Actualité et mémoire des luttes à Saint-Étienne et ailleurs
ACTUALITÉS MOBILISATIONS - LUTTES
SAINT-ÉTIENNE   LOI TRAVAIL (2016)
Publié le 20 avril 2016 | Maj le 10 août 2020 | 1 complément

Contre la Loi Travail, où en est-on à Saint-Étienne ?


Les avancées de notre(s) mobilisation(s) depuis le début du « mouvement » : récit et point de vue subjectif d’une partie prenante.

Les actions déjà menées

Chronologiquement le mouvement, ici comme ailleurs, a débuté le 9 mars avec l’appel « On vaut mieux que ça », qui a eu une résonance locale. Pour faire rapide, si on s’en tient aux dates « fortes » que sont les manifs unitaires, rassemblant syndicats pro, organisations et partis, jeunes, lycéens, étudiants, appels divers, et surtout individuEs mobiliséEs (mais invisibiliséEs), on a marché à Sainté les 9, 17 et 31 mars, puis les 9 et 14 avril.

Beaucoup de travail d’info militante est fait par les animateurs du site stéphanois Réseaux Citoyens, merci à eux. Je me suis permis ici de faire quelques liens vers leurs articles passés sur cette mobilisation. Et en voilà encore un autre : une analyse du projet de loi El Khomri.

Les moments de ces mobilisations les plus combatifs et véners (les plus beaux ?), sont à mettre au crédit de jeunes, qui lors de la manif’ du 31 ont coordonné un petit chantier collectif en BTP. Un récit à retrouver ici. Puis le 9 avril, on a pu faire un petit tour de la Place de l’Hôtel de Ville à l’arrivée de la manif’ pour crier à ces salauds de banquiers, que nous, notre ennemi c’était vraiment la finance. Par la même occasion, de jolies phrases avait été imprimées sur des affiches qui ont servi à recouvrir leurs gris murs. On a vu aussi sporadiquement fleurir dans la ville, à des endroits choisis (local PS...) quelques tags de gens énervéEs.

Depuis le 9 avril au soir, des Nuits Debout se tiennent périodiquement, avec des lieux de rendez-vous parfois variables, le plus simple pour tout comprendre, comment y aller, c’est de suivre cette page, ou alors de checker l’agenda du Numéro Zéro.

Dans les rendez-vous notables à venir : la prochaine grosse manif du 28 avril prochain, on se retrouve à 11h devant la CCI (chambre de commerce et d’industrie), Cours Fauriel.

No(s) limit(es)

- C’est quand même vraiment dommage qu’il n’y ait eu que des RDV de manif’ calés sur les dates « syndicales », et que pas grand chose se passe entre-temps comme action concrète... Pourtant il y aurait plein de possibilités : par exemple...
Et il n’y a pas eu pour l’instant d’appel à grève reconductible après ces journées. Mais du coup les syndicalistes pourraient dépasser les mots d’ordre de leurs directions, ça pousserait l’ensemble à plus se mobiliser ! Car on n’a rien sans rien, non ?

- La Nuit Debout rassemble gentiment des tas de personnes d’horizons différents qui ont de la bonne volonté, mais elle ne prend pas conscience de son potentiel. On veut faire la politique par nous-mêmes, alors allons-y ! Croit-on vraiment qu’ils nous laisseraient nous réunir comme ça tranquillement sur les places si nous étions une véritable force alternative ? Non évidemment, alors allons-y, devenons un potentiel de subversion du quotidien ! Si on veut la démocratie directe (sujet qui revient souvent là -bas), il va falloir agir dans un sens qui aille contre ce pouvoir-là .

Un nouveau souffle ?

Que pourrait-on faire les jours et semaines qui viennent ?

- Au niveau des lycées qui sont encore en vacances pour quelques jours, mais reprennent bientôt... Il y a eu de nombreux blocages ailleurs, pourquoi pas l’envisager Sainté ? Au moins les jours de « grosse » mobilisation comme ça l’a été le 31/03, ce qui permet à toutEs les potes lycéennEs de venir sans le complexe du « il y a cours sans moi ».


- à l’Université, la proposition d’un blocage a échoué il y a quelques jours, mais les étudiantEs qui le souhaiteraient mais ne pourraient-ils pas envisager l’occupation d’un amphi ? Ils étaient tout de même nombreux à souhaiter le blocage total, donc peut-être assez pour une occupation partielle. Cela créerait un point de rencontre et de convivialité dont on imagine le potentiel en ces moments de lutte.


- Pour celles/ceux qui bossent, on sait la grève reconduite comme étant difficile, notamment sur l’aspect financier, mais il y a possibilité d’actions ciblées, ne nécessitant même pas toute la journée pour celle/celui qui aurait quand même d’autres obligations ! On peut renvoyer là à l’appel à « tout bloquer » lancé par des syndicalistes auto-organisés. Définir nos cibles et passer à l’action est le bon moyen de lutter contre ce qui nous gouverne vraiment, cette science néfaste : l’Économie. Même si on annonce publiquement ce qu’on souhaite bloquer où et quand, pas grave ! Si les flics sont au rendez-vous, leur présence paralysera à elle seule le lieu en question ! Il y a partout autour de nous des autoroutes, des péages, des artères, des lieux de livraison, de commerce...
En 2010 contre la réforme Fillon des retraites, un centre de tri postal à St Just St Rambert avait par exemple été bloqué toute une matinée.

- Pour préparer tout cela, on peut se retrouver en comités d’actions. La Bourse du Travail est faite pour donner à ceux qui luttent un lieu pour s’organiser.

- Tout le temps, partout, faire connaître notre mobilisation, inlassablement en parler, faire venir de nouvelles personnes. Faisons des tracts, si on ne se sent pas de rédiger, plein de supers textes existent, avec pas que du jargon gauchiste inabordable au non-initié... Et les photocopies ça coûte rien, allons-y tous de notre petite impression. Le public passant par Pôle Emploi, ou à la Caf est des plus concerné par tout ça.


- Les manifs (et tout autre moment) devraient continuer et amplifier ces moments combatifs et actifs (en référence au mur du 31/03, aux banques redécorées...). Et nous concernant, à Sainté, que l’État, sa préf’ et ses poulets sachent que s’ils répriment nos envies d’agir, on répondra solidaires et plus forts. Ils sont le bras armé et obéissant des riches qui dictent leurs lois. Donnons-nous à nous-mêmes nos lois ! Qui tient un oeuf vise un keuf.

Mais au fond...

Il se déroule dans ces moments la construction de nos liens, de nos affinités, et se réalisent des échanges mutuels et solidaires entre les différents âges et types de personnes mobiliséEs. On se rapproche et on se comprend mieux. Les observations et critiques formulées là , ou dans d’autres prises de positions, peuvent être sources de réflexion collective sur comment on agit (agira) mieux ensemble. Soyons notre éducation populaire !

Tout cela construit déjà le monde de demain, celui dont on souhaite petit à petit qu’il pousse hors de la scène ce vieux monde pourri. Car au fond, si on se bat contre cette loi, on sait bien ce qu’on veut, non ? On se cherche les uns les autres pour le construire. Et progressivement, foutre à terre les carcans pourris du capitalisme.

Parce que merde, non décidément on lâchera pas.


Proposé par Thepeg
Partager cet article
modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Se connecter
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

1 complément

  • Actions "on bloque tout"
    Publié le 20 avril 2016 | Maj le 19 avril

    Infos sur des rdv à venir demain mercredi et jeudi

    - demain mercredi 20 avril : journée "On bloque tout !"
    Rdv à 10h30 à République.
    Ne ratez pas ce tour de chauffe.
    Prévenez collègues et amis de ce rendez-vous.

    - jeudi 21 avril à 11h30 gare d’Austerlitz, à l’appel des étudiant-es, cheminot-es et hospitalier-es

    Journée d’action à l’appel des coordinations étudiantes, de la coordination des intermittent.e.s et précaires et d’autres : bloquons des entreprises qui exploitent en CDI à temps partiel - à un salaire proche du SMIC HORAIRE- ces 25% de lycéen.ne.s de plus de 16 ans qui travaillent déjà , ces « étudiants » dont les trois quart sont enrôlés dans l’emploi précaire dès à présent, ces mères isolées à qui ni les minima « sociaux » ni la « prime d’activité » ne garantissent de subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs enfants, ces précaires plus âgés, dépourvus de droit à une pension de retraite substantielle.

    Sous contrat pour 15, 18 ou 20 heures hebdo, ces femmes, ces jeunes, ces « chômeurs en activité à temps réduit » travaillent souvent, pour le même tarif horaire, jusqu’à 35 voire 48h par semaine. Y compris le dimanche et la nuit. L’obligation pour ces salariés d’accepter des HEURES COMPLÉMENTAIRES (payés au même tarif) a assez duré.

    NON À LA LOI TRAVAIL !

    Interrompre le travail, c’est maintenant

    Prenons le temps de la lutte, du blocage économique.

    DROIT AU CHOMAGE !

    On nous dit que la flexibilité n’a pas de prix, à nous de la faire payer !

Comment publier sur lenumerozero.info?

Le Numéro Zéro n’est pas un collectif de rédaction, c’est un outil qui permet la publication d’articles que vous proposez.
La proposition d’article se fait à travers l’interface privée du site. Voila quelques infos rapides pour comprendre la publication. Si vous rencontrez le moindre problème, n’hésitez pas à nous le faire savoir via notre mail lenumerozero [at] riseup.net

 

Lire aussi dans MOBILISATIONS - LUTTES

Lire aussi dans LOI TRAVAIL (2016)

Lire aussi dans SAINT-ÉTIENNE

PROCHAINS RENDEZ-VOUS

À la une...

La colère sociale explose à Naples et dans toute l’Italie contre l’hypothèse d’un nouveau confinement
Publié le 29/10/2020

Les Bourses du travail, une expression de l’autonomie ouvrière
Publié le 29/10/2020

Un policier de la BAC de Paris mis en examen pour meurtre
Publié le 28/10/2020

Prison de Latina (Italie) : « Solidarité entre prisonnier.e.s anarchistes ». Un texte de Francesca
Publié le 27/10/2020

Jean Louis Gagnaire ou la raclure la plus zélée du macronisme local
Publié le 26/10/2020

Retour sur la mobilisation Antifasciste à Grenoble du 21 octobre
Publié le 23/10/2020