/nnes modèles qui vivent eux aussi de ce juteux commerce et 183 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Il y a tellement à détruire...

A visiter : www.migreurop.org/img/pdf/camps-fr.pdf

Michus or die et Païpaï

Nous sommes tous/tes à un certain moment illégaux/ales.
Pour la destruction de tout ce qui nous transforme en esclave !
Corps répressifs assassins.

Notes

[1Brûlons les livres d’histoire-géo de l’éducation nationale : à lire Les veines ouvertes de l’Amérique Latine de l’uruguayen Eduardo Galeano. Accessible, précis, une véritable réappropriation de l’Histoire.

[2Group 4 Falck : une petite visite du site Internet est intéressante, pour se tenir au courant du dernier catalogue.


Proposé par raoule
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