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Publié le 30 janvier 2007 | Maj le 11 décembre 2020

Menace sur le caractère public et gratuit de l’enseignement supérieur en Grèce.


La discussion sur l’article 16 est enfin arrivée au Parlement grec ce mercredi 10 janvier. En vue de cette discussion, qui remet en cause l’essence même du système d’enseignement public et gratuit, les étudiants ont décidé d’occuper leurs facultés. Depuis lundi dernier suite à des Assemblés Générales tendues et souvent agressives (verbalement et physiquement) plus de 274 facultés ont suivi cette pratique. Le but d’une part étant le maintient de l’Article 16 et l’approfondissement du caractère public et gratuit de l’enseignement supérieur. D’autre part la participation à la journée d’action du Mercredi 10 et le soutient des voix contre la révision de l’article qui sont minoritaires au sein du Parlement.

« La révision de l’Article 16 est indispensable… »

L’Article 16 de la Constitution grecque est celui qui garanti un enseignement de qualité, gratuit et surtout public pour tous les citoyens grecs. Seul l’Etat et les établissements reconnus et dépendant économiquement de celui-ci ont le droit de fournir ce service. L’article interdit explicitement à toutes personnes privées de le faire à sa place.

Il est évident qu’un article de ce type pose un grand problème dans la procédure de privatisation de l’enseignement. Procédure, ne l’oublions pas, dirigée par l’U.E. lors des Sommet de Essen, Bologne et Lisbonne.

Dans le Parlement grec la discussion ne risque pas d’être tendue. Le PASOK et la Nea Dimokratia, qui ensemble comptent pour 90% des sièges, sont en accord sur la révision. C’est qui est ironique est qu’elle a été introduite par le président de l’opposition au Parlement, G. Papandreou le président du PASOK, il y a deux ans. Sa proposition était, et est toujours, d’ouvrir le marché de l’enseignement. « La révision de l’Article 16 est indispensable pour l’amélioration du système public d’enseignement. Grâce à la création d’établissements non étatiques et sans but lucratif les universités publiques seront contraintes à rationaliser et devenir plus efficaces dépassant ainsi les phénomènes de bureaucratie et stagnation. » disait-il en 2005. C’est grâce à cette « passe » de la part de « l’opposition » que le parti au gouvernement, Nea Dimokratia, peut sans entraves démonter le système d’enseignement national.

Les seules voix dans le Parlement contre la révision de la Constitution et la création des établissements privés sont le KKE et le Synaspimos. Cependant elles ne représentent qu’une petite minorité en son sein. Ce désaccord, surtout pour le KKE, se cristallise au tour du slogan « pour un enseignement unique, public et gratuit ». Unique, à savoir sans concurrence du privé mais aussi le même pour tous. Public, avec seul fournisseur et garant de la qualité l’Etat. Gratuit, à savoir sans coûts directs et ni indirects (logements, nourriture, couverture médicale etc).

« Marieta le cauchemar de Mai-Juin revient » [1]

Les voix du désaccord se trouvent, en effet, minorisés dans le Parlement, cependant dans la rue les choses se présentent de manière différente.

Dès lundi 8 janvier des Assemblées Générales ont eu lieu dans presque toutes les facultés au niveau national. La participation a été surprenante. Selon certains étudiants l’esprit de mai et juin [2], que beaucoup croyaient morts, est vivant et plus fort que jamais.

Ces processus massifs ont débouché dans la victoire des revendications des forces de gauche. Tantôt dans sous les revendications de la PKS (front syndical de la Jeunesse Communiste), tantôt EAAK (front syndical de la gauche indépendante) ou encore sous un front de plusieurs forces des occupations. Cela a commencé avec 30 facultés occupées la première semaine de l’année pour qu’aujourd’hui, une semaine plus tard, 274 facultés soient occupées.

Le Mercredi 10 janvier jour national d’action et début de la discussion sur la révision dans le Parlement, cette tendance a été confirmée. Aux manifestations organisées durant la journée plus des 15000 personnes ont participé à Athènes, 5000 à Thessalonique, 3000 à Volos et de 5000 à 7000 dans toutes les autres villes. A Athènes des concerts et un encerclement nocturne du Parlement a été organisés. A Thessalonique le PAME (front syndicale du KKE, Parti Communiste Grec) a organisé une manifestation nocturne pour les travailleurs qui a rassemblé quelques milliers des manifestants.

« La lutte contre la révision de l’article 16 est une lutte de toute la classe ouvrière »

Cependant dans la rue les étudiants ne se trouvent pas seuls. Les organisations syndicales des professeurs d’universités, les enseignants du secondaire/primaire, des employés aux universités, des services publics, des travailleurs dans la construction, certaines du secteurs privés soutiennent et participent aux mobilisations. Le PAME est incontestablement avec la lutte des étudiants et déclare que cette lutte est aussi celle des travailleurs. « Il faut que cette lutte devienne un enjeux central pour la société, il faut constituer un Front Large pour l’Enseignement » déclare une des voix dissidentes du PASOK dans le mouvement syndical.

Ceci n’est que le début. Le vote sur la révision de la Constitution aura lieu au mois de Mars. Entre temps cette semaine des nouvelles AG ont été appelées pour décider les actions futures, des Coordinations régionales et une nationale des toutes les facultés en lutte sont déjà en marche, encore plus de facultés seront avalés par la vague contestatrice et de nouvelles mobilisations auront lieu ce mercredi 17 janvier. Comme le slogan le dit « une lutte, une lutte de longue haleine est notre réponse à la Ministre de l’Enseignement ». Agonas, Agonas, Agonas diarkias ine i apantisi stin ipourgo pedias.

C’est le début. To be continued….

Auteur : Aris Oikonomou, Mail : sasgamw wpx hotmailcom
Publié sur http://lille.indymedia.org

Notes

[1Marieta Yanakou, Ministre de l’Enseignement.

[2Lutte contre la loi-cadre. Plus des 95% des facultés universitaires et Hautes Ecoles ont été occupés.


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