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PALESTINE  
Publié le 4 décembre 2003 | Maj le 13 décembre 2020

[Compte-rendu de voyage] Encore un article sur la Palestine ?


Et pourtant ! Tout ce que j’avais vu dans des films, des reportages, tout ce que j’avais lu dans différents articles, tout ce que j’avais entendu soit directement par des témoins, soit dans des conférences, tout cela ne peut remplacer une confrontation de visu avec cette situation.
L’idée d’un séjour sur place trottait dans ma tête depuis plusieurs semaines. Le contact a été facilement établi avec des personnes ayant séjourné plusieurs semaines et connaissant bien les possibilités sur place.

La CCIPPP (Campagne Civile d‚Information pour la Protection du Peuple Palestinien) organisait une journée de présentation avec un groupe.

J’arrivai à Jérusalem (Al Quds, en arabe) et passai donc quelques jours à « visiter » quelques quartiers de la ville israéliens. Ce qui m’a frappé dans la vieille ville : malgré la diversité tant vestimentaire, que culturelle (curés en soutane, juifs habillés en noir, popes orthodoxes, musulmanes avec leur foulard,...), ces populations vivent les unes à coté des autres sans beaucoup se mélanger.

Le quartier juif, habité principalement par des juifs orthodoxes américains, ressemble à un blockhaus avec ses immeubles rebâtis suite à leur destruction pendant la guerre de 1947. Avec leurs églises respectives, les quartiers chrétien et arménien sont surtout des lieux touristiques et résidentiels. Quant au quartier musulman, il est de loin le quartier le plus populaire avec ses échoppes, ses restaurants, ses activités vivantes. Les quelques rares habitants juifs qui y séjournent (Sharon y possède une maison : provocation ? ) se déplacent à plusieurs et avec une arme très visible, malgré les nombreux militaires et les policiers dans cette partie de la ville.

L’accès à l’Esplanade des Mosquées (avec sa mosquée Al Aqsa et le Dôme du Rocher) qui surplombe le « Mur des Lamentations », se fait sous contrôle de la police israélienne. Notamment pour la prière des vendredis durant le Ramadan où l’armée et la police israélienne bouclent l’accès à la vieille ville pour refouler tous les jeunes musulmans habitants Jérusalem tandis que seuls les Palestiniens des Territoires Occupés de plus de 45 ans ont été autorisés à franchir les différents barrages (check point) précédents Jérusalem. 25 000 musulmans et musulmanes se sont réuni-e-s pour le 1er vendredi du Ramadan de cette année.

Les quelques autres quartiers que j’ai visité, m’ont rappelé une ville occidentale banale, mais avec une présence militaire et policière très importante. De nombreux vigiles hommes et femmes, mal payé-e-s, d’après un article paru dans le Monde, il y a quelque temps, fouillent les sacs à toutes les entrées des bars, magasins et restaurants.

Nous nous joignons à une action organisée par Tayush (qui signifie Vivre ensemble). Cette organisation, composée d’Israéliens et de Palestiniens, intervient régulièrement dans les villages de Palestine des territoires occupés. Cette action était la finalité d’un projet, coordonné également par Hydraulique Sans Frontière, une ONG française, de pose de tuyaux pour amener l’eau potable dans un village. Nous avons bien évidemment reçu un accueil très chaleureux des villageois-e-s.

Le projet de cette mission étant de continuer ce qui avait débuté l’année précédente, le lendemain, nous décidons d’aller à Gaza. Au poste frontière d’Erez, nous nous heurtons au refus de l’armée de nous laisser entrer, et cela malgré une intervention du consulat français. Pendant notre attente (environ 4 heures) ; nous ne voyons que de rares voitures (une dizaine) passer et uniquement des véhicules diplomatiques ou d’ONG (MSF, Croix Rouge, ONU....). Ce refus était prévisible, mais il nous semblait important de signifier tant aux autorités israéliennes et françaises notre volonté d’entrer à Gaza. Egalement de faire savoir aux Palestiniens (ici, le PCHR, organisation palestinienne des droits de l’homme) qu’ils n’étaient pas seul-e-s, un article devait paraître dans la presse à Gaza.
Nous enchaînons sur un départ dans une ville arabe israélienne : Taibeh (Et Taiyiba, en arabe). Nous sommes accueillis par W. et S., militants du parti arabe légal en Israël (Balad dont 3 députés siègent actuellement à la Knesset) et d’une association de soutien aux prisonniers politiques palestiniens. Nous parlons longuement des conditions de vie des Arabes Israéliens, notamment des difficultés de faire déclarer la naissance des enfants ou encore de la situation précaire des Palestiniens sans papier en Israël. Les villes arabes en territoire israélien sont les plus pauvres et la majorité des habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Nous partons à pied à travers la campagne, « passons » la Ligne Verte (aucune marque au sol ne l’indique ) et arrivons dans un village qui se situe entre cette Ligne Verte et le Mur. Ce Mur est un grillage électrifié de 3 à 4 mètres de hauteur, avec 2 routes de part et d’autre de ce grillage (que seuls les militaires et les colons israéliens peuvent emprunter), et enfin 2 rangées de barbelés. Quelques micro-caméras sont dissimulées au milieu de tout cela. L’école de ce village est de l’autre côté du mur : il y a une porte où l’on passe à pied, mais ce sont les militaires qui en ont la clé et qui ouvrent et ferment selon leur humeur, ce qui bien évidemment désorganise toute la vie scolaire des enfants.

Maintenant, l’Etat d’Israël voudrait bien que ce village se vide de ses habitant-e-s. Alors il invente des demandes d’autorisations pour pouvoir aller dans son champ, pour pouvoir sortir du village et de sa maison. Les habitant-e-s ont collectivement refusé de demander ces autorisations car ils et elles savent qu’à tout moment l’armée peut les empêcher de rentrer chez eux. Le jour où nous sommes passé-e-s cela faisait 22 jours qu’ils et elles étaient confiné-e-s dans leur village !

Tulkarem est à 5kms de Taibeh, de l’autre côté du Mur : nous mettrons 3 heures pour y arriver. Un premier taxi nous dépose , une quinzaine de kms plus loin, dans un village où toutes les routes sont bloquées par des montagnes de terre ou des énormes cailloux. Ici, il n’y pas de contrôle militaire et nous pouvons aisément contourner à pied ces obstacles. Un autre taxi nous emmènera au centre de la ville. Nous sommes installé-e-s dans deux appartements vides où nous nous organisons pour manger après la rupture du jeûne car la Ramadan vient de commencer.

Nous commençons ensuite une visite nocturne de la ville : maisons partiellement détruites par les militaires, la Moquata, (où étaient réunis les bâtiments de l’Autorité Palestinienne et le tribunal...) n’est plus qu’un amas de pierre. Même si nous ne le verrons pas, l’armée avec ses chars entre toutes les nuits dans la ville. Puis ce sont les visites dans les maisons des martyrs, souvent des jeunes hommes tués par les soldats, ou assassinés par des agents spéciaux, habillés en civil. Pendant notre séjour de 48h, un jeune de 23 ans sera ainsi assassiné. La mère de l’un d’entre eux qualifiera le Mur de « Mur de l’Oubli », car « pendant que l’on cherche les moyens de passer ce mur sans se faire refouler, on oublie pourquoi ils l’ont fait, on a moins de force pour résister ».

Nous sommes ensuite reçu-e-s par les Autorités Locales : gouverneur (« quels arguments voulez-vous que je trouve pour dissuader un jeune d’aller faire le kamikaze dans un lieu public en Israël ? »), conseil général (par l’adjoint du président car celui ci est en prison), hôpital, ambulanciers de la Croix Rouge (qui expliquent la difficulté d’aller chercher les malades dans les villages à cause de l’attente au check point), représentant du ministère des prisonnier-e-s politiques qui a un programme de réinsertion pour ceux ou celles qui sortent de prison, orphelinat, collège technique et université qui ont été détruits entièrement par l’armée, il y a 3 ans, ......Bref, partout des remerciements à transmettre à l’ensemble du peuple français et à Jacques Chirac (!!!!) pour son soutien au peuple palestinien. Dans tous ces bureaux où l’on voit souvent un portrait d’Arafat, beaucoup de femmes travaillent.

Nous allons dans un village cisjordanien, où il y a une porte dans le Mur. Des paysan-e-s, leurs ânes chargés de sacs remplis d’olives attendant de l’autre côté du Mur, nous les voyons à travers le grillage. Une jeep de l’armée passe une première fois, puis une deuxième en nous regardant bien. Il semble qu’habituellement les militaires ouvrent la porte plus tôt. Nous ne savons que faire : en empêchons nous, par notre présence, l’ouverture ?

Ils se décident à l’ouvrir et nous regardons : chacun doit montrer son autorisation de passage et avoir été enregistré le matin. Ils passent tous à pied ou à dos d’âne : aucun véhicule à moteur ne peut traverser à cause des barbelés, des fossés et des montagnes de terre. Un paysan nous expliquera que son champ est à côté de sa maison, mais qu’il doit faire trois kms pour y aller maintenant. Un autre nous expliquera que les autorisations ont été données aux plus âgés de la famille et aux jeunes filles, que ses garçons n’ont pas le droit d’aller dans le champ. Tous nous diront qu’aujourd’hui, çà a été plus facile pour eux de passer du simple fait que nous soyons présent-e-s.

Nous rentrons ensuite à Jérusalem pour suivre, avec d’autres missions, une visite guidée organisée par l’AIC (Alternative Information Center). Ce tour du grand Jérusalem nous montre l’extension des colonies juives et la volonté de pénétration dans l’espace palestinien : l’automobiliste colon, lorsqu’il rentre chez lui, doit sentir un espace discontinu de présence israélien, d’où constructions de zones industrielles qui resteront vides, mais avec présence d’un gardien, ou encore des stations services qui ne servent à rien. Certaines routes ne sont autorisées qu’aux seuls Israéliens, un système de plaques minéralogiques de différentes couleurs correspondant au lieu de résidence, a été mis en place.

Je rencontre durant cette visite d’autres personnes venues de France pour établir une suite aux projets qu’ils ont commencé à mettre en place depuis l’an dernier : un échange avec l’école de Bayt Furik (achat d’un ordinateur pour communiquer avec les habitants et les enfants par Internet) et également achat de matériel pour l’hôpital : il ne reste qu’à trouver une solution pour acheminer le matériel et être sûr qu’il arrivera. R., elle, s’occupe d’une association, qui importe en France de l’huile d’olive du village et est conditionnée par une coopérative, et également des produits artisanaux (céramiques, ....).
Nous décidons de partir le lendemain pour Hébron (Al Khalil, en arabe). Le taxi nous dépose à Halhul, village proche d’Hébron, dont la route est barrée. Tous les villages des territoires sont bloqués aux véhicules qui ne peuvent circuler que dans une zone définie par les autorités d’occupation. Nous assistons au blocage par des bulldozers de l’armée d’un accès automobile « non autorisé ». M. et C. nous attendent depuis longtemps car nous avons dû patienter jusqu’à la fin de la prière à Jérusalem. Nous entrons à Hébron par la seule route autorisée, en dehors des plaques jaunes israéliennes, aux voitures d’ONG ou diplomatiques. Des militaires très jeunes, dont l’un parle français, nous contrôlent rapidement.

Hébron est divisée en deux car une colonie de 400 personnes est installée en plein centre ville. Celle ci est protégée par l’armée qui interdit, dans ce quartier, selon son bon vouloir, le passage dans certaines rues. Quand nous voudrons aller dans la vieille ville dont le marché a été détruit par l’armée, nous serons refoulés par quatre militaires en armes.
Un jeune garçon nous dira qu’il était sorti acheter un pain et que depuis plus de deux heures, il attend pour pouvoir rentrer chez lui ! En revenant sur nos pas, nous avons dû parlementer avec d’autres militaires qui avaient entre temps « coupé » une autre rue.
Certaines rues d’Hébron sont également bloquées par des montagnes de terre, ce qui, par exemple, nous oblige à faire d’immenses détours, à l’intérieur de la ville et emprunter de minuscules petites routes presque à sens unique où se croisent toutes sortes de camions. De même, pour aller dans un village, situé en temps normal à une dizaine de minutes en voiture, il faut au minimum une heure suivant la célérité de passage au seul check point d’entrée et de sortie de la ville. Malgré notre pauvre vocabulaire anglais, nous y passerons une excellente soirée à discuter, à bâtons rompus, de la situation quotidienne.

L’UWAC est une association agricole qui aide les paysans, soit à aménager des jardins potagers dans des villages ou également à réhabiliter certains champs en finançant la création de terrasses pour y planter des arbres (abricots, amandiers, vignes,...).
Nous irons dans un village aider des paysannes à ramasser les olives dans des champs surveillés par les colons et l’armée. Après un échange bref avec de jeunes militaires, ils nous interdiront, « par mesure de sécurité », de nous rendre dans ce champ. Nous cueillerons tout de même plusieurs kilos d’olives dans un autre champ qui n’avait eu aucun soin depuis 3 ans.

Nous visiterons l’Association France Hébron dont une des activités principales est d’enseigner la langue française à de jeunes étudiant-e-s.
Dans ses locaux existe également une autre association non violente qui a mis en place un bibliobus et va de village en village pour ammener des livres.
Nous partirons ensuite vers Bethlehem, distante d’une quarantaine de kms, en changeant 4 fois de taxis, le check-point d’entrée dans la ville étant fermé depuis quelques minutes. L’ancien étudiant parisien palestinien, rencontré dans le 2e taxi, à qui on venait de dire : « Ce doit être désagréable pour vous tous ces check points », répondra : « Non, ce n’est pas désagréable, c’est dégueulasse ! ».

Nous verrons pour la première fois des policiers et des hommes en arme aux
couleurs palestiniennes. L’Autorité Palestinienne a également édité des timbres palestiniens utilisables uniquement dans cette ville. Les discussions avec les étudiants de cette ville nous apprendront qu’eux aussi sont bloqués, qu’ils ne peuvent pas rentrer chez eux tous les soirs par peur de ne pouvoir venir suivre les cours le lendemain si les militaires israéliens les empêchaient. Cela fait plusieurs années qu’ils n’ont pas pu aller à Jérusalem, distante seulement de 10 kms. Nous apercevons à quelques kms le Mur.
Dans cette ville, nous trouverons, comme à Jérusalem, de la bière blonde palestinienne, la Taybeh.

Retour pour une jounée à Jérusalem. Je pars ensuite à Yanoun, village au sud de Naplouse.

3 heures plus tard, nous arrivons au village par le bus scolaire. Yanoun, constitué de 2 groupes de maisons, (le bas et le haut, distant d’environ 2 kms) se trouve dans une vallée. Des miradors installés par les colons surplombent celle-ci. Des pylônes pour leurs lignes électriques dénaturent le paysage. Une usine (vide ?) à volailles est en haut d’une des collines.

L’installation et le financement par l’ONU et la Belgique d’un générateur électrique fonctionnant au gasoil, pour le village a énervé les colons d’où un harcèlement quotidien sur les habitant-e-s. La conséquence a été le départ il y a un an environ de pratiquement la totalité des villageois.

Tayush, l’association israélienne, a donc décidé de venir s’installer dans une des maisons désertées, entraînant ainsi le retour d’une grande partie des habitants. Une présence continue depuis un an, « d’internationaux » est maintenue. Nous sommes maintenant avec des Américains, des Ecossais, des Suédois, des Français de CRC-SUD ; une Suisse, qui y avait passé quelque temps, venait de partir et le lendemain des Japonais arriveront pour le casse croûte de midi. Cette présence permet d’assurer « une certaine sécurité » des habitants, les colons étant un peu moins agressifs. Durant les 2 jours où je resterai, « ils » ne viendront pas avec leurs chevaux,ou leurs 4X4, leurs quads, leurs fusils pour prier en embrassant le sol et crier que cette terre est la leur.

A la tombée de la nuit, chaque soir, l’un d’entre nous, va mettre en marche le générateur électrique qui tournera pendant 6 heures. Ce générateur a déjà fait l’objet d’attaques répétées et été détruit au moins une fois. La nuit, nous nous répartissons entre Yanoun haut et Yanoun bas.

Nous discuterons, autour d’un verre de thé, avec des paysans, nés dans ce village.

Nous en aiderons un à aller sur la hauteur du village, pour désinfecter les réservoirs d’eau.
Le matin de mon départ de Yanoun, l’armée (4 militaires) et une vingtaine de militant-e-s de Tayhush de Jérusalem venaient d’arriver pour protéger les paysans contre les colons, afin d’aller récolter les olives dans des endroits très proches des colonies.

Je ne peux qu’encourager chacun et chacune à y aller.

Marius Bouvier

Quelques contacts :
· CCIPPP 21ter rue Voltaire 75011 Paris
· Secrétariat International de la CNT, groupe Palestine, 33 rue des Vignoles 75020 Paris
· Entre ici et là bas c/o CICP 21 ter rue Voltaire 75011 Paris (l’achat
de bouteilles d’huile d’olive )
· Le Philistin 12630 Gages (huile d’olive, artisanats palestiniens et livres)


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