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Publié le 2 août 2005 | Maj le 13 mai 2020

L’Intérieur veut de petites « raves », plus de teknival géant


©AFP Général - Vendredi 22 Juillet 2005 - 15:41
Voici un article de l’AFP concernant une circulaire du ministère de l’Intérieur du 7 juillet 2005, qui envisage la fin des sarkovals. La contrepartie serait une certaine « souplesse » vis à vis des free parties, l’obligation de déclaration de la soirée ne serait effective qu’au-delà de 500 participantEs au lieu de 250, et à condition que les organisateurs expriment « le souci de s’inscrire dans un cadre légal » (!)

Le ministère de l’Intérieur veut privilégier les petites « raves » de préférence aux teknivals qui réunissent des dizaines de milliers de +teufeurs+, événements qu’il souhaiterait voir disparaître des campagnes françaises.

Dans des instructions envoyées aux préfets le 7 juillet et dont l’AFP a obtenu une copie, le ministère a dit son souhait de « faire évoluer les grands rassemblements d’ampleur nationale vers des rassemblements plus modestes de dimension régionale ».

Aussi est-il recommandé « d’éviter que des refus quasi-systématiques de +rave-parties+ ou de +free-parties+ ayant des effectifs de participants peu nombreux, rejettent ces rassemblements dans la clandestinité et favorisent une augmentation excessive du nombre de participants lors des grands rassemblements que sont les teknivals ».

Si un décret de 2002 fixe à 250 le seuil à partir duquel un rassemblement doit être déclaré, la circulaire recommande la souplesse jusqu’à 500 participants, ainsi qu’un « dialogue constructif » avec les organisateurs dès lors qu’ils expriment « le souci de s’inscrire dans un cadre légal ».

Les préfectures devront avoir recensé avant le 1er novembre les terrains susceptibles d’accueillir des raves allant jusqu’à 10.000 personnes.

Mais les teknivals auxquels se pressent 40, 50 ou 60.000 personnes ne sont plus considérés d’un bon oeil. « On a tiré les leçons de trois ans d’une expérience entamée avec la rave du col de Larche » dans les Hautes-Alpes, en août 2002, indique-t-on au ministère de l’Intérieur.

Tenu dans une zone à l’équilibre écologique fragile et difficile d’accès, avec des conditions d’hygiène et de sécurité déplorables, ce teknival estival avait incité l’Etat à tenter de réguler ces rassemblements sauvages.

« Le parti a été pris pour dire que puisqu’il était difficile d’empêcher ces rassemblements, autant engager le dialogue et mettre en place un dispositif réduisant les risques », explique-t-on. Le premier teknival « négocié » se tient en août 2003 dans le Larzac. Les forces de l’ordre et les services sanitaires, positionnés à proximité, veillent au bon déroulement de l’événement.

Ce dialogue a eu des aspects positifs : « Il n’y a jamais eu de tromperie sur les dates et les lieux », souligne-t-on. Depuis 2002, il n’y a plus de longues cohortes de véhicules, suivies tant bien que mal sur les petites routes par les gendarmes, convergeant vers un lieu connu de quelques-uns.

Mais l’Intérieur « espérait voir émerger des organisateurs qui se reconnaîtraient en tant que tels », poursuit-on en regrettant l’absence de « réel effort de structuration » du mouvement techno.

Autre sujet d’inquiétude, la consommation de drogues. Consigne a été donnée de « frapper fort sur les groupes de dealers très organisés qui viennent d’Ile-de-France » et font le tour des raves.

Au Teknoz de Carnoët (Côtes-d’Armor) lors duquel une jeune femme avait été poignardée, les gendarmes ont saisi 12.500 cachets d’ecstasy, 1,1kg de cocaïne, 574g d’héroïne, 1.050 buvards de LSD, des amphétamines, du crack, du cannabis... Plus de vingt peines de prison fermes ont été prononcées.

La consommation de stupéfiants sur ces rassemblements renforce la volonté des autorités de dissuader les teknivals : « L’Etat ne peut être passif face à ces comportements mais il est toujours délicat d’aller interpeller au milieu d’une foule dense », explique-t-on.

Le prochain teknival est prévu fin août, « dans le sud de la France », explique le ministère de l’Intérieur qui aimerait qu’il soit le moins massif possible : « En les sortant de la clandestinité et en les aidant à faire des petites raves, on va les dissuader de se regrouper ».

P.-S.

PARIS, 22 juil 2005 (AFP)

(PAPIER D’ANGLE) Par Nicolas GAUDICHET


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