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Publié le 22 décembre 2004 | Maj le 26 avril 2020

La vie en ruines des clandestins de l’après-Sangatte - Soutien au collectif C’Sur


De retour de Calais, Stefan témoigne de la situation des clandestins et du collectif C’sur... Aidons-les !

Sangatte a fermé mais les réfugiés sont toujours là .

Ils nous ont raconté des choses comme : « La police est venue cette nuit dans la jungle. Nous avons couru. La jungle, c’est là où on dort, c’est des bois, on l’appelle comme ça. C’est entre le port et la zone industrielle. Je voudrai juste dormir un peu. Mon fils aussi est fatigué. Il n’a que 8 ans. Quand on peut aller aux douches, on en profite pour recharger sa game boy. Je suis enceinte de 3 mois. Je cours toutes les nuits alors je pense que mon bébé ne va pas bien. L’Angleterre n’existe pas. »

Leur seul secours, c’est le collectif C’sur. Pas vraiment appréciés par la municipalité, ils sont isolés. C’sur regoupe une vingtaine de personnes, des prêtres, des rouges gauche, des rmistes, des profs de voile... des calaisiens. Au delà du soutien logistique qu’ils amênent, l’existence du collectif fait que le problème des réfugiés a toujours pignon sur rue.

Si le collectif disparait, les migrants deviendront invisibles... et le gouvernement pourra régler le problème de la manière la plus brutale qu’il soit.

C’est pour cela que la Préfecture renforce la pression sur eux et que les mesures d’intimidation se multiplient :
- 2 membres du collectif se sont fait embarqués et « passés à tabac ». Ils ont déposé plaintes, certificat à l’appui, mais les 6 CRS mis en cause ont aussi déposé plaintes.
- La femme d’un des membres du collectif a eu droit à 10h de garde à vue et comparution immédiate (donc sans enquête) après avoir « craqué » face à des CRS qui malmenaient des migrants et se permettaient quelques noms d’oiseaux à l’encontre de son mari déjà repéré par leurs services.
- Enfin Moustache, Vincent et M. Lenoir ont été inculpé pour « outrages à agents ».

Au total, ils écopent d’amendes pour un total de plus de 10000€.
En sus les frais de parution du jugement dans le journal le Monde et la presse locale. M Lenoir a aussi pris 1 mois avec sursis.

En plus des besoins pour les migrants, le remboursement de cette amende rend la situation critique pour l’association.
Encore une fois le collectif est le dernier fil qui relie les migrants au monde de chez nous.

Les cheques doivent être libellés et envoyés à  :

l’association Salam : Maison pour tous, 80 bd Jacquart 60 200 Calais.

Sinon c’est l’hiver : les vêtements chauds et les chaussures sont les bienvenues.

Les toutes dernières infos :

Le VVF de Calais sert de logement aux CRS venus en renfort.
Lors des patrouilles, ils balancent de la lacrymo sur les couvertures pour qu’elles ne puissent plus servir la nuit suivante.

Un enfant est né. Il est arrivé un peu en avance mais il va bien.
Un médecin a pris la mêre en charge pour qu’elle ne puisse pas être reconduite.

Merci de faire circuler autour de vous.
Merci de votre attention.

Ils nous ont dit aussi :
- « Je ne peux plus téléphoner. Ils ont pris mon portable et ont cassé la puce. »
- « Mon ami est mort en sautant du camion. Une voiture lui a passé dessus. Nous avons sauté quand nous avons compris que le camion n’allait pas en Angleterre. J’ai eu de la chance je n’ai rien. Le troisième qui était avec nous est à l’hôpital. Il a un traumatisme crânien. »
- « Des journalistes m’ont interviewé. Mais la police a vu la photo dans le journal. Alors ils m’ont attrapé et ils m’ont battu. Je dois me méfier et éviter de parler aux étrangers. »
- « La police m’a donné des coups de matraques. Les français ont voulu porter plainte mais ils ont fermé les grilles du commissariat et le commissaire a refusé de les laisser entrer. »
- « La police est venue à l’aube. il y avait des militaires aussi. Et il y avait aussi les services municipaux. Il y avait des bulldozers. ils ont rasé tous les abris que l’on s’était fabriqué avec des baches, des cartons, des planches. Et puis des types en combinaisons blanches sont venus, ont fait des tas, ont tout brûlé. Dans le journal, ils parlaient d’une opération propreté contre les squatt des réfugiés, des pétitions des voisins sur des histoires d’hygiène. »
- « J’ai vu tant de villes tu sais, depuis que je suis parti d’Iran : Sofia, Athènes, Ankara, Rome, Milan, Paris. Paris est la plus belle de toutes. Et maintenant je suis là et mes parents sont de l’autre coté. Ils ont fui parce qu’ils sont catholiques. Je n’ai jamais été aussi proches d’eux. Je peux presque les toucher du bras. Je voudrais voir ma mère. 2mn pas plus. Après je veux bien mourir, aller en prison, n’importe quoi. Elle me manque tu sais. »

Stefan.


Proposé par Vincent
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