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Publié le 26 décembre 2022 | Maj le 5 janvier 2023

Evîn Goyî, Mîr Perwer, Abdurrahman Kizil : trois portraits


Mîr Perwer, artiste profondément engagé en faveur d’une identité kurde libre, était un adepte du martyr Hozan Serhad. Il exerçait son art pour défendre un avenir libre et faisait partie des artistes kurdes qui ont dû prendre la route de l’exil depuis leur pays en raison de leur attachement à leur langue et à leur culture.

Evîn Goyî (Emine Kara) était originaire du Botan. Sa vie a été telle un résumé de l’histoire de la lutte pour la libération au Kurdistan. Elle était l’une des pionnières du mouvement des femmes libres kurdes. Son nom était Evîn, ce qui signifie amour.

Abdurrahman Kizil a lutté pendant 40 ans. C’était un welatparêz du Kurdistan. Il était l’un des premiers apoïstes [militant des idées de d’Abdullah Öcalan] de Qaqizman. Abdurrahman a vécu selon ses convictions, il est tombé martyr dans la lutte pour la liberté.

Nous publions trois portraits des victimes de l’attaque terroriste du vendredi 23 décembre à Paris, publiés par Yeni Özgür Politika, traduits et édités par Serhildan.

Son art en défense d’un avenir libre

Mîr Perwer était son nom de scène, Şirin Aydın son nom de naissance. Cet homme, tombé martyr lors de l’attaque armée à Paris, avait grandi avec les mélodies des dengbêj (conteurs chantants) kurdes dès son enfance. Il était un artiste kurde fermement engagé dans les valeurs artistiques de libération créées par le PKK.

Mîr Perwer est né en 1993 dans le quartier de Gimgim à Mûş [tout au nord du Kurdistan]. Dans les années 90, sa famille a été contrainte de migrer vers le centre de Mûş en raison de l’oppression de l’État turc.

Dès son enfance, il s’est consacré à son pays, le Kurdistan, et à la musique kurde. Il s’est opposé au système scolaire en Turquie et a quitté l’école, ne voulant pas étudier dans celle du colonialisme. Il a néanmoins réussi à s’instruire par ses propres moyens.

En apprenant à connaître la lutte pour la libération du Kurdistan, il a appris à mieux se connaître lui-même. Il a pris le martyr Hozan Serhed [1] comme exemple dans son travail pour la culture et l’art kurde contre les politiques d’assimilation.

« Mîr Perwer faisait partie de ces artistes kurdes qui ont dû prendre la route de l’exil à cause de leur attachement à leur langue et à leur culture. »

Mîr Perwer est devenu l’une des voix de la musique kurde. Il a été arrêté par l’État génocidaire turc pour son travail. Il a passé plus de 4 ans en prison. Pendant son emprisonnement, sa conscience de la réalité des gens et de son identité propre s’est approfondie. Il a transformé la prison en un lieu de production et y a écrit nombre de ses chansons.

Fin 2018, à sa sortie de prison, il s’est davantage concentré sur ses œuvres artistiques. Sa première œuvre s’appelle « Bajar ». Cette chanson a été très appréciée par le public. Il a aussi participé activement à soutenir la campagne électorale du HDP de 2018 à Mûş. En 2021, lorsque l’État turc occupant a condamné Mîr Perwer à 18 ans de prison, il a dû partir pour l’Europe. Il a continué son combat là où il l’avait laissé et a continué avec la même attitude politique et position artistique à Paris. Quelques jours avant de tomber martyr à Paris, il chantait à l’anniversaire du PKK à Rennes.

Jusqu’au moment où il a perdu la vie, il a été un combattant de la liberté de son peuple et de la musique kurde.

Evîn a lutté pendant 34 ans sans répit

Heval Evîn est née en 1974 dans le village de Hilal, dans le district de Qilaban de Şirnex [Shirnak], près du mont Herekol. Comme lui, elle était majestueuse et rebelle. Le réveil de la société kurde, provoqué par l’action du 15 août menée par Mahsum Korkmaz marqua également le début d’une nouvelle vie pour Evîn.

Enfant, Evîn est exposée aux incendies de villages par l’État turc, à l’oppression et à la torture. Après cela, elle décide de se battre pour la liberté de son peuple. Elle se rend dans les montagnes en 1988. Elle développe l’intime conviction que la liberté de la société kurde sera le résultat de la libération des femmes. Elle combat le colonialisme turc dans tous les villages de Botan et de Zagros. Pendant 34 ans, de Herekol à Raqqa, de Shengal à Paris, elle mène une lutte acharnée et sans répit, une lutte glorieuse.

Evîn Goyî est blessée lors de la guerre contre Daesh au Rojava. Elle vient alors en France pour se faire soigner. Là, sa demande d’asile lui est refusée à cause de sa participation à la lutte armée au Kurdistan.

P.-S.

La suite de cet article à lire sur le site serhildan.org


Proposé par malina
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